Hausse de la TVA : crainte de pertes d'emplois dans le BTP et la restauration.

Publié le 8 Novembre 2012

RÉACTIONS - Face à la hausse prochaine de la TVA, les secteurs du bâtiment et de la restauration haussent le ton.

Jean-Marc Ayrault, le chef du gouvernement, a annoncé ce mardi une hausse de 3% du taux intermédiaire de la TVA à partir du 1er janvier 2014. Il passera de 7 à 10%. Face à cette annonce, les représentants des secteurs concernés, bâtiment et restauration, s'insurgent.

Dans le bâtiment, la majoration s'appliquera aux travaux d'entretien et de rénovation logement. La Fédération française du bâtiment (FFB) dénonce une mesure «arbitraire», «qui n'a fait l'objet d'aucune concertation». «Elle est contraire à tous les engagements pris depuis des mois par le gouvernement et le président de la République a même formellement démenti, le 19 octobre dernier, toute hypothèse de hausse de la TVA dans le bâtiment (…) Cette hausse aura des effets catastrophiques sur l'activité et sur l'emploi, provoquant inévitablement un retour massif du travail au noir», s'indigne le président de la FFB, Didier Ridoret, qui prévoit une perte d'au moins 20.000 emplois.

La FFB craint aussi que cette mesure ne marque la fin des engagements en faveur de la rénovation énergétique de 500.000 logements par an, affectant ainsi l'activité des organismes HLM.

La colère gronde également du côté de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Patrick Liébus, son président, s'insurge: «Où est la concertation? On nous en parle depuis les conférences sociale et environnementale [mi-septembre, NDLR], et là on nous prévient une demi-heure avant l'annonce du premier ministre… On nous impose les choses et on ne tient pas parole. Encore une fois, ils agissent et ils réfléchissent après… Cela aura des conséquences. Sans compter que la question des autoentrepreneurs n'est même pas évoquée, alors que l'écart va se creuser encore davantage entre eux et nos salariés...» La Capeb veut réunir tous les présidents des organisations de la filière afin de discuter des mesures à prendre pour contrer cette hausse de trois points.

Une décision «brutale», selon les restaurateurs

Quant aux restaurateurs, ils ont qualifié de «brutale» la décision du gouvernement. Selon Synhorcat, deuxième organisation professionnelle du secteur, cette hausse de TVA sacrifiera «un nombre très important d'emplois». La profession avait jusqu'à présent menacé d'une destruction de 10.000 emplois dans le secteur par point de TVA supplémentaire. Elle accueille d'autant plus amèrement la nouvelle, qu'elle était en concertation avec Bercy à propos du devenir de sa TVA à 7%, avantage fiscal hérité du quinquennat Sarkozy. Le gouvernement n'aura pas attendu que la discussion arrive à son terme pour trancher. «Ça va être la baisse du pouvoir d'achat des Français puisque les prix vont augmenter», déclare Didier Chenet, président du Synhorcat.

Sur BFMTV, Roland Héguy, du syndicat hôtelier Union métiers industries hôtellerie (Umih), se montre plus conciliant envers l'annonce gouvernementale. Selon lui, les restaurateurs doivent se réunir pour réfléchir aux répercussions de la hausse de la TVA. «Nous espérons que ces mesures seront pérennes et qu'elles apporteront un peu de stabilité fiscale, ce qui permettra aux entreprises de répondre aux attentes du développement du tourisme en France», conclut-il.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

Commenter cet article

Claude germain v 08/11/2012 19:35


Plus de quartier ,plus de pitié , et pourtant par malheur il pourrait y avoir mes enfants dans le lot des licensies ,mais eux je sais pour qui ils ont voté , j'en suis meme certain.....Pour
Ceuussss qui ont revoté pour la gauche apres avoir voté pour la droite- gauchiste UMP la derniere fois ,et bien ils avaient un autre chemin a tenter , donc quoi qu 'il leur
arrive ,qu'ils en crevent ....pardon pour ma colére .......