François Hollande, la dernière cartouche française de Wall Street

Publié le 12 Janvier 2012

Riposte Laïque - Roger Heurtebise - Article du nº 233

Moi aussi j’ai écouté sa « lettre aux Français » publiée par Libération (ce qui économisa des frais de timbre au PS) :

http://www.liberation.fr/politiques/01012381015-ces-cinq-annees-auront-ete-la-presidence-de-la-parole

Pour ceux qui ne veulent pas faire une indigestion avec cet alignement de boniments sans fond, je résume en me mettant à la place de l’auteur :

- Je tape un max sur le bilan de Sarkozy. Ça m’évite de mettre en avant des contre-propositions que je n’aie pas et sur lesquels je me ferais bananer si je les avais.

- J’aligne des grandes intentions généralistes à base de mots-valises : « vérité », « volonté », « justice », « espérance ». Mais surtout sans mettre des bouts de programme précis derrière. Comme ça je suis inattaquable. Hé hé hé !

- J’évite soigneusement les sujets qui fâchent (laïcité, diversité, immigration, identité nationale, etc.) Je me suis trop fait remonter les bretelles avec les conneries de Terra Nova, alors silence radio là encore.

- Il faut voter pour moi parce que je suis la seule alternance viable au sarkozysme. D’ailleurs la preuve : regardons les autres candidats.

- FN = « extrême-droite » = caca-boudin. Donc circulez y’a rien à voir. J’applique finalement la stratégie Aubry : le FN, on le diabolise avec une ou deux phrases, mais on ne va pas critiquer concrètement ses propositions. Surtout qu’elles sont cohérentes et convaincantes, comme l’ont dit Malek Boutih, Azouz Begag et d’autres dans notre camp… Alors on ne va pas se faire piéger !

- A gauche, Mélenchon et les écolos sont bien sympas, mais comme ils n’arriveront jamais au second tour, autant voter pour moi au premier. Et même si vous votez pour eux au premier, vous voterez pour moi au second. Donc j’en ai rien à faire de ce qu’ils racontent et je ne vais pas m’abaisser à discuter avec eux sur leurs propositions concrètes. Mais enfin, soyez sympas, votez quand même pour moi au premier tour puisque ça ne sert à rien de voter pour eux, et puis on ne sait jamais.

- J’évite de parler de François Bayrou. Il m’embête, mais il faut bien que je le ménage et que je ménage ses électeurs pour le second tour. Surtout ne pas prendre de risques de ce côté-là.

- Je suis le nouveau Mitterrand. Si, si, je ne rigole pas, et la preuve, c’est qu’il n’y en a pas d’autres. Sinon je ne serais pas le candidat socialiste. C’est simple à comprendre, quand même ! Mais qu’est-ce que je suis bon quand je m’y mets !

Ce n’est pas très courageux ni ambitieux comme profession de foi, mais peut-on en espérer davantage de « Flamby » ? Évidemment, il y a un risque pour lui, et j’ai tendance à penser comme Malek Boutih, qui sur les ondes de RMC prévoit non seulement un second tour Nicolas Sarkozy – Marine Le Pen, mais n’écarte pas une victoire de celle-ci. Tout simplement parce que ces deux candidats sont des tueurs et des bêtes de scène, et que François Hollande ne leur arrive pas à la cheville. A la limite, peu importe les programmes, ce sont les personnalités qui vont compter. Un troisième tueur serait Jean-Luc Mélenchon, mais il risque seulement de faire mal à Hollande sans atteindre ni Nicolas Sarkozy ni Marine Le Pen.

J’ai également entendu sur les ondes de RMC Anne Mansouret, élue PS, qui pense de François Hollande la même chose que Malek Boutih. Certes, elle a un contentieux avec le candidat socialiste car celui-ci, selon elle, aurait joué les Ponce-Pilate dans l’affaire présumée de la tentative de viol de sa fille par Dominique Strauss-Kahn. Mais Anne Mansouret, qui a du coup apporté son parrainage à Jean-Luc Mélenchon malgré le diktat de Martine Aubry, a des arguments valables. Non seulement elle met en cause la personnalité mollassonne de François Hollande, mais elle critique également son staff de campagne : comment se fait-il que le candidat socialiste s’entoure principalement de ses anciens adversaires à la primaire et des soutiens à ces anciens adversaires, qui n’ont eu de cesse de taper sur lui en dénonçant sa mollesse, le flou de son programme, son ancrage très libéral, etc. ? Quand on connaît la propension du PS aux guerres intestines, c’est un risque. Et enfin, Anne Mansouret a osé affirmer : « On a le sentiment que Marine Le Pen est la seule qui propose des solutions »

http://www.youtube.com/watch?v=Zv4COgxVaRo

D’ailleurs l’équipe de campagne socialiste peine à soutenir la stratégie nébuleuse de François Hollande. Quand on entend Moscovici, Bartolone et autres Najat Belkacem face à des journalistes, ils pataugent lamentablement, sont sur la défensive, et contournent toutes les questions gênantes en revenant à une critique antisarkozyste primaire. Ils nous expliquent tour à tour que le programme de François Hollande, c’est le projet socialiste, que François Hollande égrènera son programme présidentiel « petit à petit » le moment venu, ou que François Hollande a déjà expliqué tout son programme mais qu’on ne l’a pas entendu. Il faudrait savoir ! Idem pour Julien Dray, qui lui en plus ne peut cacher sa déception de ne pas être en première ligne.

Le seul qui fait face correctement aux questions de plus en plus embarrassantes, c’est Arnaud Montebourg. Mais il ne fait que décliner son propre programme des primaires, sur le thème de la démondialisation, alors que ce n’est pas du tout la tasse de thé du candidat officiel ! Montebourg roule donc pour lui-même, et il a bien raison.

« Flamby » alias « Mou-Flou » n’est cependant pas un nul en politique. Il a l’intelligence rusée des faibles, et sait qu’il doit jouer l’anguille autant que possible, sinon il est mort face aux tueurs Sarkozy, Le Pen, Mélenchon. Il ne doit surtout pas se placer sur leurs terrains respectifs, il doit fuir autant que possible les débats. Mais il ne tiendra certainement pas la distance, car il faudra bien qu’il entre dans l’arène tôt ou tard.

Il aura aussi affaire à l’acharnement de ses alliés écolos. Les Khmers verts, même si leur parole est ridiculisée et peu audible, sont tout de même de beaux emmerdeurs. Cécile Duflot s’est sentie « frustrée » par la lettre de François Hollande aux Français, et elle lui reproche d’avoir de « belles formules » sans solutions concrètes. C’est vrai qu’Hollande s’assied sans scrupule sur l’accord Verts-PS, ce qui ne plaira guère à l’électorat écolo radical.


Un autre danger pour lui, ce sont les médias. Non pas que ceux-ci lui soient foncièrement hostiles, mais les chroniqueurs comme les Français aiment bien tirer sur les ambulances. Et si d’aventure les humoristes s’y mettent, François Hollande pourrait devenir la tête de Turc de cette campagne présidentielle. Laurent Gerra a ouvert le bal :

http://www.rtl.fr/actualites/insolite/article/les-conseils-de-francois-mitterrand-a-francois-hollande-7741743920

Et la caricature est aisée, puisque François Hollande est déjà sa propre caricature en soi. Son intervention lundi soir au Journal télévisé de France 2 suite à sa « lettre aux Français » était pathétique : voix forcée, distance feinte, gestes et tics qui n’ont rien à envier à Sarkozy.


http://www.youtube.com/watch?v=9ym_9x6MzN0

Mais comment les socialistes ont-ils envoyé un tel bouffon à la candidature présidentielle ? Vous voyez franchement notre grand pays dirigé par ce comique troupier ?

Pour cela, il faut revenir à la genèse de son ascension. Le candidat « socialiste », c’était DSK et la primaire ne devait être qu’une simple confirmation. Et DSK était même plus que le candidat du PS : c’était le candidat du FMI, de la caste mondialiste, des cartels financiers, des autocrates de l’UE, etc. Tout ce beau monde avait compris que Sarkozy était cuit et bon à jeter, et donc qu’il fallait miser sur l’alternance en mettant un faux socialiste et un vrai serviteur du Système.

Cette stratégie s’inscrivait dans deux scénarios : soit un duel DSK – Sarkozy, soit un duel DSK – Marine Le Pen. Peu importe, puisque dans les deux cas DSK sortait vainqueur. Mais depuis l’arrivée du nouveau candidat socialiste, le calcul d’un 21 avril à l’envers est écarté.

D’ailleurs on remarquera que les médias présentent en permanence la future présidentielle comme un affrontement UMP – PS. Il y a de leur part (et c’est organisé, sans doute dans les dîners du « Siècle ») la volonté de fausser le choix électoral et d’imposer le bipartisme latent que la primaire socialiste a d’ailleurs  institutionnalisé, bipartisme dont nous savons qu’il n’est que le pile/face de la même pièce d’euro. Et DSK était le candidat idéal pour faire illusion d’un changement.

Mais voilà, DSK a trébuché au Sofitel de New-York. On se souvient comment cela avait été présenté comme une catastrophe par l’élite « socialiste », qui d’ailleurs s’est bien gardée de montrer la moindre compassion pour la victime présumée. Les Moscovici, les Levaï, les Aubry, les Badinter n’ont eu de cesse de jouer les pleureuses de la mort politique de leur « cher Dominique ».

 

DSK hors jeu, il fallait trouver un remplaçant. Et tout naturellement, ce sont les sondages qui l’ont désigné : François Hollande était le mieux placé non seulement dans les intentions de vote pour la primaire socialiste, mais aussi parmi les Français. C’est donc un choix par défaut. Le moins que rien devenait un mieux que rien. Et puis de tous les candidats socialistes, François Hollande était le plus docile, celui qui a le moins râlé contre la mondialisation ou contre ses effets négatifs, celui qui a montré le plus d’empathie pour la perpétuation du Système, celui dont la prudence levantine risquait de faire le moins de vague, celui qui protégera le mieux le CAC 40 et les banksters contre Mélenchon, etc. Alors va pour Hollande !

Et pschitt ! Le soufflé est très vite retombé. Depuis la primaire socialiste, François Hollande ne cesse de descendre à la fois dans les intentions de vote et les cotes de popularité. Il va finir par passer en dessous de Sarkozy, et alors on verra si le Système mondialiste va réviser sa stratégie et miser sur le candidat de l’UMP comme en 2007. Le jeu est encore largement ouvert. Mais vu de Wall Street, Hollande ou Sarkozy, UMP ou PS, c’est du pareil au même. Il faut un pantin docile à l’Élysée pour ces imbéciles de Français.

La seule qui puisse réellement troubler les calculs de l’élite mondialiste, c’est Marine Le Pen. C’est pourquoi, après l’avoir fait mousser médiatiquement à l’époque de l’hypothèse DSK, on a entrepris de la démolir de nouveau par plusieurs reportages entièrement à charge, par un retour aux questions pernicieuses sur le « détail de l’Histoire » et autres exhumations de détritus de l’Histoire. Les porte-flingues Fourest, NKM, Parisot (et toute l’armada des commis télévisuels à la propagande Apathie-Askolovitch-Duhamel-etc.) se chargent de ces basses besognes en fouillant dans les poubelles, ce qui permet aux autres pions plus importants du Système de jouer hautainement l’ignorance et le mépris pour la candidate du Front national. On en revient aux bonnes vieilles méthodes de 2002 contre la « bête immonde ». Et évidemment on empêche Marine Le Pen d’avoir ses 500 signatures par des menaces désormais ouvertes et publiques sur les élus, de la part de Martine Aubry et Jean-François Copé qui n’ont aucune honte à cela.

Mais là encore, les anciennes recettes ne marchent plus. Les préposés à la diabolisation se ridiculisent, et les idées de Marine Le Pen progressent inexorablement dans l’opinion publique. Le seul truc qui peut réussir, c’est d’empêcher les 500 parrainages, mais c’est prendre un risque énorme : les électeurs anti-Système n’auront alors plus que la rue voire la violence pour se faire entendre si on leur interdit la voie démocratique.

« Flanby » et son équipe s’en rendent-ils compte ? Jouent-ils les autruches contre les rares cassandres Malek Boutih et Anne Mansouret ? Et qu’en pensent leurs donneurs d’ordre du Siècle et de Wall Street ?

Il y a encore beaucoup de questions en suspend, mais une chose est sûre, on n’a pas fini de rire avec « Mou-flou » ! Imaginez seulement deux minutes un débat télévisé entre lui et Marine Le Pen, il serait laminé en moins de deux par un rouleau compresseur sans pitié !

Non, décidément, la seule solution pour l’UMPS et ses commanditaires sera d’éliminer Marine Le Pen du jeu, et si le refus des 500 signatures apparaîtrait comme trop risqué, on peut craindre d’autres méthodes moins conventionnelles. Gageons que le Système européiste et mondialiste fera tout pour protéger « Flamby » et « Naboléon », même (et surtout !) s’il n’a pas mieux en magasin. Un mollusque politique et un agité du bocal, voilà quelles sont ses dernières cartouches avant la révolte inévitable du peuple de France.

Roger Heurtebise

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article