Hallal (licite), un acte religieux. En quoi cela consiste t'il?

Publié le 16 Juillet 2010

Du côté du « halal » ?

Léon Areva, le 12 juillet 2010
                Pour être qualifiée « Halal », la viande doit provenir d’un animal qui n’est pas «Haram» (proscrit, comme la viande de porc); elle doit également provenir d’un animal qui a été abattu par un musulman qui coupe la gorge de l’animal, tranchant la carotide et les jugulaires, pour le saigner à mort en dirigeant la tête de l’animal vers la
Mecque; et celui qui sacrifie l’animal doit prononcer les mots « Bismilla Rahim oua Allah Akbar » (Au Nom de Dieu, Dieu est Grand). En islam, les interdits religieux dans l’ « ordre (alimentaire » sont bien moindre que du côté du «kashrout»( Interdit judaïque - (kasher)

             Depuis 1980 un décret stipule que les animaux ne peuvent être sacrifiés rituellement que par des personnes “qualifiées par des organisations religieuses reconnues”; et ces organisations doivent être “enregistrées par le ministère de l’Agriculture, sur proposition du ministère de l’Intérieur”. Le décret précise que “si aucune organisation n’a été enregistrée”, le préfet du département peut accorder des “autorisations individuelles”.

         Il en fut ainsi pendant plus de dix ans, les préfets de régions donnant à plusieurs centaines de “sacrificateurs” l’autorisation de tuer des bœufs, moutons et poulets pour « les musulmans de France »…
Passons sur les aspects techniques de l’abattage rituel, aspects qui font pleurer des larmes de crocodile dans les chaumières. Nous y reviendrons…

          Fort du « Dis moi ce que tu manges je te dirai qui tu es », le marché « halal » attire bien des appétits… Ce marché est estimé à 5,5 milliards d'euros pour 2010, selon une étude du cabinet de conseil Solis, contre environ 3 milliards il y a cinq ans.

          Des chiffres qui rappellent que la France « accueille » la communauté musulmane la plus nombreuse d'Europe, avec 5 à 6 millions de membres, originaires pour la plupart des anciennes colonies françaises d'Afrique et du Maghreb. Il n’est donc pas impossible que le marché « halal » dépasse sous peu le « bio » dans les supermarchés, ce qu’affirme joyeusement Hakan Cetin, responsable commercial d' « Oz pa », spécialiste des confiseries « halal » garantissant ses sucettes, biscuits et autres sucreries « sans gélatine de porc ». Une demande qui ne cesse de progresser.

        Aucun produit n’ échappe au « halal » : Coca halal, petits pots pour bébé, saucisse cocktail de poulet , plats cuisinés, boeuf aux haricots en conserve, sans oublier la terrine de canard, arrosée comme il se doit d’un champagne sans alcool étiqueté « halal »...  L’ « identité » s’affirme dans l’assiette ! Authentique aspiration religieuse ? Rien n’est moins sûr…
        Pour les plus exigeants la véritable viande « halal » ne représenterait que 10% au plus de la viande labellisée « halal »… point sur lequel sont – une fois n’est pas coutume – d’accord, chefs de la communauté musulmane et experts français.

Et les commentaires vont bon train

Larbi Kechat, le recteur de la mosquée “Ad Dawa”, l’un des plus grands lieux de culte musulman de Paris, connu sous le nom de mosquée de Stalingrad, admet qu’un “très grand pourcentage de magasins vendent de la viande qui n’est pas vraiment “Halal”.
Pourquoi?
“ Parce que tout le monde sait que l’Islam rapporte de l’argent. Ces gens veulent s’enrichir à n’importe quel prix”.

Ahmet Bakjan, secrétaire général de l’Union Islamique de France, qui supervise l’une des deux petites “mosquées” turques du Faubourg Saint-Denis, à Paris, prétend que “dans cette rue (pleine de “boucheries musulmanes”) on ne peut pas trouver de viande “Halal”, spécialement dans les boucheries turques. “Je connais personnellement, raconte Ahmet Bakjan, un boucher turc qui est communiste, mais qui a mis “Boucherie Musulmane” sur son enseigne pour gagner plus d’argent”.


L’horreur du vide
Comme tout marché, le marché « halal » est aussi synonyme de profits au nom de la bonne « cause ». Plus « halal » que l’ « halal » ! Telle pourrait être la devise des organisations de contrôleurs comme l’ « AVS » liée à la Fédération Nationale des Musulmans de France; « BARAKA », proche de l’Union des Organisations Islamiques de France; « AL TAKWA » fort peu éloigné du Groupement des Unions Islamiques Internationales; CIAM (Centre Islamique des Alpes-Maritimes); LICOM; GISCOM (Groupement Islamique des Sacrificateurs et Contrôleurs Musulmans); BCAAR (Bureau de Contrôle de l’Alimentation et de l’Authentification Religieuse)… 
Liste non exhaustive… d’autant que ces associations autoproclamées sont sans statut légal…

Du côté du « kashrout » l’ordre semble régner sous la férule du Consistoire national (décret impérial du 15 mars 1808) et des consistoires départementaux. Mais les rebellions ne sont pas rares…
A suivre...
Léon Areva, le 12 juillet 2010

http://www.lesechos.fr/info/agro/020445775219-le-marche-hallal-va-depasser-les-5-milliards-d-euros-en-france.htm

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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