Habib Aini, 22 ans, et Medjahed A., 27 ans! "C'est pas moi m'sieur"!

Publié le 22 Novembre 2011

C'est pas moi m'sieur qu'a volé, j'te jure, sur la tête de ma mère, sur le coran, c'était le ramadan! Encore une histoire de deux jeunes défavorisés issus des banlieues difficiles et venant de la minorité visible qui encombre les tribunaux! En attendant, les "flics se sont fait niquer ta mère"

Gérard Brazon

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Nord Eclair  (Roubaix)

C'est la procureur Candice Gratecos qui, désolée, l'admet honnêtement : « Quand la culture du chiffre et des statistiques rencontre le culte de l'aveu, ça peut amener à des catastrophes ». L'histoire commence en juin 2011 quand Habib Aini, 22 ans, et son copain Medjahed A., 27 ans, sont interpellés à l'occasion du pillage de deux voitures. Habib Aini ne peut nier : il a laissé ses empreintes partout. Évidemment, la police soupçonne d'autres vols similaires. De fil en aiguille, tous les pillages de voitures opérés dans le secteur sont imputés aux deux hommes. Le duo avoue tout ! 450 affaires élucidées d'un coup entre le boulevard d'Alsace et Wasquehal !


L'énorme dossier tombe à l'eau
Mais, hier, devant la présidente Nourith Reliquet, on déchante : « J'avais peur de la garde à vue, je voulais sortir, comment voulez-vous que je me souvienne de tout » dit l'un ; « ce sont les policiers qui m'ont proposé de signer ça » dit l'autre. Comme aucune vérification n'a été faite, aucun objet retrouvé, aucune empreinte relevée avec succès, aucune reconnaissance photographique effectuée, l'énorme dossier tombe inexorablement à l'eau.
Les deux veulent bien reconnaître deux ou trois vols mais on ne sait pas lesquels. « Là, ça ne peut pas être moi, c'était pendant le ramadan » assure Medjahed A. Et d'ajouter : « C'est normal de voler quand on n'a pas d'argent, mon fils avait faim et il n'avait pas de lait ».
Une magistrate : « Ah bon, il n'a pas faim pendant le ramadan ! ». Habid Aini assure qu'il a avoué parce que, en séjour irrégulier, il craignait l'expulsion. Les deux, devant la police, admettaient avant d'être relâchés commettre trois ou quatre vols quotidiens. Mais, hier, ils nient mordicus.
La présidente Nourith Reliquet procède alors à l'audition des nombreuses victimes présentes. Une jeune femme : « Des jours de démarche ».
Un monsieur : « Toutes les serrures de ma maison changées ». Un ouvrier qui pleure : « On a volé dans ma camionnette une perceuse, une meuleuse, une visseuse et plein d'outils ; mon patron m'a licencié ». Un avocat dont la voiture a été pillée : « Un des deux parle du ramadan alors que, si on appliquait la charia, il aurait la main coupée ».
Pour les 450 vols faussement élucidés, les deux prévenus défendus par Me Bertrand Ramas-Muhlbach sont donc relaxés ! En revanche, pour le petit dossier avec deux voitures volées avec empreintes assorties, le récidiviste Habib Aini est condamné à deux ans de prison. Avec mandat d'arrêt.
Peut-être retrouvera-t-on un jour le clandestin qui n'a pas attendu le prononcé du jugement ?

DIDIER SPECQ

didier.specq@nordeclair.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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