Franck "Bilal" Ribéry: Son avocat ne manque pas d'air...

Publié le 27 Août 2010

           Le moins que l'on puisse dire est que cet avocat ne manque pas d'air. Il n'en reste pas moins que le converti à l'islam à commis un grave pêché envers sa religion, sa famille. Lui qui nous faisait la prière à chaque fois qu'il était  sur un terrain de foot a prouvé que c'était pour la frime. Il s'envoyait en l'air avec une gamine de seize ans pour 500 €. En voilà au moins un qui est totalement discrédité. Un peu comme Anelka autre converti.

Gérard Brazon

 

 

Affaire Ribery : Défense du client d'une prostituée "mineure"



 

LEMONDE.FR | Francis Caballero, agrégé des facultés de droit

 

Le client d'une prostituée mineure est aujourd'hui puni par l'article 225-12-1 du code pénal de trois ans

d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, peines portées à cinq ans et 75 000 euros en cas de mise

en relation sur internet (706-47 CPP). Des peines d'une rigueur inouïe, assorties d'une procédure très dure,

alignée sur celle des assassins d'enfant, des violeurs et des proxénètes. Le tout pour un simple rapport

sexuel tarifé, délit qui n'existait pas il y a dix ans. Le texte a en effet été introduit en droit pénal par la loi

du 4 mars 2002 sur l'autorité parentale dans le but de "lutter contre la prostitution enfantine".

La stratégie est claire : punir le client, le culpabiliser, le diaboliser, comme dans la Bible où il est même

transpercé en pleine action d'un coup de lance purificateur (Nb, 25, 8). Traité tour à tour de

"pourceau", de"viandard", de "reptile du bord de trottoir", de "pervers", de "prostitueur" ou "d'esclavagiste pépère" : le choeur des grenouilles sexophobes n'a pas de mots assez durs pour le qualifier. Il réclame même la punition du client d'une prostituée majeure comme aux Etats-Unis ou en Suède. La prostitution n'est elle

pas une forme d'esclavage moderne dont la prostituée est victime ? Une activité au surplus contraire à la

dignité de la femme. On ne vend pas son corps. Le problème est que tout ce beau raisonnement est faux et

archi-faux.

Premièrement, la personne prostituée ne vend pas son corps. Elle ne vend rien. Pas un cheveu, pas un cil,

pas un poil. Le contrat de prostitution n'est pas un contrat de vente, ni même un contrat de location. C'est

un contrat de fourniture de service sexuel moyennant rémunération. Un service qui, entre majeurs

consentants, n'est nullement interdit par la loi. Ni condamné par l'opinion puisque 68 % des français sont

hostiles à la pénalisation du client d'une prostituée majeure.

Deuxièmement, la prostitution n'est pas nécessairement synonyme d'esclavage. En effet à côté de la

prostitution forcée, il existe une prostitution libre définie par la Cour de justice de l'Union européenne

dans son arrêt Jany (2001)

"lorsqu'elle est exercée hors tout lien de subordination en ce qui concerne le

choix de cette activité, les conditions de travail et de rémunération, sous sa propre responsabilité, et

contre une rémunération qui lui est intégralement versée"

. En clair dès lors qu'elle perçoit l'intégralité de

ses gains, choisit ses horaires, ses tarifs et ses prestations, la prostituée n'est pas une esclave.

UN HOMME TRÈS ORDINAIRE

Tel est précisément le cas de Zahia dans l'affaire Ribery, qui déclare

urbi et orbi :

"Je ne suis pas une

victime. Je fais ce que je veux"

. En jurant qu'elle ne dépend de personne, au tarif déclaré de 2 000 euros la

nuit, soit 20 000 euros par mois. La pauvre, il est vrai qu'elle est mineure. Il faut la protéger de la

débauche.

Et c'est là qu'intervient la troisième erreur grossière. Car si elle est civilement mineure, elle est

sexuellement majeure. En effet en France la majorité sexuelle est fixée à quinze ans. Ce qui veut dire qu'à

partir de cet âge les rapports sexuels avec les adultes sont autorisés, sauf avec ceux qui ont autorité sur le

mineur (parents, éducateurs). Zahia avait donc le droit de coucher avec toute l'équipe de France de

football, à la condition que ce soit pour le plaisir. Cela fait partie de la liberté sexuelle des 15-18 ans. Et si

la prostitution est interdite à tous les mineurs, c'est un interdit sans peine.

Dans un tel contexte, traiter le client d'une prostituée "mineure" comme un délinquant sexuel avec garde à

vue, mise en examen, inscription au fichier FNAEG, etc., est un non sens. Le punir de prison est

proprement délirant. Non parce que sa partenaire a l'air d'une majeure, excuse généralement rejetée par la

jurisprudence, mais parce que, sur le plan sexuel elle est majeure. Elle peut faire ce qu'elle veut avec son

corps. De ce fait son client n'est pas un saint, mais ce n'est pas le diable. C'est un homme très ordinaire,

souvent père de famille, qui n'a rien d'un "pervers esclavagiste".

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Sans compter que le texte se retourne contre "l'esclave" qu'il est censé protéger. La voilà soumise à des

interrogatoires, auditions, écoutes, confrontations et procédures qu'elle n'a pas voulu. Sa vie privée est

jetée en pâture aux médias, sa famille est touchée. Stigmatisée comme prostituée, elle ne vivra plus jamais

comme avant. Encore un splendide travail de la brigade des moeurs pour protéger la jeunesse. En

définitive l'article 225-12-1 du code pénal est une horreur juridique d'une constitutionnalité douteuse qui

porte une atteinte disproportionnée à la liberté sexuelle sans profit pour personne, ni pour la société.

Francis Caballero est l'auteur de

Droit du sexe

(LGDJ, 2010).

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/23/affaire-ribery-defense-du-client-d-une-prostitueemineure_1401663_3232.html

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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