Florange, symbole d'une gauche formolisée par Nicolas Mariani

Publié le 18 Décembre 2012

 

 

Enfin c’est terminer pourrait on dire, ce feuilleton aura tenu en haleine le pays pendant plusieurs mois atteignant son paroxysme avec le tonitruant Montebourg menaçant de bouter hors de nos terres Mittal, puis y renonçant sous l’injonction du sage Ayrault.

Pourtant loin d’apparaître comme le Don Quichotte de pacotille qu’il est, il se retrouve renforcé à gauche ( et ailleurs d’ailleurs)quand Ayrault poursuit son inexorable chute.

arnaud-montebourg.jpg

 

Cette affaire de nationalisation avortée est très révélatrice de l’état de la gauche, en effet si les commentateurs français s’extasient sur le supposé virage social-démocrate, réaliste chacun le nommera comme il le souhaite la réalité est toute autre, elle est beaucoup plus proche des unes de The Economist.

La gauche n’a jamais vraiment accepté le capitalisme elle a eu des poussées de réalisme oui un peu comme on avale un médicament nécessaire à notre guérison mais qui laisse un arrière gout dans la bouche.

L’anticapitalisme est génétique chez elle, elle a été fondée sur une logique de socialisation des moyens de production, aussi ses idées ont incontestablement pris racines de manière très profondes en France, dans les écoles, les universités etc.

D’ailleurs quand en 1959 le parti social démocrate allemand au congrès de Bad Godesberg rompait avec le marxisme au profit de la ligne « le marché autant que possible, l'intervention publique autant que nécessaire. », le PS lui attendait....2008 pour abandonner dans ses statuts toute référence au marxisme.

Tournant qui reste à confirmer à la vue du concours Lépine des propositions les plus désuètes que ce sont livrés les concurrents socialistes à la primaire (exception faite de Baylet et Valls), de la course à l’échalote de Hollande avec Mélenchon, du score des motions les plus à gauches lors du dernier congrès socialiste (environ 1/3 sachant que celle de Mr Désir était soutenue par le président de la République ). Cet état de fait traduit une évidence : l’électorat de gauche reste plus ou moins attaché aux chimères de son passé, sinon quel besoin y aurait il de tenir de tels discours.

La gauche n’a jamais évolué d’elle même elle l’a fait sous le poids de la contrainte, Herriot et le cartel des gauches, Blum et le Front Populaire se heurtèrent au mur de l’argent. Il se passa la même chose pour Mitterrand qui, après deux ans de politique socialiste vira de bord.

Aussi, le gouvernement actuel est confronté au même phénomène de manière encore plus forte même après 40 ans de déficits et de dette accumulés dure dure d’ètre socialiste !

Mais voilà il faut contenter un électorat alors Mr Ayrault a beau jeu de clamer sur les toits le sérieux de son gouvernement mais qu’en est il ? Quand il faut au moins ne pas augmenter des impôts ils les augmentent massivement, quand il faut supprimer des postes de fonctionnaires ils en créent, quand il faut laisser de la flexibilité aux entreprises ils leurs laissent de la rigidité, quand il faut baisser les dépenses rien. Bien sur on me rétorquera et le rapport gallois, et le crédit d’impôt ? Ce fameux crédit d’impôt risque de se transformer en une de ces usine à gaz dont l’État français a le secret, de plus il ne sera effectif qu’en 2014 et il est déjà question de le rônier au profit du contrat de génération.

Il n’y a pas de tournant au sein du PS, seulement ils sont au pieds du mur les caisses sont vides, la croissance est en berne par tout, ils ne peuvent dévaluer et faire un peu d’inflation, le roi est nu ce qui l’un dans l’autre est rassurant.

Nous avons perdus 8 mois, c’est toujours mieux que 2 ans. Cependant ce gouvernement pourra-t-il réformer même acculer sans braquer ceux qui l’ont élu, les réformateurs c’est ce qu’oublient souvent les commentateurs avaient mené un travail idéologique au préalable ils avaient gagnés les esprits avant les sièges, ou alors l’ont payé cher (Schröder a perdu les élections et sa base était moins à gauche que celle de Hollande).

Hollande s’est fait élire sur le rejet de Sarkozy en agitant les hochets moisis de la gauche française, assumera-t-il l’impopularité ? Assumera-t-il la rupture avec l’ultragauche ? De cela dépend le redressement de la France !

 

 Publié par Nicolas Mariani sur 17 Décembre 2012

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

Commenter cet article