Gaza, Golan : Israël sur le pied de guerre

Publié le 13 Novembre 2012

Par Marc Henry - Figaro 13 novembre 2012

 

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou (au centre) , et Ehoud Barak (à gauche), le ministre de la Défense, dimanche lors de la réunion hebdomadaire à Jérusalem.

Benyamin Nétanyahou paraît favorable à une intervention militaire visant le Hamas.

Lundi, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou , a tout fait pour donner l’impression qu’il était sur le point de donner le feu vert final à une vaste opération militaire dans la bande de Gaza pour répliquer à plus d’une centaine de roquettes tirées par des Palestiniens vers le sud d’Israël depuis samedi soir. Par miracle, ces explosions n’ont fait que des blessés légers et n’ont provoqué que des dégâts limités.

Pour faire passer son message, Benyamin Nétanyahou a convoqué quelque 80 ambassadeurs en poste en Israël pour leur expliquer combien une réplique israélienne était justifiée. Sur le front politique, également, les esprits se sont échauffés.

Les ministres, les députés et d’anciens militaires ont préconisé dans les médias toute une série de solutions pour rétablir «le pouvoir de dissuasion» d’Israël. Parmi les représailles suggérées figurent la relance des éliminations ciblées visant les chefs du Hamas ou, à défaut, la destruction de leur maison, l’arrêt de la fourniture d’électricité, voire une offensive terrestre dans la bande de Gaza censée provoquer la chute du Hamas.

Sur le terrain toutefois, l’armée israélienne s’est contentée de faire le minimum en lançant des raids aériens «habituels» de nuit contre des sites de lancement de roquettes ou des entrepôts d’armes. Mais les militaires se sont abstenus de violer les règles du jeu implicites avec le Hamas afin d’éviter un embrasement. Résultat: les commentateurs se sont demandés si Benyamin Nétanyahou osera aller plus loin ou en restera là.

Tirs contre l’artillerie syrienne


Seule certitude en tout cas: Gaza  n’est plus le seul point «chaud». La tension est également montée d’un cran avec la Syrie. Pour la première fois depuis la guerre du Kippour d’octobre 1973, l’armée israélienne a tiré à deux reprises en deux jours en direction de positions de l’armée syrienne à la suite de l’explosion d’obus dans la partie du plateau du Golan  occupée par Israël.

«La prochaine fois nous réagirons plus durement», avait prévenu dimancheEhoud Barak , le ministre de la Défense. Il a tenu parole. Des obus de chars israéliens ont touché lundi des pièces d’artillerie mobiles syriennes. Jusqu’à présent, les responsables israéliens avaient minimisé l’importance de ces incidents en affirmant qu’ils étaient provoqués par des «tirs perdus» du côté syrien. Pour couronner le tout, l’armée israélienne est également sur le qui-vive le long de la frontière avec l’Égypte de crainte d’infiltrations de commandos islamistes basés dans le Sinaï égyptien.

À ces incertitudes s’ajoute la campagne électorale pour les législatives du 22 janvier 2013. Benyamin Nétanyahou, donné favori pour se succéder à lui-même, proclame que pendant les quatre ans de son mandat il n’a mené aucune «guerre inutile» et a assuré la sécurité des Israéliens. En lançant une opération de grande envergure dans la bande de Gaza, il prendrait de sérieux risques de voir des pertes en hommes parmi les soldats sans être assuré de mettre fin une fois pour toutes aux tirs de roquettes.

 

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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