Gauches et Droites extrêmes unies dans la haine de l'Occident

Publié le 11 Mars 2013

Comme il est bon de haïr l’Occident !

occidentalisme

Benoît
Rayski

Journaliste et essayiste.

Vous avez aimé le capitalisme, le socialisme, le nazisme, le fascisme, le communisme, le judéo-bolchevisme ? Vous adorerez l’occidentalisme ! C’est tout nouveau, tout beau, tout frais. Ça vient de sortir.

Ce bébé a été porté sur les fonts baptismaux par son père, M. Gael Brustier (sur le site Atlantico). Un nouveau-né dernier cri. En effet, il n’a pas de maman, juste un papa, ce qui est très tendance (deux papas, ce serait encore mieux). Et pour le concevoir, il a été fait appel à la GPA, ce qui est encore plus tendance. Trêve de tendresse. L’occidentalisme est un ennemi et doit être désigné comme tel. Cet intéressant concept a des vertus globalisantes. Il recouvre pêle-mêle le libéralisme, le néo-conversatisme made in US, la domination de la finance. Le mérite de son papa est de lui avoir donné un nom. Et quel nom ! Il a pour racine le mot Occident, le plus haïssable, bien sûr, qui soit. Et il essaye, le sournois, pour faire diversion de dresser les cerveaux lobotomisés de ses esclaves contre un adversaire imaginaire : l’islam.

L’occidentalisme, à suivre les complexes sinuosités du propos de son papa, a gagné la bataille des âmes. Même la gauche y a en partie succombé. Il convient donc que ces dernières se ressaisissent, et se forgent une contre-idéologie anti-occidentaliste susceptible de lui permettre les prochaines batailles et donc la guerre. Il semblerait que M. Brustier soit candidat pour cette tâche prométhéenne.

Mais qu’opposer à l’occidentalisme ? Par souci d’équilibre civilisationnel, et aussi de facilité, on pourrait être tenté de promouvoir peut-être l’orientalisme. Cette notion, qui fut aussi une passion, a eu de beaux jours au XIXe siècle et dans une partie du XXe. Les Odalisques de Delacroix sont là pour en témoigner. Accompagnées par les délicieuses et poétiques volutes de fumée sortant des narguilés. Sans oublier les mirages des oasis et la fière noblesse des Bédouins du désert célébrée par Lawrence. Mais aujourd’hui, les odalisques seraient lapidées pour impudeur. Et les beaux cavaliers des sables d’Arabie ont été remplacés par des djihadistes spécialisés dans les amputations. M. Brustier devrait trouver autre chose.

Cela étant, il a pris des risques certains en brandissant comme sien le bébé baptisé « occidentalisme ». En effet, on peut lire sur Boulevard Voltaire un texte stigmatisant avec vigueur l’occidentalisme. Il est signé Alain de Benoist, un penseur très radical qui dans la nébuleuse des droites extrêmes est à peu près ce qu’Alfred Rosenberg, gourou du nazisme, était à Julius Evola, théoricien du fascisme. Le bébé est donc aussi de lui et en tout cas, si on reconnaît la paternité de M. Brustier, force est d’admettre que M. de Benoist en a été la mère porteuse.

Une grave question se pose que nous ne tenterons pas de démêler. M. Brustier est-il autant de droite que M. de Benoist ? Ce dernier est-il autant de gauche que M. Brustier ? Quoi qu’il en soit, ils ont quelque chose en commun : la haine de l’Occident. C’est pourquoi nous attendons impatiemment la prochaine couverture de Closer ou de Gala : « Une mère porteuse réclame son enfant ! »

Benoît Rayski - Boulevard Voltaire

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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mika 11/03/2013 17:37


https://www.youtube.com/watch?v=fjFVou9wrbU


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