Geert Wilders et l'islam de Poste de veille.

Publié le 11 Mai 2011

Dossier Geert Wilders

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En tant que rédacteur en chef du National Post, je compte souvent sur quatre lettres pour mettre mes chroniqueurs à l’abri des tribunaux des droits de la personne : I-S-M-E,  les lettres qui distinguent islam et islamisme.   

L’islam est une religion, comme le christianisme ou le judaïsme. L’islamisme est une idéologie qui cherche à imposer à tous les musulmans une version fondamentaliste et intolérante de l'islam, et à propager l’islam à travers le monde. Déclarer que l'islamisme est une menace n'est pas controversé. Déclarer que l’islam est une menace est considéré comme de la propagande haineuse.

Le politicien néerlandais Geert Wilders, 47 ans, refuse d’ajouter ces quatre lettres, et c’est la raison pour laquelle il se déplace avec des gardes du corps et ne peut passer deux nuits de suite dans la même maison. Pour Mr Wilders, le problème dont souffrent les sociétés occidentales, c’est l’islam tout court. Il estime que le terrorisme, la tyrannie et l'oppression des femmes ne découlent pas d’une perversion de l’islam : ils en sont l’essence même.

« Le mot ‘islamisme’ suggère qu'il existe un islam modéré et un islam non modéré », m’a-t-il dit lors d’une entrevue à Toronto dimanche. « Et je crois que cette distinction n'existe pas. La réalité est plutôt ce qu'a dit le Premier ministre turc [Recep Tayyip] Erdogan : ‘Il n'y a pas d'islam modéré ou immodéré. Il y a l'islam tout court. C'est l'islam du coran’ ».

«On peut certainement faire une distinction entre les gens, a ajouté Mr Wilders. Il y a des musulmans modérés – et ils sont la majorité dans nos sociétés occidentales – et des musulmans non modérés. Mais l’islam lui-même n’a qu’une seule forme. Il n’y a pas de place pour la modération dans l’idéologie totalitaire contenue dans le coran. Si on regarde vraiment ce que dit le coran, on pourrait dire qu’en réalité les musulmans  ‘modérés’ ne sont aucunement musulmans. Le coran dit que si vous refusez l’application d’un seul verset du coran, vous êtes un apostat ».  

Contrairement à la plupart des critiques de l'islam, qui ont tendance à éviter le sujet explosif de Mahomet lui-même, Mr Wilders décrit sans ambages le prophète musulman comme un dictateur, un pédophile et un va-t-en-guerre. « Si on étudie la vie de Mahomet, m’a dit Mr.Wilders, on constate que c’était un terroriste bien pire que Oussama Ben Laden ».   

Dire que Mr Wilders est une figure controversée aux Pays-Bas est un euphémisme. D'une part, il est le leader du PVV, le 3e parti politique du pays, qui appuie actuellement le gouvernement minoritaire. Il a été déclaré le «politicien de l'année » par une populaire station de radio, et il arrive en seconde place dans divers autres sondages reconnus.  

D'autre part, le Muslim Council of Britain (conseil musulman de Grande-Bretagne) l’a qualifié de « prédicateur de haine explicite et acharné ». Pendant un certain temps, Mr Wilders a même été interdit d'entrée au Royaume-Uni. Un rappeur néerlandais populaire a écrit une chanson sur le meurtre de Mr Wilders (« Ce n'est pas une blague. La nuit dernière j'ai rêvé que je te décapitais ».)

Avant de rencontrer Mr Wilders dimanche, je connaissais la plupart de ses slogans les plus provocateurs, tels que sa comparaison du coran avec Mein Kampf, présentée par ses détracteurs comme une preuve de son sectarisme étroit d’esprit. Pourtant, le véritable Geert Wilders parle doucement et de façon réfléchie. Il s'avère qu'il a voyagé dans des dizaines de pays musulmans. Il en sait plus sur la religion islamique et ce qu’elle signifie pour les gens ordinaires que la plupart des plus ardents défenseurs de l’islam en Occident. .

Je ne crois pas non plus que Mr Wilders soit intolérant, du moins pas dans le sens où ce terme est généralement compris. « Je ne déteste pas les musulmans. Je déteste leur livre et leur idéologie », a-t-il déclaré au journal britannique The Guardian en 2008. Pour Mr Wilders, l’islam s’apparente au communisme ou au fascisme, une cage qui enferme ses adhérents malheureux dans un état d’esprit haineux et phobique. En d’autres termes, Mr Wilders décrit les musulmans comme des victimes de mauvaises idées. En ce sens, son attitude est tout à fait différente de celle des antisémites ou des racistes, qui traitent les Juifs et les Noirs comme des êtres biologiquement inférieurs.

Bien sûr, dans la tradition occidentale politiquement correcte, l’expression de haine envers une religion est généralement considérée comme une violation des droits humains au même titre que l’expression de haine envers une race ou une ethnie. Mais pour Mr Wilders, l’islam n’est pas du tout une religion : c’est une idéologie politique rétrograde sous des dehors religieux.

Il note que les autres religions établissent une distinction entre Dieu et César, entre le séculier et le spirituel, mais que l'islam demande la soumission dans tous les aspects de l'existence humaine, une exigence qui découle autant du coran que de la charia qui s’est développée dans son sillage. L’islam fournit également une justification aux guerres d'agression, il honnit les incroyants, et condamne ses ennemis à la mort. En résumé, fait valoir Mr Wilders, l’islam a tous les ingrédients de ce que les observateurs de l’histoire du 20esiècle reconnaîtraient comme une idéologie totalitaire aboutie.

« Je vois l'islam comme 95 pour cent d'idéologie et 5 pour cent de religion – les 5 pour cent étant les temples et les imams, m’a-t-il dit. Si l'on retirait du coran tout le contenu négatif, haineux, et antisémite, il ne resterait qu'un minuscule livret. »  

Il est facile de voir pourquoi beaucoup d'Européens sautent facilement à la conclusion que Mr Wilders est un marchand de haine. Il veut arrêter l'immigration non-occidentale aux Pays-Bas jusqu'à ce que les immigrants actuels soient intégrés, et expulser tout étranger qui commet un crime - des politiques par ailleurs préconisées par les authentiques xénophobes.

Mais même là, son insistance sur la distinction à faire entre la religion et l'idéologie est une idée qui mérite d'être prise au sérieux. En effet, elle conduit à poser la question suivante : si nous permettons la dénonciation publique des cultes totalitaires créés par des dictateurs modernes, pourquoi est-ce que nous stigmatisons (et même, criminalisons) la dénonciation de notions sans doute similaires quand elles sont attribuées à un prophète du 7e siècle ?

C'est une bonne question. Et autant que je sache, Geert Wilders est le seul politicien occidental à la prendre au sérieux.

Source : Jonathan Kay: Geert Wilders’ problem with Islam, National Post, 9 mai 2011. Traduction par Poste de veille

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Johanny 11/05/2011 20:14



c'EST une idéologie politico-sociétale!



Nancy VERDIER 11/05/2011 15:35



Il est heureux qu'il existe dans un petit pays proche de chez nous, un homme , Geert Wilder, qui ait courageusement réflechi à la question : Islam - Islamisme - Coran - système totalitaire,
violence. Biensûr, tous les musulmans ne sont pas des gens haineux - loin s'en faut - car nous ne serions peut-être plus là pour en parler. Mais pourquoi laisser véhiculer dans nos démocraties -
certes imparfaites et qui ont connu leurs tourments religieux et totalitaires dans un passé plus ou moins récent - pourquoi donc laisser véhiculer des idées extrémistes qui s'associent aisément à
des mouvements extrémistes ?
Nous avons combattu les milices d'extrème gauche qui n'avaient de "gauche" que le nom, mais dont l'idéologie était le crime et la violence (Assassinat d'Aldo Moro en Italie par les Brigades
Rouges). Dans le cas de l'islamisme, ce sont des idées extrémistes provenant d'une religion dont personne n'ose critiquer la moindre ligne par peur d'une Fatwa. Pourquoi ce renoncement,
pourquoi cette crainte ?? les Musulmans sont les premiers à avoir peur et de ce fait, - à quelques exceptions près - ils renoncent à critiquer une ligne de cette religion, dans laquelle ils ont
été immergés dès l'enfance. Le Protestantisme n'a pas hésité à critiquer le Christianisme. Evidemment, les conséquences furent violentes. Voilà où en est l'Occident aujourd'hui.
Ce que dit Erdogan est parfaitement juste : il n'y a pas de distingo à faire, hélàs, car tôt ou tard, c'est la parole extrémiste qui peut ressurgir.  
Je ne suis pas raciste, je suis réaliste, pragmatique, consciente et inquiète pour l'avenir de nos démocraties.