Histoire belge de la bataille pendant laquelle Marco d’Aviano chassa le Turc hors de Vienne le 12 septembre 1683.

Publié le 28 Avril 2014

 

 Par Anne Lauwaert

La Bataille de Vienne par Józef Brandt 

Bataille de Vienne contre les Ottomans


Ca faisait un petit moment que les Turcs tournicotaient en Autriche. Ils avaient déjà mis à sac les Balkans et à feu et à sang  la Hongrie  et les voilà maintenant aux portes de Vienne !  L’empereur Léopold I° de Habsbourg commença à regarder ce petit jeu d’un mauvais oeil. Le soir on ne pouvait même plus sortir de chez soi et les amants qui rentraient aux petites heures risquaient de se faire égorger par les ottomans. Alors soit on négligeait les dames, soit on  risquait de se faire pincer par les maris insomniaques.

 

Chaque jour l’empereur recevait des réclamations de ses princes et de ses sujets et une telle situation ne pouvait pas continuer durer (blijven duren). Alors, un beau matin il envoya un courrier au Pape Innocent XI  pour lui dire que ça devait changer parce que à ce train là les Turcs ils allaient s’installer en ville et alors s’en était fini de la saison lyrique et au lieu des amours de Orphée et Eurydice tout ce qu’on allait entendre c’étaient les litanies des muezzin. Ces vilains bougres  étaient même capables de transformer l’opéra en mosquée et en avant la musique...

   

-« Oeioei ! – dit le Pape en secouant sa tête en dessous de sa grande mitre – je vais réfléchir à la question... »

Ensuite le temps passa car il consulta toutes les tendances politiques de son staff. Les conservateurs ne voulaient pas dépenser l’argent qui avait été mis de côté pour engager des nouveaux gardes suisses et donc ils firent traîner les affaires. La gauche prétendit que ces Turcs étaient des gens sympathiques et qu’ils allaient élargir les marchés. Les jésuites calculèrent qu’on aurait pu faire semblant de faire alliance, on pouvait les laisse venir encore un peu plus loin, et puis tout d’un coup : trac on leur coupe leur arrière garde et on les massacre... Les bénédictin eux ne  voulaient pas de violence car ils savaient que les Turcs voyageaient avec beaucoup de livres qu’ils lisaient le soir quand ils étaient couchés sur des coussins autour des narghilés et donc ils reluquaient avec concupiscence ces nouveaux textes qui sans doute étaient coquins...

 

Ensuite on vint à savoir que  Louis XIV , le roi de France avait de nouveau joué un tour de cochon comme il l’avait déjà fait à Lépante et s’était allié avec les ottomans, évidemment pas par sympathie pour ces arabes, mais pour faire un croche pied à son rival, l’empereur germanique.

 

Les mois passèrent, Léopold devint vraiment inquiet et il appela son ami Marco et lui dit :

-«  Toi qui as tes entrées au Vatican dis une fois au Pape que s’il ne se décide pas, moi j’interpelle les communistes russes ! »

-«  Quoi ! – s’exclama le Pape – des bolcheviques ! ça jamais !!! appelez-moi ce Marco ! »

Et puisque Marco se trouvait de l’autre côté de la porte avec l’oreille collée au trou de la serrure pour suivre les débats, il entra tout de suite e se prosterna devant le Saint Père en disant :

-« Sainteté... »

-« Garde à vous ! » - dit le Pape et Marco claqua des talons.

-« Toi, qu’est ce que tu en dis ? Il y a ici ceux des Abruzzes qui me disent d’attaquer tout de suite alors que tes conationaux du Frioul me disent de temporiser... »

-« Pour l’amour du Ciel ! Vous n’allez tout de même pas écouter ceux de Conegliano ou de Belluno !!! Ceux-là ils ne pensent qu’à aller grimper dans la Civetta ! Ils ont même établi leur camp de base à Vazzoler !Qu’à Dieu ne plaise et qu’il nous garde d’un pape de Belluno... On n’a pas besoin de mauviettes, mais de types qui ont du poil de la bête... des polonais, des bavarois, des saxons et quelques volontaires de la Padania. Ca va pas être facile de les tenir, mais je m’en occupe ! carte blanche ... j’ai besoin de carte blanche et pour le reste faites moi confiance ! »

 

-« Hmm, Hmm – pensa le Pape, s’ils se mettent à élire des papes de Belluno, on est foutus, mieux vaut qu’ils en prennent à Bergamo... Quant à ce Marco ... ça m’a l’air d’un mec réglo... si ça foire ce sera la faute de ceux d’Aviano qui est loin de Rome... C’est d’accord ! Marco, sur le champ je te nomme défenseur de la foi et de l’Europe chrétienne , fais comme tu veux, mais ne nous fais pas ridiculiser. »

-« Amen... » - dit Marco et il se retira.

 

Si tôt dit, si tôt fait, il appela son ami l’empereur et il lui dit :

-« Rassemblement ! on est parti !!! »

-« Oui mais – dit Léopold – qu’est ce que moi je fais maintenant, est ce que dois quand même en parler aux français ? »

-« Non ! surtout pas ! laisse les s’amuser avec leurs illusions, châteaux, palais, parcs et turqueries qui sont à la mode. Nous on va s’envoyer les Turcs pour du vrai et empocher le butin ! »

-« Le butin ? »

-« D’abord la victoire et ensuite les récompenses... »

-« Bon, alors, si tu ne veux rien dire... je rassemble ceux que tu as dit qui ont du poil de la bête et pas froid aux yeux. »

Cela dura encore quelques semaines et finalement ils se trouvèrent sur les collines autour de Vienne ce fatidique 12 septembre 1683.

 

C’était une journée ensoleillée mais il faisait frisquet. De l’autre côté de la ville les Turcs dormaient encore dans leurs tentes. Les muezzin avaient déjà appelé à la prière. Tout le monde s’était levé, ils avaient fait leurs ablutions avec de l’eau glaciale... horrible... et puis tout le tralala de leur rosaire  et ensuite ils avaient couru se replonger dans leur sac de couchage en attendant les premiers rayons du soleil et en ronchonnant contre le Grand Vizir qui aurait mieux fait de rester à la maison surtout que en cette période c’était le temps des vendanges et des louqoums à la rose.

 

Par contre le Grand Vizir Kara Mustapha avait profité de ce réveil à l’aube pour enfiler un peignoir en broquart de Damas écarlate parfumé au jasmin  et après ses dévotions il s’était dirigé vers les tentes de son Harem mobile. En fait il y avait une petite nouvelle dont la conquête était autrement plus agréable que celle de cette maudite Vienne, si froide et pleine de brouillard quand il ne pleut pas.

 

-« Bonjour ma pouletteke... » murmura (en dialecte turc) Mustapha à l’oreille de son p’tit chou qui dormait encore car elle n’avait certainement pas entendu de muezzin vu que le Vizir avait défendu de déranger les dames.

-«  Mmmm... ? » répondit la blondinette qui en changeant de position ouvrit largement ses petits bras dodus et découvrit son charmant petit corps tout blanc et tout tendre et intégralement nu au milieu des coussins de soie rouge, orange et jaune comme une fournaise.

-«  Mon Dieu ! – murmura Mustapha – quel jardin de délices.... » et, enlevant son peignoir, il se glissa à coté de cette profusion de rotondités brûlantes qui déjà gémissait par anticipation du plaisir...

-«  Ô Musty, fais le moi encore, fais moi encore kara kara... » gémit l’enfant lascive en s’enroulant autour de lui comme un pampre de vigne.

-«  On n’est pas pressés, ma Krollebolleke... » susurra (toujours en dialecte turc)  le Grand Vizir qui appelait ainsi sa petite blonde parce qu’elle avait les cheveux en longs tire-bouchons  et puis il s’insinua dans cet intense ondoiement de coussins, duvets, bras, jambes, cheveux et tétines qui ressemblaient à des framboises déposées sur une crème vanille.

-« Ah... – pensa Mustapha – si les 72 petites vierges du paradis sont comme celle-ci... »

 

-«  Mon Seigneur ! » tonna un militaire qui fit irruption dans la pièce avec la fougue d’un destrier à l’assaut.

-«  Quel emmerdeur ! – s’exclama le Grand Vizir – On n’est donc jamais tranquille dans ce camping bordelique ! Coupez-lui la tête ! »

Les gardes se précipitèrent et zimmmm avec le cimeterre ils coupèrent la tête du général sans même avoir regardé à qui elle appartenait.

 

Le Grand Vizir reprit ses préliminaires raffinés et Krollekopke continua à ronronner quand un deuxième guerrier bondit dans la chambre en hurlant comme un fou.

 

-« Encore ! Y en a marre ! Coupez-lui la tête et laissez-moi baiser en paix ! » hurla le Grand Vizir avec vraiment le bol raz.

 

Ainsi encore d’autres nombreuses précieuses minutes s’écoulèrent  en jouissances extrêmes et finalement quand Krollekopke se fut rendormie, Mustapha se leva et alla sous la douche. Lorsque  les soldats l’entendirent chanter l’air du Duc de Mantoue, ils pensèrent que finalement était arrivé le bon moment pour lui soumettre le cadre de la situation sans trop risquer de se voir trancher le cou.

 

En fait, Mustapha s’assit pour boire un p’tit café et tout souriant demanda à son garde :

-« Alors, Abdulla, quoi de neuf dans cette délicieuse journée ? »

-«  Euh... hm, hm... – dit prudemment le soldat qui tenait particulièrement à son propre chef – le fait est, Monseigneur, que ces infidèles sont en train de s’aventurer à ... euh... à s’approcher ... démesurément de notre camp... »

-« Qu’est que c’est que tu es en train d’insinuer là ? »

-«  Ben... moi, de préférence... je n’insinuerais rien du tout... je me permettrais seulement de suggérer à votre Seigneurie de prendre les jumelles et de donner un petit coup d’œil à la situation... de par vous même... »

Mustapha finit son expresso et puis il se dirigea vers l’entrée de la tente, prit ses jumelles et regarda vers les lignes ennemies. Il eut un sursaut qui secoua tous les cordages et tous les piquets qui soutenaient la tente et il hurla comme un tonnerre qui fit trembler toute la vallée :

-« MERDE ! » comme il l’avait appris de ses alliés français.

En effet, ça n’était pas en train d’aller comme  sur des roulettes car outre au fait que le Grand Vizir avait fait couper la tête des principaux généraux, les infidèles étaient déjà en route depuis un bon moment et n’étaient plus qu’à un jet de pierre, d’ailleurs ils avaient déjà épaulé leurs fusils et n’attendaient plus que l’ordre de tirer.

 

Les croisés manœuvraient avec ordre et méthode. Le plan de la bataille avait été étudié et expliqué clairement. Les troupes étaient déployées dans les points stratégiques de façon à faire tomber le mahométan dans un piège mortel  sans compter que les trappistes flamands avaient rempli les gourdes des soldats avec leur bière double malt qui leur donnait un punch jamais égalé par le passé.

 

A ce moment Marco aperçut la silhouette du Grand Vizir  et abattit son atout gagnant c’est à dire qu’il sauta sur un monticule et à gorge déployée il hurla :

-«  Grand Vizir Mustapha, moi des Turcs comme toi, j’en bouffe cinq à mon petit déjeuner ! » Puis il saisit son sandwich à deux mains avec les pouces en dedans et écrasa le pain en forme de croissant en y laissant l’empreinte de ses dix doigts et en une bouchée il l’avala. Puis, il arracha quatre tartines des mains de soldats voisins, et idem les engloutit, toujours en hurlant :

-« T’as vu c’que j’en fais moi du Croissant ? » évidemment en faisant référence au croissant symbole de l’islam et à l’alliance perverse avec le roi de France et puis pour conclure, il lança en l’air sa main droite avec les cinq doigts bien écartés et en criant :

-«  T’as vu, moi des pistolets comme toi j’en bouffe cinq pour déjeuner ! »

(Churchill ne pointait que l’index et le majeur car il avait l’habitude de faire signe « deux brioches » au garçon quand il entrait le matin dans le  café en face du 10 Downing street)

 

-« Wadesmada ! » jura le Grand Vizir (en dialecte turc) et puis il prit le choc de sa vie (aussi parce qu’il comprenait un peu de français à cause des petites françaises de son Harem) quand il vit Marco arracher une énorme croix en bois et hurler à ses troupes :

-« En avant, sus à l’ennemi, pas de quartier, no prisoners, sakernondjiuu ! zigouillezlestous ! » Il cria très fort car face à 150 000 mahométans, les croisés n’étaient que 70 000...

Alors le Grand Vizir lui aussi se mit à hurler :

 

-« Alarme ! Ces types sont cinglés ! Ils ne respectent rien, ni les règles du parfait petit soldat, ni le bon sens, ni même les Conventions de Genève, ils sont enragée, ils ont sûrement la rage... sauf qui peut, fuyez, save your soul ! » et lui-même sauta sur le premier cheval et ne s’arrêta que quand il fut arrivé aux portes du Bosphore.

 

Ce fut un beau carnage, mais ce qui allait suivre allait être un pas décisif dans l’histoire de la civilisation européenne et la récompense promise.

 

Quand Marco et Léopold arrivèrent à la tente du Harem ils découvrirent toutes ces petites chéries terrorisées.

 

-« Pace e Bene, sorelle, la paix soit avec vous mes sœurs ! » - dit Marco comme l’avait enseigné Saint François quand il allait dans les bordels pour remettre les âmes égarées sur le droit chemin.

Puis il les baptisa et leur promit qu’elles seraient toutes engagées comme soubrettes au palais impérial à condition qu’elles expliquassent le secret des légendaires performances sexuelles des Turcs.

 

-«  Rien de plus simple – dit Krollekopke en s’expliquant comme elle pouvait en français car elle connaissait les chanson de George Brassens et en faisant battre ses longs cils comme les ailes d’un papillon – c’est le café qui fait bander... »

-« Le café ??? – s’exclama Léopold – qu’est ce que c’est que ça ??? »

-«  Rien de plus simple – dit Krollekopke et elle appela sa demoiselle de compagnie  - Sultanineke, apporte une fois un p’tit café pour ces messieurs. »

Mais comme les Turcs buvaient le café à la turc, il y avait plein de marc dedans et il était affreusement amer.

-« Bèèèèèèèkes ! C’est dégueulasse – hurla l’empereur Léopold I° en crachant du café partout – ils veulent m’empoisonner !!! »

-« Du calme, du calme – dit Marco – je te l’ai déjà dit au sujet de ta femme Eléonore, tu es trop impétueux, calme et sang froid ... allez... donne moi un fois ta p’tite jatte, voilà moitié café et moitié lait à la mode des capucins... avec peut-être un peu de miel ... qu’est ce que tu en dis ? »

-« A la bonheur ! ça c’est un cappuccino digne d’un café-crème ! t’as plus un de tes croissants ? »

 

Avec ce genre de viatique, les croisés repoussèrent les Turcs hors de Budapest (1684-1686) Neuhäusel (1685) Mohacz (1687) et Belgrade (1688) pour finir avec la Paix de Karlowitz (1689) au son du cris de guerre : «  Foutez l’camp, rentrez chez vous et ne revenez plus jamais nous emmerder ! » en réalité puisqu’ils employaient un langage troupier ils disaient des choses beaucoup plus osées et même salasses.

 

-« Je n’en peux plus, mais le Pape commande... » - finit pas avouer Marco qui commençait à en avoir marre du camping.

 

Evidemment, les français  hargneux et râleurs parce qu’une fois de plus ils avaient vu qu’on n’avait pas besoin d’eux , se vengèrent en faisant croire que le croissant-café-crème c’était eux qui l’avaient inventé...

 

Les siècles passèrent.

 

Un beau matin le Pape Jean Paul II qui était assis dans son petit fauteuil en rotin sur la terrasse de Castel Gandolfo à l’ombre d’un pin maritime en fleur dont le pollen faisait éternuer , savourait son croissant-cappuccino. Les petits oiseaux chantaient, on était vraiment bien et le Pape se laissa entraîner dans une profonde méditation sur l’injustice et sur l’arrogance de ces cons de  français (entre autre aussi mécréants, socialistes et franc massons) et par contre sur la noble figure qu’avait été Marco d’Aviano.

 

-« J’m’le béatifie ! » s’exclama JP- Camerlingue, mon écritoire ! »

-« Tout de suite... » - répondit Joseph (Ratzinger) car le camerlingue était en week-end et il apporta l’écritoire avec un stylo bic et le Saint Père écrivit en gothique :

-«  En ce jour du 27 avril de l’an 2003 de grâce du Seigneur, je déclare Béat , Marco d’Aviano pour avoir été le « médecin spirituel de l’Europe » en lui apportant le croissant-café-crème qui fait du bien à la santé mentale, physique et spirituelle. Le peuple des fidèles se souviendra de l’anniversaire de la naissance du Béat, le 17 novembre avec d’adéquates libations et la récitation du rosaire. Indulgence commeci-commeça. Deo grazia ! Amen!”

 

Suite à ce geste courageux qui marqua un tournant dans le destin de l’Europe chrétienne, le peuple demanda que le Pape Jean Paul II fut fait saint tout de suite : Santo Subito !

 

Anne Lauwaert 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Du côté des médias

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