Face au péril iranien, Israël dope le budget de la Défense

Publié le 12 Janvier 2012

  • Par Marc Henry 
    En augmentant cette année de 780 millions de dollars les crédits aux militaires, Benyamin Nétanyahou, soumis à des pressions de la part de l'armée, a pris le contre-pied de ses engagements.
    En augmentant cette année de 780 millions de dollars les crédits aux militaires, Benyamin Nétanyahou, soumis à des pressions de la part de l'armée, a pris le contre-pied de ses engagements. Crédits photo : POOL/REUTERS

    Par crainte de «l'hiver islamiste», le premier ministre israélien renonce à amputer les crédits militaires.

    En raison de la montée en force des islamistes au Moyen-Orient et des menaces nucléaires iraniennes, les militaires israéliens n'auront pas à se serrer la ceinture. Benyamin Nétanyahou préfère jouer la carte de la sécurité à tout prix face à ces «nouveaux défis». Le premier ministre a renoncé à procéder à des coupes claires dans le mégabudget de la Défense pour tenir sa promesse de réformes en réponse à la vague de contestation sociale sans précédent de l'été dernier. Soumis à des pressions constantes de l'armée, il a même pris le contre-pied de ses engagements en augmentant pour cette année de 780 millions de dollars les crédits militaires, qui représentent déjà à eux seuls près de 7 % de la richesse nationale contre moins de 2 % dans la plupart des pays occidentaux.

    Pour justifier cette volte-face, Benyamin Nétanyahou a évoqué un «printemps arabe» qui a viré à «l'hiver islamiste». «Au vu de ce qui se passe du Maroc à l'est du Moyen-Orient toute réduction de nos dépenses de défense constituerait une grossière erreur», a-t-il expliqué en soulignant que l'armée israélienne constituait le «bouclier du pays». L'état-major ainsi qu'Ehoud Barak, le ministre de la Défense ont largement contribué à faire échouer toute velléité d'économie en présentant un très sombre tableau avec la percée électorale des islamistes en Égypte, en Tunisie, au Maroc et les inconnues multiples sur les conséquences de la déstabilisation du régime d'el-Assad en Syrie. Le général Benny Gantz, le chef d'état-major a même évoqué hier pour la première fois la possibilité qu'Israël soit obligé d'accueillir des réfugiés alaouites, la minorité dont fait partie Bachar el-Assad si ce dernier devait quitter le pouvoir. Pour compliquer le tout, l'Iran continue sa course au nucléaire. Selon un «jeu de guerre» simulé par d'anciens hauts responsables militaires et des diplomates dans le cadre de l'Institut d'études pour la sécurité nationale de Tel-Aviv, Téhéran pourrait se doter de sa première bombe atomique dès la fin de l'année.

    «Impératifs de sécurité»

    Ces périls tous azimuts ont renforcé les arguments des militaires, qui ont prévenu par voie de presse, que les «politiques» qui réduiraient le budget de la Défense ne manqueraient pas d'être tenus pour responsables d'éventuelles «défaillances » faute de crédits en cas de guerre. L'état-major n'a pas lésiné sur les moyens pour faire passer ce message en évoquant des scénarios catastrophes avec des milliers de roquettes et d'obus tirés du Liban, de la Syrie, de la bande de Gaza, de l'Iran vers les localités israéliennes.

    Selon lui, seule une rallonge de plus du double de ce qui lui a été finalement accordé pouvait lui permettre d'acquérir notamment de nouveaux systèmes d'interception. Les militaires ne s'avouent pas vaincus. Dans le passé, ils ont pratiquement toujours bénéficié d'enveloppes supplémentaires en invoquant de nouveaux «impératifs de sécurité».

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Claude germain V 13/01/2012 09:13


Par D.IEU !!!!! qu' ils ont raison .Voila des gens réalistes ....