Fête nationale: Cinq militaires français sont morts mercredi 13 juillet dans un attentat suicide en Afghanistan.

Publié le 15 Juillet 2011


Cinq militaires français sont morts mercredi 13 juillet dans un attentat suicide en Afghanistan. Quatre autres ont été blessés. Il s’agit là des pertes simultanées les plus importantes depuis l’embuscade de la vallée d’Uzbin en août 2008. Le lendemain 14 juillet, un sixième militaire périssait, portant à 18 le nombre de morts déplorés depuis le début de l'année 2011. D’ores et déjà, celle-ci se révèle la plus meurtrière pour les troupes françaises déployées dans les provinces de Kapisa et de Surobi. 

En visite « surprise » sur les contreforts de l’Hindou Kouch, Nicolas Sarkozy affirmait pourtant le 12 juillet « il faut savoir finir une guerre ». Cela est plus vrai que jamais, après la mort symbolique d’Oussama Ben Laden. Pourtant, nos soldats devront tenir jusqu’en 2014, le chef de l'Etat français ayant décidé de calquer le retrait de nos troupes sur celui des Etats-Unis. Las, on aurait pu espérer un désengagement plus rapide, après l'heureuse libération de nos deux otages. Et l'on se demande ce qui nous retient encore dans cette étrange contrée, alors que tout notre effort de guerre devrait désormais porter sur le Nord de l'Afrique, où se déroule un conflit plus proche, dont notre représentation nationale vient de voter la poursuite.
La tactique militaire fait une large place au concept clausewitzien de « centre de gravité ». Pour un combattant, le « centre de gravité ennemi » est ce qu’il faut endommager chez l’adversaire pour nuire à sa capacité mais aussi à sa volonté de combattre. Dans les guerres contemporaines, dites « asymétriques », il semble bien que le centre de gravité soit l’opinion publique, du côté des armées « régulières », comme du côté des « insurgés ». Le général McChrystal, ancien patron de l’ISAF[1], ne disait pas autre chose lorsqu’il affirmait vouloir « gagner les cœurs et les esprits » des civils afghans. Il s’agissait pour lui de dresser l’opinion afghane contre les taliban en lui insufflant de l’amitié pour les troupes otaniennes. Certains font mine d'y croire encore, à l'instar du général Jean Fleury, interviewé ici même par Isabelle Marchandier et Gil Mihaely. Pourtant, le bilan est pour le moins mitigé. Et l'on peut se demander si l'interminable présence occidentale en Afghanistan n'est pas au contraire une machine à fabriquer des taliban, tant il est vrai que les armées "d'occupation" - ou vécues comme telles - tendent à faire éclore les vocations "résistantes".
Quant aux talibans, il sont passés maîtres dans l'identification de leur "centre de gravité ennemi". Pour eux ce sont les opinions publiques occidentales, dont ils n’ont pas tardé à saisir un goût pour la guerre plus que modéré, et une acceptation de la mort au combat infiniment plus faible que la leur. Ils entendent donc  user ces opinions, d'autant plus qu'ils en ont le temps : eux n'ont pas de calendrier de retrait à respecter.
Nicolas Sarkozy avait « ordonné » une victoire en Libye avant le 14 juillet. Il voulait conforter son « centre de gravité ami », en offrant à l’opinion un symbole. Au lieu de cela, il a dû faire face à cinq morts au lendemain même de sa visite en Afghanistan, puis à un sixième le jour de la fête nationale. Et cela, les "coeurs et les esprits" des français en été imprégnés, cependant qu'ils admiraient le défilé sur la plus belle avenue du monde. 

Ainsi, immédiatement après les festivités, un conseil de défense fut réuni, afin de réfléchir aux "nouvelles conditions de sécurité des militaires français". S'il devait s'agir de claquemurer les troupes françaises dans leurs emprises, ce serait une belle victoire pour les taliban. En frappant au coeur le "centre de gravité ennemi", en démoralisant une opinion dont le soutien à cette guerre chancelle déjà depuis longtemps, en ébranlant par ricochet la détermination du chef de armées, ils auraient remporté là une authentique victoire militaire. Et ils chercheront inévitablement à en remporter d'autres.

Le président de la République a raison, "il faut savoir finir une guerre". Mais il faut savoir la finir a temps. Celle-ci va fêter ses dix ans. C'est déjà long : finissons-en.

Coralie Delaume

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Francis CLAUDE 15/07/2011 16:17



les demies guerres cela n'existe pas nous la coalition américano européenne faisons une demie guerre en afghanistant...et cela ne peux ce terminer que par la honte pour nos dirigeants et nos
pays. Laguerre si elle ce fait doit etre a outrance et mettre les moyens necessaires afin d'annéantir les ennemis en l'occurance les talibans qu'il faut exterminer jusqu'au dernier et nous en
avons si nous le voullions les moyens et vous verriez que cela calmerait alors tous les petits chefs de guerre de merde dans tous ces pays qui regarderaient a deux fois avant de nous agrésser
lachement bien entendu...


la guerre ce fait a outrance ou ne ce fait pas


ayons tous une pensée pour nos soldats morts en héros mais pour rien!


PS bizzarement je ne vois pas dans la liste des morts des noms a consonnabce arobo/musulmane, ou sont ils ces vaillants soldats puisque sur un article récent de ce blog j'ai lu que nous en avions
en nombre considérables...ha mais peut etre refusent ils de conbatre contre leur freres musulmans ce qui releve de la peine de mort en temps de guerre et nous sommes en temps de demi guerre
alors!...