Europe : Vers le meilleur des mondes

Publié le 23 Mai 2012

Par Leonidas

      Reconnaître que l’on s’est trompé est sans doute l’un des exercices les plus pénibles pour un être humain. Nous en avons eu une excellente illustration en novembre 1989. Après la chute du mur de Berlin nombreux furent les communistes français qui se réfugièrent dans le déni. Le "paradis" socialiste qui venait de s’effondrer ne pouvait pas être l’horreur tragique racontée par les témoins à la liberté de parole soudainement retrouvée

Si le communisme avait été un échec cela ne pouvait s’expliquer seulement par le fait qu’on n’avait pas correctement appliqué le communisme. CQFD. Cette réaction était pathétique mais terriblement humaine. Comment admettre que le combat d’une vie n’était qu’un immense gâchis au service d’une idéologie totalitaire et absurde ?

Vingt-deux ans plus tard nous nous retrouvons face au même déni, au même aveuglement. Devant l’échec de l’euro ses partisans ne font que parodier les anciens militants communistes : "Si l’Euro est un échec c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe fédérale". Nous fonçons dans le mur ? Rassurez-vous, nous avons la solution. Accélérons ! Plutôt que de reconnaître leurs erreurs les partisans de l’euro en viennent jusqu’à renier les valeurs démocratiques de l’Europe afin de sauver l’idéologie fédéraliste. Quitte à construire des usines à gaz que plus personne ne contrôle. Quitte à mettre des pays et des peuples "sous tutelles". Ils vont même jusqu’à quémander l’aide financière de la Chine, une dictature communiste hybride. Peu leur importe au final le sacrifice de nos valeurs morales, de nos libertés et de nos souverainetés nationales qui résultera de ce marché de dupes. Car il faut sauver l’euro, fruit d’une idéologie fédéraliste et mondialiste. Tout plutôt que de devoir se retourner devant les opinions publiques européennes et de prononcer ces quatre mots : "Nous nous sommes trompés".

Cette volonté d’imposer un bonheur technocratique et financier uniforme frappe actuellement la Hongrie. Le nouveau gouvernement hongrois a modifié la Constitution du pays car il dispose de la majorité des deux tiers au parlement. Conséquence directe du choix démocratique des électeurs. Selon ses détracteurs, le nouveau texte limiterait les pouvoirs de la Cour constitutionnel, menacerait le pluralisme des médias, supprimerait l’indépendance de la justice. Voilà pour les arguments subjectifs. Pour les arguments objectifs ce texte transforme la "République de Hongrie" en... "Hongrie". Scandaleux. Seul le mariage entre homme et femme est accepté. Comme en France. Scandaleux. L’embryon est reconnu comme être humain dès les premiers jours. Plus discutable. Le Florint, la monnaie nationale, est inscrit dans la Constitution, compliquant tout passage à l’euro. Les chanceux... Et ultime affront aux gardiens fanatiques du dogme de l’idéologie ultralibérale, la banque centrale hongroise perdrait son indépendance. Celle-ci serait placée dans un rapport hiérarchique avec le gouvernement. SCANDALE !!! Du coup Bruxelles menace de ne pas accorder le crédit dont a besoin la Hongrie pour se refinancer (en raison de taux élevés la Hongrie ne peut plus se refinancer sur les marchés). Chantage, qui a dit chantage ?

 

Et pour bien signifier que désormais le choix des électeurs importe moins que les décisions des technocrates bruxellois, la Commission européenne a décidé d’examiner dans le détail l’ensemble des nouveaux textes constitutionnels pour voir s’ils sont conformes au droit européen. Ces bureaucrates vont bien nous trouver quelque chose... Et pour enfoncer le clou et démontrer à ces Hongrois récalcitrants qui détient le véritable pouvoir, Budapest pourrait se voir sanctionner pour... déficits excessifs. Il est vrai que tous les autres pays européens baignent dans des excédents budgétaires n’est-il pas ?!!! Mais il n’est pas anodin que la résistance à ce nouveau "meilleur des mondes" trouve son origine chez nos amis magyars. Les Hongrois furent déjà les premiers à résister au paradis communiste en 1956. Si la répression fut féroce la résistance ne s’éteignit jamais. On sait comment cela s’est terminé. Il est donc logique qu’ils soient les premiers à s’opposer au paradis technocratique européen qui entraîne tous les peuples du continent vers les abîmes.

 

Autre exemple de la dictature technocratique qui s’impose progressivement sur notre continent, la valse des gouvernements italiens et grecs à l’automne dernier. Quoiqu’on puisse penser de l’Italien Silvio Berlusconi et du Grec Georges Papandréou, ils étaient arrivés au pouvoir suite à une campagne et des élections démocratiques. Les peuples italiens et grecs avaient voté en toute connaissance de cause pour des hommes, des partis et des programmes. Or les marchés ont eu successivement la peau de ces deux dirigeants. Il est facile de voir dans cette double chute une sanction légitime envers des politiciens catastrophiques. On est donc tenté de s’écrier : "Bravo les marchés". Cependant, j’estime que ce qui s’est passé marque un tournant très dangereux pour les démocraties européennes. C’est une véritable révolution post-démocratique qui s’est déroulée sous nos yeux. Silvio Berlusconi et Georges Papandréou furent remplacés par Mario Monti, ancien commissaire européen, "International Advisor" de la banque américaine Goldman Sachs en 2005 et par Lucas Papademos, ex-vice président de la Banque Centrale Européenne et ancien conseiller économique à la Federal Reserve Bank de Boston (USA). Tous les deux sont des technocrates. Tous deux sont des amis de l’oligarchie financière qui domine le monde. Ni l’un, ni l’autre n’ont été élus directement par les peuples italiens et grecs pour occuper le poste de Premier ministre. Ils n’ont pas reçu l’adoubement populaire et démocratique pour pouvoir appliquer leur programme. Ils n’avaient donc aucune légitimité démocratique. Mais l’un et l’autre plaisaient aux marchés. Ce qui en ces temps de crise de la dette est bien l’essentiel. On est cependant en droit de s’interroger si cette révolution oligarchique ne va pas finir par engendrer dans toute l’Europe une véritable contre révolution patriotique.

 

Car rien ne les arrête ! Lorsque le peuple vote mal et bien la solution est à la fois simple et radicale. Soit on le menace de le faire revoter jusqu’à ce que les partis estampillés compatibles avec les normes européistes obtiennent la majorité. Soit on tente de corrompre des politiciens afin qu’ils trahissent leurs électeurs dans le but de créer des alliances artificielles permettant de maintenir la ligne officielle. C’est ce qui vient d’arriver aux Grecs. Et encore ont-ils échappé au pire. Le très démocrate socialiste Michel Rocard qui vient de faire le paon devant les bourreaux du peuple iranien a proposé d’imposer une dictature militaire aux Grecs afin de sauver l’euro. Et ce n’est même pas une blague. Ils ne reculeront devant rien. Le berceau de la civilisation démocratique européenne est en train de devenir le laboratoire de notre asservissement commun. Pour la nomenklatura européenne il est inadmissible qu’un peuple puisse se rebeller et voter en faveur des partis qui refusent l’avilissement et la dictature financière.

 

Car les Grecs n’ont pas la chance des Islandais. Ils appartiennent à la prison dorée qu’est devenue l’Union européenne. Dans l’île des vikings, les Islandais ont refusé de payer la dette contractée auprès des banksters britanniques. Ils se sont payés le luxe de faire démissionner le gouvernement, de poursuivre et de faire condamner un ancien Premier ministre. Ils ont rejeté par référendum citoyen le sauvetage des banques, laissant sombrer plusieurs d’entre elles. Résultat ? En 2011 l’Islande a renoué avec une croissance de 3,1 % alors que les pays du sud de l’Europe se meurent sous les plans d’austérité. Avez-vous remarqué que l’exemple islandais ne fait l’objet d’aucune couverture médiatique ? Rien à ce sujet. Chuuut, il ne faudrait pas que cet exemple fasse tâche d’huile. Silence unanime pour le moins étrange et qui vient conforter l’idée qu’il n’existe aucune pluralité et aucune liberté au sein des rédactions occidentales.

 

Le problème des Européens c’est qu’ils adorent manier les grands principes mais dès que l’on gratte un peu on s’aperçoit très vite que tout cela sonne creux. Il en va de la liberté de la presse comme de "la solidarité européenne". On ne cesse d’entendre cette formule dans nos médias, dans la bouche des politiques, des experts ou des intellectuels. Solidarité par ci, solidarité par là et bla-bla-bla... Mais cela relève davantage du gargarisme. Car dès qu’il convient de passer aux travaux pratiques... pschitttt !

 

Prenons encore une fois l’exemple grec. Cet état consacre 4,6 % de son PIB à la défense, ce qui place ce pays en tête de l’Union européenne pour ce poste budgétaire. Cette dépense en période de faillite nationale est intenable, disproportionnée. En comparaison la France consacre à la défense 2,5 % de son PIB. C’est la raison pour laquelle on a pu entendre les voix de plusieurs économistes, intellectuels et politiques pour exiger de la Grèce qu’elle réduise ses dépenses militaires afin de contribuer à la lutte contre la banqueroute du pays. Mais la Grèce n’a rien voulu entendre. Et personne ne s’est posé cette simple question : pourquoi ? Si la Grèce dépense autant pour sa défense c’est qu’elle doit faire face à un puissant voisin belliqueux, la Turquie islamiste. Celle-ci ne cesse de multiplier les provocations que cela soit en mer Egée, à Chypre ou dans les airs. La Turquie, deuxième puissance militaire de l’OTAN. Alors il y avait bien une solution pour qu’Athènes accepte de réduire drastiquement son budget militaire et consacre ces sommes à la lutte contre le déficit. Laquelle ? Que les 26 autres pays européens s’engagent publiquement à soutenir militairement la Grèce en cas d’agression turque. Malheureusement cela n’est venu à l’esprit de personne. Logique car cela porte un nom, la solidarité européenne. Et dans notre meilleur des mondes les mots frontières, nations, identités, racines etc… sont devenus des gros mots qui peuvent vous amener devant les tribunaux. La boucle est bouclée.

 

Léonidas    

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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Claude Germain V 23/05/2012 20:31


Personne ne s' est trompé ,non personne ,il ne faut surtout pas culpabiliser ,ce n'etait simplement qu'une partie du GRAND-PLAN mis en route .......


Personne ne pouvait bloquer le processus ,meme les vopos ,le KGB et tout le reste ont du obeir et se soumettre .


Donc ??? dormez en paix brave gens ,vous n'avez rien a vous reprocher ce qui devait se faire s'est fait .......tout simplement .