Euro, "monnaie unique": qui connait l'Union Latine (1865-1926)?

Publié le 23 Décembre 2012

On ne cesse de nous parler de l'euro comme d'une monnaie dont il serait impossible,voire imbécile, et totalement illusoire de se passer.

Mais qui se souvient de l'Union Latine. Lors d'une réunion politique, j'ai entendu pour la premiere fois parler de cette Union Latine! Il faudrait donc être dans les milieux de la finance ou être un numismate pour savoir qu'une Union monétaire avait déjà été tenté au siècle dernier (1865-1926) et que la France n'est pas morte de la fin de cette Union Latine.

En conséquence, on peut très bien imaginer une sortie de l'euro sans craindre la fin du monde d'autant plus que celle prévue comme les autres, n'a pas eu lieu le 21 décembre au soir.

Beaucoup d'économistes pensent que l'euro est un boulet pour des pays comme le nôtre et qu'en fait l'euro est devenu l'ancienne monnaie allemande. Nous allons tous en mourir car nous n'avons pas, loin de là, l'économie et la rigueur allemande et encore moins une balance commerciale florissante comme celle de l'Allemagne.

On peut donc sortir de l'euro sans pour autant abandonner l'euro comme monnaie internationale. Après tout, la SME n'était pas si mal et surtout bien moins contraignant pour nos économies.

Il faudra de toutes les façons retrouver notre Banque de France et sa souveraineté et c'est bien là que cela pêche pour les banquiers. Obliger des pays a emprunter aux banques plutôt qu'aux banques nationales est juteux, très juteux. C'est Alain Madelin qui disait que si nous étions sortis de l'Euro, nous serions sortis de la crise. L'un des intervenants lors de ce débat politique disait qu'il valait mieux organiser l'atterrissage même un peu brutal que d'aller au crash.

Mais voici ce qu'était cette Union Latine. (On notera que cette volonté d'Union monétaire n'était pas liée à la peur des guerres ni au fameux "plus jamais ça" dont nous abreuvent les tenants de la monnaie unique et de l'Union Européenne! L'Europe "c'est la paix" nous disent-ils en permanence, alors que l'Union latine a débuté sous Napoléon III et n'a pas empêché la guerre de 1870 et encore moins celle de 1914/18.

Gérard Brazon

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 L’Union latine a été constituée par une Convention monétaire du 23 décembre 1865, unissant quatre pays signataires européens (France, Belgique, Suisse, Italie), rejoint par la Grèce dès 1868. L’objet de ce traité était d’instituer une organisation monétaire commune fondée sur le régime de bimétallisme or-argent. L’Union fut, de facto, dissoute le 1er janvier 1927.

Présidée par Félix Esquirou de Parieu, fervent partisan d’une union monétaire « prélude aux fédérations pacifiques du futur », la Convention de Paris, dite de l'« Union Latine », fut signée le 23 décembre 18654. Elle posait comme principes :

  • l'uniformisation monétaire :

Chaque État signataire était tenu de battre monnaie en se conformant aux normes définies par les articles 2 à 4 de la Convention de 1865

 

  • le plafonnement de l’émission des monnaies divisionnaires de 2, 1, ½ et 1/5e d’unité de compte à raison de 6 francs par habitant (article 9). À noter que les plafonds d’émission de la monnaie fiduciaire n’étaient pas concernés et restaient une pure prérogative des États. De même pour les monnaies de billon.
Italie, 20 lires
  • le maintien des unités de compte nationales :
  • le bimétallisme intégral : la frappe de l’or et de l’argent était libre et leur pouvoir libératoire était illimité. Tout particulier pouvait apporter or et argent à la frappe et était tenu d’accepter en paiement, sans limitation, les monnaies d’or et d’argent nationales (sauf pour les monnaies divisionnaires d’argent à 835 ‰ dont la frappe était réservée aux États et le pouvoir libératoire limité).
  • l’intercirculation des monnaies à l’intérieur de l'Union : les monnaies de chaque État ont cours légal dans l'Union (avec un plafonnement pour les monnaies divisionnaires d’argent).

Par ailleurs, le Traité était renouvelable par tacite reconduction tous les 15 ans, à partir du 1er janvier 1880, sauf dénonciation par un pays signataire (article 14). Il était également ouvert à d’autres signataires (article 12), sous réserve d’unanimité des États membres de l'Union (selon les conventions de 1878 et 1885).

 

 

Le succès de l’Union latine, mesuré par le nombre de pays ayant adopté le système (32 au total), a posé les bases d’un système monétaire international. Il faut noter deux absents de taille : le Royaume-Uni et l'Empire allemand. Toutefois, l'échec du congrès monétaire international de 1867 (cf. infra) cantonnait l'Union dans un statut de zone monétaire.

Pays de l'Union latine
Pays signataires France (1865), Belgique (1865), Italie (1865), Suisse (1865), Grèce (1868)
Pays associés (par accords bilatéraux) Autriche-Hongrie, Suède, Russie, Finlande, Roumanie, Espagne, Vatican, St-Marin, Liechtenstein, Monaco, Crète
Pays alignés (unilatéralement) Serbie, Bulgarie, Venezuela, Pérou, Rép. Dominicaine, Haïti, Indes occ. Danoises, Argentine, Brésil, Chili, Luxembourg
Pays sous statut colonial Tunisie, Comores, Congo, Porto Rico, Érythrée

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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christophe 23/12/2012 15:08


Bien vu Gérard. Excélent d'avoir remémoré ce "fait monétaire".


Par contre, nos dirigeants savent tous que nous pouvons quitter l'euro sans risque. C'est pour cela qu'ils ne le font pas. Puisque l'euro est destiné à la destruction de l'europe pour l'islamiser
après sa ruine. Devant le peu de personnes qui en sont conscientes et qui ont envie de bouger, c'est inévitable. Espérons que cela va s'allérer encore plus grâce à la gauche car il me tarde d'en
découdre avec une bonne guère civile ! LOL

Pouf 23/12/2012 12:20


Dans un monde où les échanges commerciaux sont énormes, où la majeure partie du commerce européen se fait entre européen, la monnaie unique a quand même un attrait ! Sans compter qu'ayant un
support important, elle atténue la puissance, la référence du dollar...À l'heure du développement du tourisme, c'est fort pratique également et question frais, je ne sais pas ce que cela gagne
aux banques mais je me souviens bien des frais de change exorbitants et des pénibles risques de change...


...Et si on regardait plutôt le véritable problème ? Pourquoi donc les Allemands réussissent mieux ? La rigueur ...et alors les Français en seraient incapables ? Ne serait-ce pas aussi que la
France a beaucoup de "tire-au-flanc", de grévistes professionnels, de syndicats politiques, de "tend-la-main" de toute sorte ? Haro sur le riche, est-ce pareil en Allemagne ? Quelqu'un qui
réussit en France n'est-il pas vilipendé et traité comme un voleur ? Les Français ne seraient-ils pas hyper-jaloux, par hasard ? J'ai connu des expatriés allemands et américains, ils n'avaient
pas fui leur pays et servaient en priorité les intérêts de leurs origines...Qu'en est-il des Français, rejetés, vous croyez qu'ils vont penser "français" pour leur activité ? Les Français n'ont
pas encore compris que c'est celui qui a le client qui décide et non celui qui fabrique...c'est comme cela, la vie !


Je me souviens aux Philippines vers les années 77/78 d'un ingénieur français qui se débattait avec son usine plus qu'avec ses clients ! Eh oui, à 17h50 ( pour une fermeture à 18h ) en France, il
ne pouvait plus obtenir le bureau d'étude ou le commercial...le téléphone ne répondait plus...tout le monde devait se laver les mains ou s'habiller ! Tout cela a un coût !


Reprenons le franc...pour dévaluer, mais là aussi cela a un coût ! Non, il n'y a qu'une solution : retrousser les manches et encourager le plus possible les actifs, les entrepreneurs qui en
veulent. Pour l'€, il existe sûrement une solution pour s'organiser entre toutes les parties prenantes, il doit bien rester encore quelques cerveaux disponibles...À moins que les Français
veuillent finir dans la misère ... Qu'ils se réjouissent : c'est bien parti !