Hélène BRAVIN raconte Khadafi : "Vie et mort d'un dictateur"

Publié le 12 Mars 2013

KHADAFI: VIE ET MORT D’UN DICTATEUR

20 octobre 2011. Mouammar Kadhafi vient de mourir. En Libye, des tirs de joie retentissent, saluant la fin de quarante-deux ans de dictature. A Syrte et à Tripoli, on assiste à des scènes de liesse. Le Guide meurt en homme haï. En renversant le roi Idris en 1969, le jeune officier rêvait pourtant de faire passer la Libye de l’ère moyenâgeuse à celle de la modernité en donnant le pouvoir au peuple et en fusionnant avec des pays voisins pour créer, enfin, une grande puissance économique et politique arabe. Il aura finalement laissé son système et ses projets se noyer dans l’anarchie, s’enfonçant lui-même dans la tyrannie. Du jeune bédouin pauvre au dictateur impitoyable des dernières années, Hélène Bravin brosse le portrait d’un homme à la fois idéaliste et opportuniste, féodal et moderne, civilisé et barbare. Un homme qui aura réussi à se maintenir au pouvoir pendant plus de quarante ans, malgré les incroyables obstacles et échecs rencontrés, avant de finir traqué par l’OTAN et les insurgés libyens. L’incarnation moderne d’un personnage shakespearien

« Mouammar Kadhafi est né en pleine Seconde Guerre mondiale,
en juin 1942 1, à Abu Hadi, à vingt-cinq kilomètres
au sud de Syrte, entre les pâturages du Wadi Tlal et les palmeraies
du Shatti. De nombreuses rumeurs ont couru sur
l’identité de ses parents. En France et en Italie, on s’est ainsi
longtemps demandé si son père n’était pas un officier corse
des Forces aériennes françaises libres (FAFL). D’anciens soldats
racontent en effet l’histoire d’un jeune officier corse,
Albert Preziosi, né en 1915 dans le village montagnard de
Vezzani et engagé dès 1940 dans les FAFL à Londres. Le prétendu
père de Mouammar Kadhafi – dont la base aérienne
de Solenzara, en Haute-Corse, porte aujourd’hui le nom –,
aurait eu un accident dans le désert libyen à bord de son
Hurricane et aurait été recueilli par des Bédouins de la tribu
Sanoussi. Il y aurait noué une idylle avec une jeune femme,
dont il aurait eu un fils, Mouammar. L’hypothèse est de toute
évidence improbable. Les forces françaises dirigées par le
1. Comme de nombreux Libyens de cette époque, son acte de naissance n’a
jamais été enregistré. On ne connaît donc pas sa date de naissance précise. »

 

 

 

 

Hélène Bravin est journaliste indépendante, spécialisée dans les questions politiques et économiques liées au Maghreb. Elle a collaboré à différents journaux français et internationaux, et à des lettres confidentielles. Elle a par ailleurs réalisé plusieurs reportages pour la télévision française. Elle fait aussi de la veille stratégique pour des multinationales

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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