Gabriel Péri: le PCF et le « devoir de mémoire ». (la trahison de l'infâme parti communiste français)

Publié le 19 Décembre 2013

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 par Xavier Raufer

Quelle pathétique ignorance de sa propre histoire faut-il au PCF pour qu'il ose en 2013 "honorer" un homme qu'il envoya lui-même à la mort... La faculté d’oubli est une fonction vitale du cerveau humain, essentielle mais, bien sûr, aussi périlleuse, surtout en matière de sécurité. C’est pourquoi l’oubli du crime s’étudie en criminologie, ce d’autant plus qu’aujourd’hui, et à tout propos, les médias nous rappellent au fameux « devoir de mémoire ».

Or, voici que le 15 décembre écoulé, je sursaute en lisant une brève du Parisien : « Les communistes honorent Gabriel Péri… La fédération PCF du Val-d’Oise organise ce matin une célébration en l’honneur de Gabriel Péri, fusillé le 15 décembre 1941 au mont Valérien. »

Cynisme monstrueux ? Ignorance crasse ? Les malheureux — ou les misérables — organisateurs de la commémoration savent-ils ? Les journalistes qui annoncent l’événement savent-ils ?

Dans tous les cas, voici la vérité, relatée d’ailleurs par L’Humanité du 15 décembre 2001. En mai 1941 — donc, durant le pacte germano-soviétique —, Gabriel Péri, clandestin comme les autres cadres du Parti communiste (alors SFIC, « Section française de l’Internationale communiste »), est planqué porte de Champerret, chez un militant communiste nommé André Chaintron.

Très hostile au pacte germano-soviétique, Péri est en claire opposition à la direction Thorez-Duclos qui, elle, applique sans hésitation ni murmure la stratégie définie par Staline.

Gabriel Péri n’est plus « dans la ligne » ? Pas de gants à prendre. De fait, c’est un cadre communiste qui le dénonce à l’occupant allemand et provoque son arrestation, le 18 mai 1941. Péri est ainsi « balancé » par son propre parti, envoyé à la mort. S’il est fusillé en tant qu’otage le 15 décembre 1941, c’est comme dirigeant communiste, suite à cette délation.

Mais au moins, connaît-on le délateur ? Oui bien sûr, cela aussi figure dans L’Humanité ! Son nom est Edmond Foeglin (dit « Armand » ou « Armand Feuillant », dans la clandestinité). Ancien ouvrier, puis employé communal de Montreuil, il est depuis 1936 permanent de la commission du PC chargée de la« lutte contre la provocation » — pour parler clair, la police interne du PC.

Au printemps 1941, Foeglin est l’agent de liaison de Péri (alors clandestin). Il lui est donc aisé de le dénoncer à l’occupant. L’Huma (15/12/01) parle sans détour d’« informations données par Edmond Foeglin, un des responsables de la commission des cadres [du PC] depuis 1936″. Foeglin meurt le 11 septembre 1972 au Blanc-Mesnil, toujours communiste.

Ainsi, quel culot monstre – ou quelle pathétique ignorance de sa propre histoire –, faut-il au PCF pour qu’il ose en 2013 « honorer » et « célébrer » un homme qu’il envoya lui-même à la mort voilà soixante-douze ans…

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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