Eurabia vu par le journal "Libération" le mal nommé! Préface Gérard Brazon

Publié le 29 Mars 2012

Les premières lignes de cet article sont conformes à ma pensée! Les délocalisations sont la plaie de l'Europe et de la France en particulier. La perte d'emplois vient de ces délocalisations.

La solution de Bernard Guetta bobo de gauche du journal Libération n'est pas de les interdire, de les rendre impossible ou coûteuses mais de les réorienter vers les pays arabes. Il parle même de la Méditerranée comme d'un lac intérieur! C'est tout dire de la pensée profonde de la gauche et on comprend mieux le penchant très net de François Hollande vis à vis du monde arabe! Pour ce journal, pour Monsieur Guetta, point de salut sans l'Europe continent. L'Europe est et reste donc la chance de la France même si cette Europe a tué l'industrialisation des Nations européennes en ouvrant grande des frontières qui ne sont pas encore fixées.

Toutefois, dans cet article, il n'est fait aucune mention des cultures et des religions. Un monde chrétien? Un monde musulman? Les deux, bras dessus et dessous, pour une industrialisation du monde arabe?

Pas un mot sur les différences fondamentales et les regards sur le but de la vie in fine. Peut-on imaginer des usines automobiles, des usines de robots ménagers, d'avionneurs, et autres sous la coupe des Imams et de lois religieuses rétrogrades? L'égalité homme/femme, la parité, etc. Des lois religieuses qui refuseront toutes autres lois civiles, sociales du travail et autres qui régissent nos usines? Pourquoi pas si les patrons musulmans y ont intérêt ! Mais je n'y crois pas! Et puis, ne serait-ce pas une forme de recolonisation cher camarade socialiste?

De ces deux mondes d'aujourd'hui, un seul pense qu'ils sont compatibles! Celui des chrétiens déculturés et oublieux... mais c'est la mort au bout de la chaîne de production. 

Mais lisez et donnez-nous votre avis sur cette Eurabia voulu par les élites de la gauche en conformité semble-t-il, avec les technocrates européens et les organisations patronales.

Gérard Brazon

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C’est pourtant clair, simple, évident. Loin d’être, pour l’Europe, le problème que l’on croit, loin de constituer cette imparable menace migratoire, identitaire et sécuritaire dont tant d’esprits courts agitent le spectre, le monde arabe est pour elle une solution à beaucoup de ses difficultés.

Cela semblera paradoxal mais quel est aujourd’hui le plus grand des maux dont souffre l’Europe ? Source de chômage, de stagnation de la croissance et de montée des nouvelles extrêmes droites et des tensions politiques, c’est la désindustrialisation, drame provoqué il y a maintenant trois décennies par la délocalisation des usines vers l’Asie et, principalement, la Chine. Attirées par de très bas salaires, l’absence de charges sociales et l’assurance qu’elles ne seront que rarement confrontées à des mouvements revendicatifs, les entreprises mettent le cap à l’est, y investissent, y créent des emplois et y transfèrent savoir-faire et technologie dans un cercle toujours plus vicieux.

Non seulement le travail fuit l’Europe, mais les délocalisations multiplient les délocalisations car l’arrivée sur les marchés européens de produits à bas coût concurrence et tue les entreprises qui n’ont pas fait ce choix du bénéfice facile et se retrouvent contraintes d’y céder sous peine de disparaître. Pour l’Europe, la Chine est un poison d’autant plus redoutable qu’elle est assez forte pour imposer un échange doublement inégal aux pays de l’Union grâce à la sous-évaluation de sa monnaie et aux obstacles qu’elle met à la participation des entreprises européennes à l’attribution de ses marchés publics.

C’est à fonds perdus que l’Europe enrichit la Chine et renforce sa puissance car, à ce rythme, les Chinois seront bientôt en mesure de se passer de la technologie et, donc, des importations européennes tandis que l’industrie aura continûment régressé en Europe. Comme les Etats-Unis, l’Europe se met dans la main de la Chine alors même que sous ses fenêtres, à deux mille et non pas huit mille kilomètres, de l’autre côté de la Méditerranée, le monde arabe pourrait offrir à ses entreprises les mêmes avantages que l’Asie.

Oui, dira-t-on, mais quelle différence ?

La question est évidemment fondée puisque l’emploi européen ne se porterait pas mieux si l’Europe allait produire au Sud plutôt qu’à l’Est. A court terme, dans l’instant, les effets pervers n’en seraient pas moindres mais il en irait tout autrement à moyen terme car les Européens ne peuvent pas rêver de se projeter dans un passé révolu. L’économie s’est mondialisée. Les puissances européennes d’il y a deux siècles ne dominent plus le monde et ne retrouveront pas leur suprématie perdue. C’est en termes d’adaptation à une situation nouvelle qu’elles doivent raisonner en pesant les dangers et l’intérêt des choix possibles et, dès lors, l’équation n’est plus guère compliquée.

Sauf à se barricader et vivre en autarcie, sauf à éclater puisque tous ses pays ne feraient pas ce choix, sauf à ce que chacun de ses membres ne puisse plus compter que sur lui-même dans un monde fait d’ensembles continentaux, l’Union européenne n’échappera pas de sitôt aux délocalisations, quelque effort qu’elle fasse pour en limiter l’ampleur. Elles se poursuivront mais en les réorientant au Sud dans le cadre d’une concertation volontariste entre les entreprises et la puissance publique, l’Europe pourrait proposer un donnant-donnant aux pays arabes. En échange des créations d’emplois dont ils ont un besoin vital et d’une aide à la modernisation de leurs infrastructures, ils s’engageraient à donner un accès privilégié aux entreprises européennes et à garantir à l’Union un approvisionnement en matières premières à prix négociés sur la longue durée.

Il s’agirait là d’un contrat de codéveloppement durable entre les deux rives de ce lac intérieur qu’est la Méditerranée et les effets de cet arrimage du monde arabe à l’Union européenne seraient profitables à tous.

L’Europe ferait là un pari raisonné car la stabilité de l’Asie n’est pas moins fragile que celles de beaucoup de pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Elle s’enrichirait en enrichissant ces pays puisqu’elle s’y assurerait des marchés susceptibles de faire régresser son chômage en développant ses exportations. Aussi néfaste à l’une qu’à l’autre des deux rives méditerranéennes, la pression migratoire en serait affaiblie.

La stabilisation économique du monde arabe porterait ainsi sa stabilisation politique qui lui est aussi nécessaire qu’à l’Europe. Ce codéveloppement, surtout, permettrait de restaurer la complémentarité de deux ensembles limitrophes qui ont infiniment plus de communauté historique, culturelle et linguistique que l’Europe et la si lointaine Asie.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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