Fadela Amara déplore les troubles au sein de Ni putes, Ni soumises

Publié le 10 Novembre 2011

Fadela Amara et des militantes de Ni putes, Ni soumises. ( (AFP/KENZO TRIBOUILLARD) 

Kocila Makdeche 

L'association féministe Ni putes, Ni soumises navigue en eaux troubles depuis quelques semaines. « Il est incontestable que le mouvement connaît des difficultés, il est très convoité » a déclaré ce lundi sur RTL, , ancienne présidente de l'association, évoquant les contestations internes qui ont poussé la présidente Sihem Habchi à annoncer sa démission le 31 octobre.

 
Election d'une nouvelle présidente

Selon un communiqué de l'association, cette dernière devrait quitter ses fonctions le 19 novembre, après l'élection d'une nouvelle présidente lors d'un congrès prévu les 9, 10 et 11 décembre.
Ce lundi sur RTL, Fadela Amara, a salué le « courage » de Sihem Habchi. Selon, la fondatrice de Ni putes, Ni soumises (NPNS), la présidente sortante devrait tout de même « rester dans la structure » pour « aider la nouvelle présidente ».

Mme Amara a contredit les accusations de « mauvaise gestion » qui pesaient sur la présidente, invoquant davantage le désaccord de l'association avec les choix de Mme Habchi. « Elle a pris des engagements. C'est son droit. Ca n'a pas été bien compris », déplore-t-elle

 
Un email incendiaire dénonçant les abus de pouvoir de Sihem Habchi

La polémique a débuté le 13 octobre dernier avec un mystérieux email adressé aux membres de l'association. L'email, anonyme, dénonçait les abus de pouvoir de la présidente Sihem Habchi et lui reprochait, notamment, des notes de frais, de téléphone et de taxi, d'un montant exorbitant.

Dans l'email, on l'accuse aussi de népotisme, pour avoir placé deux de ses sœurs au conseil d'administration de l'association et confié la refonte du site internet à son compagnon pour un contrat de 20 000 euros. Sihem Habchi, discrète, s'est défendu face à ces accusations sur le site du « Nouvel Obs » la semaine suivante. 

Grève du personnel de l'association

Suite à la réception de cet email, le personnel de l'association est entré en grève pour réclamer la démission de la présidente. « Le Nouvel Obs » a publié un email des grévistes adressé aux conseil d'administration, énonçant leurs arguments. Ces derniers lui reprochent, entre autres, un projet de financement de l'association par le Qatar. Cela a « soulevé des questions, notamment en termes éthiques, d’image et de cohérence avec le combat universaliste », écrivent les salariés de NPNS, le pays du Golfe n’étant pas réputé pour ses lois en faveur des femmes.

On la blâme aussi pour s'être exprimée au nom du mouvement alors qu'elle était porte-parole d' lors des primaires socialistes. Cette prise de position, « compromet gravement l'indépendance politique de NPNS », expliquent les grévistes. C'est ce même souci d'indépendance politique qui a poussé l'ancienne présidente de l'association, Fadela Amara, à démissionner de ses fonctions, suite à son entrée au gouvernement Fillon fin 2007. Elle a ensuite été nommée à lIinspection générale des affaires sociales (Igas) après son départ du gouvernement.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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