Europe : Industries en berne, perte de compétitivité générale, chômage

Publié le 2 Novembre 2012

L’industrie européenne se délite à grande vitesse

 Des milliers de suppressions d’emplois ont été annoncées. En France, 60 000 postes de travail ont disparu dans l’automobile

Peut-être avec une intensité jamais vue, l’industrie européenne traverse une très noire période, dans un contexte économique déjà déprimé. Les fermetures d’usines, entraînant des suppressions d’emplois par dizaines de milliers, se sont multipliées ces derniers jours sur le Vieux Continent. Avec une concentration particulière dans le nord du continent, France et Belgique en tête. Et il existe une pléthore de cas.

Pour n’en citer que quelques-uns: le groupe de chimie américain Dow Chemical vient d’annoncer la suppression de 2400 emplois dans le monde. Soit 5% de ses effectifs et la fermeture d’environ 20 sites dans le monde, dont plusieurs en Europe. Le fabricant américain de mouchoirs en papier Kimberly-Clark va biffer jusqu’à 1500 postes en Europe. Le groupe va fermer ou vendre cinq usines sur le Vieux Continent. Plus de 10 000 emplois directs et indirects sont en jeu avec la fermeture annoncée du site Ford de Genk.

 

PLUS DE CHOMAGE : 

Phénomène nouveau, cette purge industrielle se déplace désormais encore plus au nord. Ford va ainsi se séparer de deux fabriques de production en Grande-Bretagne. Au total, 6200 emplois directs, soit 13% de ses effectifs en Europe, seront annihilés. Le fabricant norvégien d’équipements pour l’énergie solaire Renewable Energy Corporation (REC) a pour sa part récemment fermé toutes ses usines en Norvège, pays aux coûts élevés, pour concentrer sa production aux Etats-Unis et à Singapour. Le papetier finlandais Stora Enso a annoncé quant à lui qu’il envisageait de vendre son usine de Corbehem, qui emploie 350 personnes. En parallèle, un nombre significatif de sites cherche des repreneurs. Avec très peu d’espoirs, au vu de la conjoncture.

Le délitement du tissu industriel, notamment français, ne date pourtant pas d’hier. «L’industrie manufacturière française a commencé à détruire des emplois dès le premier choc pétrolier de 1973», rappellent Patrick Artus et Marie-Paule Virard dans l’ouvrage La France sans ses usines. Mais la crise de 2008-2009 a violemment accéléré le mouvement.

«Le nombre de fermeture d’usines en France en 2012 a déjà dépassé le niveau de l’an dernier», constate David Cousquer, gérant et créateur de l’observatoire de l’investissement Trendeo. Sur le premier semestre 2012, il a comptabilisé 72 000 créations d’emplois dans l’Hexagone, soit 22% de moins que pour le premier semestre 2011. Les annonces de suppressions, à 53 600 emplois, étaient en baisse de 20% seulement. Mais le solde net, qui reste positif au premier semestre 2012, comme en 2011, baisse de presque 30%, pour atteindre 18 000 emplois.

Pourquoi de pareilles mesures? Certaines raisons sont connues: manque de productivité, transfert des activités vers des pays à bas coûts, flexibilité accrue, problèmes de surcapacités ou encore perspectives économiques atones. Si le phénomène semble s’intensifier, c’est peut-être aussi parce que «les entreprises sont plus vulnérables qu’elles ne l’étaient en 2008, car elles n’ont pas restauré leur situation financière d’avant-crise», met en garde la société d’assurance crédit Coface.

De fait, depuis trois ans, quelque 880 annonces portant sur la fermeture d’un site industriel ont été enregistrées par Trendeo en France, dont environ 400 en 2009, l’annus horribilis, et encore près de 200 en 2011. «Depuis le 1er janvier 2009, nous recensons 1132 fermetures de sites industriels employant plus de 10 salariés. Dans le même temps, 786 sites ont été créés, soit un solde net négatif de 346 sites», explique David Cousquer. Rien que l’industrie automobile a supprimé près de 60 000 emplois nets depuis 2009 en France.

Même l’industrie pharmaceutique ne peut éviter les coupes sombres. Elle a effacé près de 10 000 emplois depuis 2009. Dans ce secteur également très concentré, ce sont cinq groupes qui ont réalisé près de 70% des suppressions, soit Sanofi, Merck, Pfizer, Glaxo et Abbott.

Le Blog à Lupus / Par Bastien Buss/Le temps oct12

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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jp 02/11/2012 16:53


comment voulez vous être consommateur,quand se gouvernement vous presse comme un citron,nul de chez nul,cassez vous pôvre cons et connes.