Hassen Chalghoumi, "l'imam qui dérange? Ou un faire valoir de la bien pensance.

Publié le 22 Septembre 2010

Chacun connaît mes positions sur l'islam et particulièrement sur l'islam intégriste. Mais je ne vais pas bouder mon plaisir à communiquer sur un Imam qui dérange. Cela change un peu. Voilà un religieux qui est la vindicte d'un islam intégriste et comme le dit l'adage, l'ennemi de mes ennemis sont mes amis.

Pour autant, ferais-je copain-copain avec cet Imam? Je ne le crois pas si j'en juge son interview à la télévision ou sa femme, était fortement voilée. Bien trop à mon sens de laïque et d’amoureux de la femme libre. Si peu française, si peu intégrée que j'ai quand même des doutes sur cet imam quant à sa volonté d'être un imam de la république française.

Bien sûr, me rétorqueront certains, comment pourrait-il adapter l'islam à la France si sa femme se promenait en mini jupe et fumait sa clope au milieu des amis de son mari à la Mosquée du coin et singulièrement celle de Drancy ? Je reconnais que ce ne serait surement pas bien perçu par ces gens là. Mais, doit-on se féliciter d'avoir en France un Imam qualifié de progressiste alors qu'il n'est qu'un imam un peu moins intégriste que la moyenne ?

Dire qu'il est formidable, qu'il est courageux, qu'il est à la pointe de l’islam de France m'amuse beaucoup. Je me demande ce que l'on penserait d'un curé de village s’il s’avisait de prêcher l'interdiction de l'homosexualité, la place de la femme aux foyers et la primauté de l'homme sur la femme. Il serait déclaré par nos bien-pensants comme un attardé de Rome. Un pur réactionnaire d’un temps nauséabond et patati et patata.

Cet imam est mis en avant parce qu'il est le plus en avance dans l'ensemble des Imams de France et sans doute, est-il à la pointe de tous les imams progressistes. Mais qu'est-ce que ce progrès par rapport à 2010 dans notre société ? Dois-t'on se féliciter qu'un religieux se situe vers le début du siècle dernier en matière de libertés civiles et religieuses.

Qui lui a posé la question sur la place de la femme dans notre société?

Qui lui a demandé son avis sur les libertés sexuelles de la femme?

Sur l’avortement c'est-à-dire le libre choix de la femme ?

Sur le droit de la femme de vivre comme bon lui semble?

Sur le droit de la femme de choisir librement un mari?

Ce qu'il pense du droit à un  l'homosexuel de vivre sa sexualité?

Sur l'apostat (le fait de quitter sa religion - condamné à mort par l'islam)

Qui lui a demandé son avis concernant l'athéisme, ou l'agnostique?

Qui lui a demandé son avis sur la liberté religieuse?

Et j'en passe sur les versets du Coran qui sont de vrais appels aux meurtres.

Personne car au fond, notre intelligentsia à trouvé l'oiseau rare à peu prés présentable au public qui pourrait éventuellement démontrer que l'islam est compatible à nos lois et mœurs. Cette intelligentsia le présente à la société ! Il est reçu par ici et par là y compris à une riche réception du CRAN (les noirs malheureux de France) qui, manifestement, ne l’étaient pas ce soir là. Il y avait du beau monde. Surtout des socialistes d’ailleurs. La table semblait bonne.

Cet Imam est sans doute le premier exemplaire d'autres imams qui viendront nous dire que si nous nous adaptons, l'islam s'adaptera. En effet, quand la France répondra aux critères de l'Islam, comme du Halal partout dans les cantines et autres restaurants d’entreprises, qu’il y aura des jours de fêtes musulmanes, des journées de ramadan chômées et payés par les entreprises (ce qui se fait déjà avec le nombre vertigineux d'arrêts de maladie pour cause de... ramadan – Il y aurait là de quoi s’interroger mais dont aucun journaliste ne le fera.) sans doute que la France sera devenue compatible avec l'islam. Mais est-ce que ce sera notre France à nous ? Certainement pas !

Gérard Brazon

 

 

  

 

Hassen Chalghoumi, "l'imam qui dérange", prêche un islam de France

Par Jamila Aridj

 

Hassen Chalghoumi, "l'imam qui dérange", prêche un islam de France

 

                 Déjà connu pour ses positions contre la burqa, Hassen Chalghoumi appelle dans son livre les fidèles à cultiver leur foi musulmane dans le respect des valeurs républicaines © Simon Isabelle/Sipa.

"L'imam qui dérange". La formule le fait sourire. Hassen Chalghoumi, prêcheur de la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis), suscite la polémique au sein de la communauté musulmane depuis qu'il est apparu sur le devant de la scène médiatique, le 25 janvier dernier. Ce jour-là, "un commando islamiste" aurait fait irruption dans sa mosquée en proférant des menaces à son égard. Depuis, l'imam, hostile à la burqa et connu pour ses liens avec la communauté juive, a été placé sous escorte policière et affirme recevoir encore des menaces. Son livre, Pour l'islam de France*, ne devrait pas apaiser les esprits. "L'imam républicain", comme il aime à se présenter, y appelle les fidèles à cultiver leur foi musulmane dans le respect des valeurs républicaines. Car, selon lui, il y a urgence.

"Il y a une radicalisation d'une partie des musulmans dans notre pays, doublée d'une recrudescence de ce que j'appelle l'islam des tendances soumis à l'ingérence de pays étrangers. Pour eux, l'Occident est un ennemi", écrit le muezzin. Il égratigne au passage les partisans du voile intégral ("pour plusieurs extrémistes islamistes, le foulard est devenu un étendard pour le prosélytisme politique") et a la dent dure contre certaines organisations musulmanes, comme l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), les Frères musulmans ou le Conseil français du culte musulman (CFCM). Extraits : "Le CFCM est la preuve acide que la République n'a pas le droit de remplir le vide avec un organe schizophrène, infantile ou liberticide. (...) L'UOIF considère l'Europe comme une terre de mission et la France comme une base arrière, comme c'était le cas de l'ayatollah Khomeiny (guide spirituel de la révolution islamique, NDLR) que l'UOIF admire."

Un périple le conduit en Syrie, en Turquie au Pakistan et en Inde

Des critiques balayées, voire ignorées, par ces structures pour qui l'imam "ne représente que lui-même". "Le CFCM n'a pas besoin de démontrer son utilité. Sa voie est reconnue, rétorque son président Mohammed Moussaoui. Le CFCM est sur un autre registre, celui du dialogue avec les pouvoirs publics pour construire ensemble un islam de France. Critiquer, tout le monde peut le faire, mais après, qu'est-ce qu'on fait ? Je pense que M. Chalghoumi se surestime." "Je ne suis pas l'homme ambitieux qu'on veut faire croire", répond, très calme, le prédicateur.

Dans son livre, l'imam tente de répondre à ses détracteurs en revenant longuement sur son parcours, et notamment sur "un voyage" qu'il s'est imposé au début des années 1990 pour se "plonger dans les sources lointaines de l'islam". Parti de Tunisie, son pays de naissance, "ce dur périple" le conduit en Syrie, en Turquie au Pakistan et enfin en Inde, avec un crochet par l'Iran. Des destinations qui lui valent d'être répertorié par les services de renseignement en tant que fondamentaliste ayant appartenu jusqu'en 2005 au mouvement radical du Tabligh. Le mouvement est suspecté de fomenter, en secret, "l'islam des caves".

"J'ai fait ma formation théologique au Pakistan, et le Pakistan de cette période n'est pas le même que celui d'aujourd'hui. Je n'ai d'ailleurs pas étudié à Karachi, mais à Lahore, la ville la plus ouverte du Pakistan", se défend l'imam, pour qui "le Tabligh est une organisation pacifiste fondamentaliste mais pas radicale qui existe dans le monde entier, même en Israël". Aujourd'hui, il affirme être "loin de tout cela" pour se consacrer à un seul projet : la formation des imams. Le talon d'Achille de l'islam de France. À ce jour, seule la Grande Mosquée, en lien avec l'Institut catholique de Paris, propose une formation pour les imams. C'est ainsi qu'Hassen Chalghoumi crée la Conférence des imams de France pour mettre en avant "le dialogue interreligieux, la promotion d'un islam ouvert et le suivi des imams". Depuis son inauguration, le 10 juin 2009, l'organisation revendique une soixantaine d'imams de la région parisienne. Un chiffre contesté par le CFCM pour qui l'organisation n'est pas représentative. Qu'importe. Hassen Chalghoumi a su se frayer un chemin dans un espace médiatique déserté par les organisations officielles musulmanes sclérosées par des conflits internes.

 

*"Pour l'islam de France" d'Hassen Chalghoumi avec la collaboration de Farid Hannache, éd. du Cherche-Midi, 432 pages, 18 euros.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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