France : la terrible condition de soumission des femmes gitanes.

Publié le 3 Octobre 2012

Et la femme, elle a le droit d'aller aux toilettes?»

Blog "les 400 culs" - La Planète sexe vue et racontée par Agnès Giard

A l'entrée du quartier gitan de Perpignan, de part et d’autre de la grande place des Esplanades, les femmes sont assises d'un côté, les hommes de l'autre. Et lorsqu'ils parlent les uns des autres, tous décrivent des traditions où la femme est un être inférieur.

Miss -LN

«Je la bats pas ma femme, assure un gitan. Je lui dis, tu fais pas ça et pas ça. La première fois… on avait dit. La deuxième fois… on lui donne une gifle.» Dans un reportage d'Inès Léraud, diffusé dans l'émission Les pieds sur terre (France Culture), la «terrible condition des femmes gitanes» est décrite avec des mots crus, sans détours. Cette émission radio pose le problème crucial des ghettos que les autorités laissent proliférer en France au mépris des lois Républicaines, lois garantissant aux jeunes filles le libre choix de leur conjoint et la libre disposition de leurs corps… 

Véritable plongée en eaux troubles, l'émission accorde principalement la parole à des femmes afin qu'elles expliquent pourquoi. Pourquoi certaines se font cracher dessus par leurs propres enfants (mâles), par exemple ? Réponse : «parce que leur père le fait»… Edifiant. A la question «Qu'est-ce que vous n'avez pas le droit de faire?», les gitanes répondent en riant : «On n'a le droit de rien faire.» Sortir, fumer, se maquiller, aller à la piscine, donner son opinion, garder l'argent des allocations pour nourrir les enfants… «On n'a même pas le droit de faire caca», se moque une femme, qui raconte: «J'étais mariée de peu, et je pouvais pas faire caca devant mon mari. J'allais chez mes parents pour le faire et dès que j'avais 5 minutes j'allais chez ma mère pour faire mes besoins mais il ne supportait pas que je m'absente, alors il me sifflait. Dès qu'il sifflait, il fallait revenir. Je me retenais, j'avais mal au ventre. Une nuit, ça m'a fait une crise et l'ambulance m'a emmenée. A l'hôpital, on m'a dit que j'allais faire une occlusion. J'étais mal, mal. Alors j'ai dit à mon mari : "Ecoute tu dois comprendre que je dois avoir 5 minutes toute seule, pour que je puisse avoir un peu de temps pour moi, pour prendre une douche, et tout." Il a dit "D'accord 5 mn." Mais c'était vraiment 5 minutes. Pas plus. On souffre nous, les femmes gitanes.» Comme en réponse aux plaintes de leurs filles, de leurs sœurs et de leurs épouses, les mâles affirment: «La gitane, elle sait qu'elle doit se soumettre à l'homme et à ses conditions à lui.» C'est comme ça. Inès Léraud demande: «La femme, elle a le droit d'aller aux WC quand vous êtes à la maison ?». Réponse : «Oui, bon, mais en urgence… Les toilettes, certaines y vont pour se maquiller, alors, vraiment que voulez-vous ?». Sous-entendu : dès qu'on a le dos tourné…

Une gitane affirme que son mari l'a séquestrée. Une autre : «On doit accepter qu'on soit cocue. C'est ça ou le poing dans la figure.» Une autre : «Il m'interdit de faire caca et de fumer et de sortir, parce qu'il faut le respecter.» «Et si on veut se faire belle, le mari nous tape.» «On a la crainte. Un claquement de porte et c'est la panique.» Une adolescente : «Je suis fiancée, et déjà dégoûtée de la vie que mon futur mari me mène. Je ne veux pas l'épouser, mais voilà. Je porte le mouchoir, c'est-à-dire je suis vierge. Quand une fille va se marier, elle prend le mouchoir blanc comme ça et une vieille vient chez les femmes, elles écartent les jambes, elles mettent le doigt. On enlève l'honneur. Pour que le mari sache qu'il épouse une vierge. On aimerait bien ne pas faire le mouchoir, mais voilà.» Une fille de 16 ans  : «Je m'appelle Madison, j'ai 16 ans et je vais me marier dans deux jours. Moi franchement, je le veux pas.» «Tu es triste alors ?». «Oui, un peu. Mais bon, ça passe».

Un époux : «Elle sait que si elle me trompe, je la tue sur le coup alors, elle n'a pas le choix. Mais ma femme, je l'aime, c'est pour ça et elle aussi elle m'aime, hein ?». «Oui, je t'aime à mourir», répond la femme goguenarde, avec ses 34 points de suture à la jambe. Ça se passe en France. Pays des droits de l'homme. Pour ce qui est des droits de la femme…

Plus précisément, ça se passe à deux pas du centre-ville de Perpignan, à St Jacques, dans un quartier historique «resté mixte jusqu'au milieu des années 90, explique la journaliste. St Jacques a commencé à se dépeupler progressivement de ses habitants les plus aisés dans les années 80, avant tout pour des raisons de qualité d'habitat et d'insalubrité. Les familles maghrébines l'ont quitté ensuite après de violents affrontements avec la communauté gitane, notamment en 2005 à la suite du meurtre d'un maghrébin par un gitan. C'est alors que le quartier s'est mué en un véritable ghetto appelé « Réserve d'indiens » par les perpignanais. Malgré quelques initiatives associatives, les pouvoirs publics semblent attendre que la communauté s'auto-détruise sous les effets de la drogue, du sida et des autres maux qui accompagnent la grande pauvreté comme, par exemple, un taux d'obésité bien plus élevé que celui de la population générale.
Ici les gitans parlent le calo, une langue dérivée du catalan, et appellent le reste de la population les Français ou les blancs ou encore les paillots.
Les familles vivent du RSA, de la débrouille, de la vente de produits plus ou moins illicites ainsi que des allocations complémentaires. Du fait de leur grand isolement les gitans peut-être se veulent les jaloux représentants et garants d'une tradition ultra-conservatrice auprès de laquelle les talibans ont l'air de joyeux drilles».

A l'issue de cette émission, on ne peut que se demander à qui profite le ghetto… Pourquoi les autorités préservent-elles cette zone de non-droit ? Par respect pour une culture autre ? Par lâcheté ? Pour attiser des guerres communautaristes (diviser pour mieux régner) ? Ou serait-ce une autre raison ? Une étude menée dans un aéroport montrait que la présence de quelques SDF était tolérée dans les zones de transit, afin que le personnel de nettoyage ne menace pas la direction avec des revendications salariales… Quand les personnes qui sont en bas de l'échelle sociale voient des personnes encore plus misérables qu'elles, cela leur permet d'accepter leur sort. «Il y a pire. Je n'ai pas à me plaindre.» Les hommes politiques connaissent bien ce principe du pire: il faut toujours laisser une "réserve d'indiens" dans les villes, surtout pendant les crises économiques, afin de calmer les tensions. Il faut toujours laisser des femmes se faire battre. Ça calme les autres. «Moi, au moins, j'ai le droit d'aller aux toilettes».


Emission réalisée par Delphine Lemer, présentée par Sonia Kronlud, diffusée sur France Culture le 11 sept 2012, en podcast ici.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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DURADUPIF 04/10/2012 23:28


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