« FRÈRES de CŒUR », un FILM DOCUMENTAIRE réalisé par Esther LONDON

Publié le 30 Octobre 2011

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 Esther LONDON

 

Par Nancy VERDIER

 

Le film  d’Esther LONDON  « Frères de Cœur » (durée 54 mn) vient d’être présenté en avant-première par la Scam (Société Civile des Auteurs Multimedia)

La soirée était parrainée par les Professeurs Jean-Louis Touraine (France Transplant) et Jean-Noël Fabiani (Chirurgien cardiaque), ainsi que par Richard Berry (comédien et réalisateur)  et l’association « Parler en Paix »

 

Le film d’Esther LONDON relate une belle histoire qui s’est déroulée en Israël, entre un arabe et un soldat juif. ….
Mais ce n’est pas une histoire banale, car ces deux jeunes gens ne se connaîtront jamais : l’un des deux vient de mourir et va sauver l’autre.

 

Un soldat israélien de 19 ans vient de tomber sous un tir de balles. Il n’est ni au combat, ni en opération militaire. Non. Il vient d’être abattu par son camarade de chambrée. Un cas rarissime qui frappe Tsahal au plus profond. Transporté d’urgence à l’hôpital, il décède peu après. Il est en état de mort cérébrale mais maintenu artificiellement, son cœur continue de battre. Arrivé sur place, le père confrontée à la mort de son fils n’hésite pas : il donne son accord pour des dons d’organes, sa manière de dépasser la douleur, de la transcender.

 

Dans un hôpital proche, un jeune arabe vit avec l’assistance d’un cœur artificiel,  dans l’attente d’une greffe cardiaque. Les soins d’une équipe médicale hors pair ont déjà permis au futur receveur de se préparer psychologiquement et physiquement à cette épreuve. La décision est prise. L’homme aux trois cœurs, ce sera lui. Tout se passe très vite. L’opération est un succès.

 

Le film d’Esther London raconte avec une grande sensibilité cette histoire exceptionnelle et pleine d’humanité. Il évoque dans le contexte médical d’Israël les contours éthiques et religieux du don d’organes pour lequel la détermination clinique de la mort est une question majeure qui suscite d’ailleurs toujours des débats dans le monde. S’il existe à présent en Israël un large consensus médical supporté et encadré  par la loi pour définir la mort clinique comme étant la mort cérébrale, il subsiste un débat éthique et religieux, fondamental dans ce pays et porté par deux courants de réflexion. Celui des rabbins ultra-orthodoxes qui  non seulement ne reconnaît  pas la mort cérébrale mais qui en donnant la primauté à l'intégrité du corps du défunt, s’oppose aux dons d’organes. Et un autre courant, tout aussi observant et religieux, qui privilégiant à la fois le sauvetage des vies et le respect de l’éthique, tout en reconnaissant la mort cérébrale, autorise le don d’organes.

 

La caméra suit le  jeune homme greffé au cours de sa convalescence, son retour à la force, à la joie, vers une nouvelle vie, encore plus précieuse. Il va  nouer des liens inédits avec la famille de son donneur - rapprochement inconcevable dans une majorité de pays - mais rendu possible en Israël où la levée de l’anonymat est sujette  à l’appréciation et à la décision conjointe des deux parties.
Vivre avec le cœur d’un autre, devenu son « frère de cœur » amène le jeune arabe à une réflexion existentielle sur lui-même, sur le don unique qui lui a été fait et dont il se sent responsable, une réflexion sur la vie et le dépassement des différences culturelles et religieuses.

 

Esther London, caméra au poing,  nous offre des êtres émouvants et spontanés, des images resplendissantes,  des paysages de Galilée  et des plans sur Jérusalem …à vous couper le souffle. Ce film lumineux est un moment de bonheur. Il s’en dégage aussi une image attachante d’Israël, celle  que ses détracteurs feignent toujours d’ignorer, celle qui est la véritable image d’Israël, avec toute sa richesse humaine, sa compétence, sa créativité,  son courage et sa générosité. Loin de nous les stéréotypes négatifs, anti-israéliens navrants et dégradants.

 

Le film d’Esther London est un film vrai et admirable. Plein de douleur et de pudeur, d’amour et même d’humour. Un film d’espoir aussi de voir un jour la paix dans cette région.

 

 

Nancy VERDIER

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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francis Claude 30/10/2011 18:49



il est incontestable que seul Israél est capable de faire ces prouesses chirurgicales dans l'urgence et que toutes bariéres tombent dans des cas comme celui-ci.Je doute fort que nous puissions en
France réussir la méme prouesse humaniste(je ne parle pas de l'intervention qui est presque banale chez nous de nos jours)il faudrait avant réunir des commissions de ceci et cela et surement
que le grand chef des musulmans en France s'opposerait a cette chaine humanitaire !!!