Faut-il avoir peur de l'islam ? Par Charles Consigny

Publié le 4 Février 2013

 

Charles Consigny explique qu'il y a un problème d'absorption de l'islam en France. Pour lui, il y a davantage une cohabitation qu'un vivre-ensemble.

Par Charles Consigny du Point.

C'est une enquête spectaculaire que publie Le Monde dans son édition du 26 janvier : réalisée par Ipsos, elle indique que 74 % des Français estiment que l'islam est une religion "intolérante", et que huit Français sur dix "jugent que l'islam cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres". Les médias s'en sont peu faits l'écho, tout mobilisés qu'ils étaient par l'ennuyeux débat qui entoure le mariage pour tous. (C'est amusant de lire cela sous la plume d'un journaliste)

Parler d'islam quand on n'est pas musulman, c'est tendu (comme disent les jeunes). Associer islam et peur, c'est brûlant. Les accusations sont vite portées et tout ça est régi par la loi pénale ; je la connais, je fais gaffe. Mais nier le réel, comme le font ceux qui prétendent qu'un enfant peut avoir deux mères, ou faire comme s'il n'existait pas, comme François Hollande qui estime qu'il n'est pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par régler, c'est irresponsable ; on sait depuis longtemps que le progressisme consiste en un mélange d'irresponsabilité et d'illettrisme (d'illettrisme, car le savoir enracine : il fait les conservateurs).

Crise de civilisation

Si la politique suivie par les gouvernants actuels consiste à ne pas aborder les sujets qui fâchent, cela n'aura eu jusqu'à maintenant aucun effet sur leur persistance, voire leur expansion. On parle moins, aujourd'hui, de l'immigration, de la place de la religion musulmane en France ou, plus généralement, des diverses crises qui secouent le pays (crise de civilisation, crise de l'école, crise de la culture, crise de la langue, crise identitaire), et cela n'a pas pour conséquence d'améliorer le sentiment populaire à leur égard ni, évidemment, de les régler. Patrick Buisson répondra peut-être que c'est une des raisons du forage sondagier entrepris par le président et son Premier ministre, ainsi qu'un des facteurs, sinon LE facteur de crise (encore une) de confiance du peuple dans l'action de ses représentants (un autre sondage récent indiquait qu'une très forte proportion de Français, plus de 70 %, considèrent que les responsables politiques agissent avant tout dans leur intérêt personnel).

Moi, perso, je m'en fous un peu de l'islam. Comme je m'en fous un peu du mariage pour tous : viendra le temps où je pourrai répondre, comme l'a fait mon confrère Vergès dans sa dernière participation à l'émission Ce soir ou jamais, que "ce que font nos autorités morales ou politiques, je m'en fous : tout ce qui m'intéresse, c'est ma vie privée, et mon métier d'avocat". Rétorquer ça à presque toutes les questions que lui posait Frédéric Taddéi, ça ne manquait pas de panache. Mais je suis un patriote inquiet, tout ce qui concerne les environs de Versailles me concerne et la religion musulmane est la deuxième de France. Elle ne l'est pas par l'histoire, elle ne l'est pas par la place qu'elle a pris dans la construction du pays, elle l'est par la population. Il est évident que les Français se réclamant de cette confession doivent être respectés au même titre que tous les autres, car ici tous les hommes "naissent et demeurent libres et égaux en droits". Cela ne doit pas empêcher de voir ce que nous voyons sans chausser les verres occultants de l'idéologie wierviorko-plénelienne.

Faces de craie

Quel constat peut-on poser sans langue de bois ? Qu'il y a un problème, aujourd'hui, d'absorption de l'islam par la France. Que la situation est celle d'une cohabitation plus que d'un vivre-ensemble. C'était à prévoir : on ne fait pas entrer 200 000 personnes par an sur un territoire donné sans heurts. Il en découle un bouleversement démographique dont le produit est imprévisible, et qui sera peut-être un changement de civilisation.

Car la question se pose davantage des enfants de l'immigration que de leurs parents: n'est-il pas troublant de voir des jeunes gens parler des "Français" sans s'y inclure alors qu'ils en sont ? Qui peut accepter que soient légion, dans des centaines de collèges et de lycées, les insultes francophobes ou racistes à l'encontre des Blancs ? Comment peut-on accepter que des enfants soient traités de "faces de craie" ? Ne peut-on pas regretter que ces faits ne soient pas condamnés avec plus de vigueur et de visibilité par les musulmans modérés ? (Où sont ces fameux musulmans modérés que telle l'Arlésienne, on ne voit et ne verra pas! Ndlr Gérard Brazon)

Lorsque des intégristes catholiques viennent prier d'une façon grotesque devant l'Assemblée nationale, Canal+ est là pour les moquer dans les plus brefs délais, et toute l'intelligentsia avec, notamment des catholiques. Or aujourd'hui, au pays de Voltaire, plus personne n'oserait monter la pièce Mahomet. N'y a-t-il pas de quoi être inquiet quand on sait, par exemple, que le cheikh Al-Qaradaoui, qui fut accueilli avec vénération par les manifestants de la place Tahrir pendant toute la révolution égyptienne, s'est rendu célèbre par des propos d'une grande violence contre les Juifs, contre leur "arrogance", estimant qu'Hitler leur avait "administré une bonne leçon" ? Pourquoi les médias font-ils comme s'il ne se passait rien ? Pourquoi n'entend-on pas Christiane Taubira user de son éloquence, remarquable (reconnaissons-le), pour dénoncer cela ? Le prétexte de l'utilisation du problème par l'extrême droite et de la peur de la stigmatisation n'est que l'expression d'un manque de courage.

La France manque d'un chef

La place de l'islam en France ne peut être traitée ni par le rejet inconséquent d'une partie de la droite, ni par la faiblesse coupable d'une partie de la gauche. C'est une des questions majeures qui sont posées en ce début de siècle à quiconque a encore un peu d'espoir pour le pays de Saint Louis, et qui croit que le pouvoir politique peut encore quelque chose. Car la mondialisation libérale s'en moque : que nous sombrions en tant que peuple, que nous n'ayons plus de destin commun, que ne continue pas ce qui a été entrepris depuis six ou sept siècles n'a aucune importance du moment que les échanges commerciaux continuent.

La jeunesse d'aujourd'hui, hélas, est comme ça et il sera intéressant de voir si les responsables politiques, funestement, s'y adaptent : elle ne veut plus de frontières, elle ne prendrait pas les armes pour les défendre, elle préfère quitter le navire plutôt que d'essayer de le faire échapper au naufrage. En un sens, elle est lâche et individualiste, c'est-à-dire en phase avec son époque. Il sera intéressant de voir si, dans dix ou vingt ans, les mots de Malraux ou d'Ernest Renan résonnent encore dans les discours électoraux. La candidate Joly a entamé le mouvement, en 2012, avec sa campagne totalement dénationalisée : les Verts sont parfois les alliés des grandes compagnies pétrolières.

La France manque d'un chef, d'un cap, d'une envie, d'un désir. Elle ne fait plus écouter Rameau, lire Ronsard ou entendre Racine à ses enfants, qui s'éloigneraient peut-être des vociférations rappeuses s'ils s'imbibaient de ce triptyque en R.

Elle ne leur fait plus voir Poussin, ils préfèrent le street-art et le Palais de Tokyo s'adapte. Elle ne leur promet rien, ne parle que de dialogue social, c'est-à-dire de chômage, et n'exige rien d'eux. À quels enfants la laissons-nous ? Elle ne se vit plus comme une nation fière, comme une vieille terre glorieuse, forte, auréolée de mille victoires, militaires et architecturales, musicales, littéraires.

Elle ne sait pas comment combattre dans la globalisation, son État colbertiste s'accordant mal avec les principes européens de concurrence libre et non faussée. Et, fille aînée de l'Église, elle a un peu de mal avec l'islam, qui a un peu de mal avec la laïcité telle qu'on la conçoit ici. Sauf que parler de laïcité pour l'appliquer à l'islam ne sert à rien : il faut retrouver, collectivement, un chef, un cap, une confiance, une envie, un désir.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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L'EN SAIGNANT 05/02/2013 13:01


Merci à MIKA mais HÉLÀS pour les résultats .. La France va à sa perte ... À moins d'un sursaut espéré mais, y a t-il encore un De GAULLE dans quelque coin de chez nous  .?

mika 05/02/2013 12:38



Pour Info à L’EN SAIGNANT...Bien Cdt



Résultats des élections législatives 2012
Paris - 5ème circonscription


http://www.lexpress.fr/resultats-elections/legislatives-2012-paris-5eme-circonscription_337990.html


 

L'EN SAIGNANT 05/02/2013 11:46


BRAVO - ÉMOUVANT .... Le "VIEUX SCHNOCK" que je suis en est tout ému d'entendre "CE JEUNE FRANÇAIS AUTHENTIQUE" S'exprimer Ça redonne du courage ... Il y a longtemps que j'avais, victime comme
tous de l'incurie des médias, entendu des propos d'une telle tenue. Je vous invite tous à voir et écouter cette Vidéo de Charles CONSIGNY pendant la campagne législative de Benjamin LANCAR qui,
je l'espère, a été élu .!

mika 04/02/2013 20:27


https://www.youtube.com/watch?v=_UA5WCOMTi0


video de Charles Consigny...qui a soutenu Benjamin Lancar...