Histoire d'hommes: Les Chibanis, les oubliés de France et surtout d'ailleurs.

Publié le 13 Août 2010

Dans les rue de Puteaux ou d’ailleurs, il y a ces vieux que les bien pensants appellent hypocritement personnes âgées, du troisième âge voire du quatrième et qui s’installent sur les bancs des villes et attendent que la journée se passent.

Ils sont retraités des usines ou ex usines des alentours. Ils touchent une petite retraite et ne peuvent pas en profiter au pays. Celui des origines ! La réglementation l’interdit. Ils doivent être résident un minimum de temps pour pouvoir toucher cette retraite. Toute une vie de labeur, de travail souvent harassant.

Ils sont venus à la demande d’entrepreneurs à la recherche de main d’œuvre à bon marché. Une main d’œuvre docile, manipulable et plus facile que les nationaux encartés dans des syndicats revendicatifs.

Ils sont venus parce que le pays d’origine devenu indépendant ne savait pas leur donner du travail et ne leur offrait que la misère.

Ils sont venus chez les anciens colonisateurs parce qu’après leur départ si ce n’est expulsion par les nouvelles autorités il n’y avait plus rien pour vivre. Sinon, pourquoi seraient-ils partis ?

Ils sont venus travailler avec les Harkis et autres supplétifs de l’armée française qui eux, avaient fait le choix de la France et qui bien souvent furent bien plus maltraités que les immigrés économiques.

 

Maintenant ils sont vieux, parfois malade et ils sont toujours là. Leur rêve de retour s’est terminé dans un cul de sac. La plupart de leurs enfants se retrouvent dans les cités. Certains d’entre eux sèment la panique si ce n’est la terreur. Ils parlent du bled de leurs parents ou grands-parents, ils l’enjolivent, l’idéalisent sans prendre en compte les réalités historiques et les responsabilités de ceux qui gouvernent ces pays indépendants depuis plus de cinquante ans. Si ces pays avaient remplis leurs promesses, ils seraient tous nés la bas au bled !  

Au lieu de cela, leurs petits cousins rêvent et risquent leurs vies pour venir en France tandis qu’eux brûlent le drapeau d’un pays qui les accueillis et nourris.

Gérard Brazon

         

 

 Les Chibanis de Khadija Ichou

 

Les chibanis sont les vieux qui pensaient retourner au bled, mais l’enracinement de leurs enfants en France a chamboulé leurs plans. Rendez-vous au centre commercial. Comme beaucoup, je me rends dans les centres commerciaux. Courses, soldes, les raisons de s’y rendre ne manquent pas. Et à chacun de mes déplacements, des petits groupes bien particuliers attirent mon attention. Qui sont-ils ? Des touristes

en visite dans notre beau pays, des jeunes qui cherchent à tuer le temps ? Rien de tout cela. Ces attroupements sont discrets et passent presque inaperçus si on n’y prête pas attention. On les voit près des escalators, ou sur les plateformes où sont installés des canapés. Ils sont là, à l’aise, discutant de choses et d’autres, parfois durant plusieurs heures. Ce sont des chibanis. Des personnes âgées, si vous préférez. Ils sont pour la plupart retraités, souvent depuis belle lurette. En arabe, un chibani, c’est un vieux dans le sens noble du terme. C’est une expression affectueuse que l’on emploie pour désigner nos parents ou grands-parents, c’est une marque de respect aussi, car on ne touche pas à un vieux, c’est sacré. Ils portent pour la plupart un « cheich » en hiver, sorte de chapeau en fourrure pour les protéger du froid, mais hormis ce détail vestimentaire, ils sont comme tous les autres vieux, habillés chaudement en ces journées d’hiver.

Certains d’entre eux ont débarqué en France il y a une cinquantaine d’années. Ils se sont installés, au départ temporairement, entre 1945 et 1975, avec pour seul but de travailler, gagner suffisamment d’argent et retourner au pays. Lorsqu’ils sont arrivés en France, ils étaient déracinés, tristes, ne sachant souvent ni lire ni

écrire. Puis avec les années, ils se sont construits une vie dans le pays qui les a accueillis, ils ont travaillé dur, la plupart dans l’industrie automobile, les mines, le bâtiment. Petit à petit, leur vie, ils l’ont reconstruite en France, leurs enfants y sont nés, puis leurs petits-enfants. Si on fait le calcul, ils ont davantage vécu en France que dans leur pays d’origine.

Bien sûr, certains d’entre eux partent régulièrement au pays, mais ils reviennent toujours en France, car leur vie, elle est ici. Ils ont fait des rêves de retour mais ces rêves ne se sont jamais réalisés. Leurs enfants sont français. Nés en France, ils en ont étudié l’histoire et ne connaissent pas grand-chose du pays d’origine de leurs parents et grands-parents.

Alors, ces chibanis sont en quelque sorte condamnés à rester. Ils sont partagés entre deux pays, la terre natale et la France. Ils ne peuvent pas faire une croix sur la vie et la famille qu’ils ont construites ici. Ils sont retraités et n’ont pas grandchose à faire de leur journée. Eh oui, ils n’ont pas été élevés dans la culture des

maisons de retraite où l’on se retrouve pour faire des activités, ils ne s’inscrivent pas à des clubs de sport du troisième âge, et partir en globe-trotters en « terre inconnue », comme beaucoup de personnes le font dès qu’elles obtiennent leur retraite et tant qu’elles ont la santé, ils n’y songent même pas.

 

Quand les beaux jours arrivent, ils quittent les centres commerciaux et se regroupent dans les parcs, sur les esplanades des mairies, ou dans les marchés. Parmi ceux que j’ai observés dernièrement, plusieurs avaient une béquille, une canne et semblaient ne plus avoir la force pour grand-chose. Pas même pour faire les courses. Leur entourage, enfants ou petits-enfants, se chargent des courses. Eux, ils ont lâché prise depuis bien longtemps, et la numérisation de l’existence carte bancaire, pass, carte de fidélité, etc , ça les dépasse.

Lorsqu’on discute avec eux, ils bavardent volontiers, car on ne s’est jamais vraiment intéressée à eux. Ils ont des tas d’histoires et anecdotes à raconter, à transmettre. Ils ont vécu des choses difficiles, il y avait la barrière de la langue, qu’ils ont apprise avec les années. Aujourd’hui, pour nous, ce sont des puits de savoir, ils nous apportent beaucoup. Ecoutez-les et vous serez surpris, ils ont un avis sur tout et se sentent parfois bien seuls. Alors ils se rassemblent, comme sur les places des villages, pour discuter politique, enfants, petits et grand soucis. Parfois, au détour d’une conversation, ils ont les yeux qui brillent, leurs pensées sont ailleurs, dans leurs souvenirs, dans leur pays qu’ils ont eu le courage de quitter un beau matin sans se retourner – l’inconscience de la jeunesse, sans doute. Ils savent aujourd’hui que c’est trop tard, la France, ils la quitteront pour leur dernier voyage et probablement dans un cercueil.

 Khadija Ichou

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Patrick Cojean 17/08/2010 09:25



Larbin ! C'est tout ce que vous avez trouvé pour m'insulter ? Des larbins comme moi, qui ont gaspillé leurs plus belles années en Algérie, il me semble que c'est la chaire à canon de vos beaux
discours ! Pour ma part je ne me range pas vraiment de ce côté...homme libre, homme de conviction j'ai toujours cultivé mon indépendance et je n'ai jamais revendiquer de manière tapageuse mon
amour de la France et de son universalité. C'est pas le savoir et l'éducation que les peuples se libèrent, pas par la récitation débile des mots, aussi flous, que République, Laïcité ou
Démocratie.


Et vous, a part vous "lâcher" sur internet et masquer votre racisme primaire derrière des mots d'ordres "républicains" que faites vous pour faire vivre ces valeurs de façon positive ?


 


ps: ne me tutoyez pas et relisez donc vos messages, ils sont parfois illisibles !



Gérard Brazon 17/08/2010 13:24



@Cojean. Tant mieux que vous soyez un homme libre et de conviction.


Tant mieux que vous aimiez la France. Mais pardonnez-nous d'avoir une autre vision de la France que la votre. Nous voulons une France laïque, fière d'elle-même. Une France que l'on ne piètine pas
à longueur d'année. Une France qui honore ces morts pour elle. Une France qui n'a pas à avoir honte de son Histoire même si... tout n'a pas été magnifique (mais quel pays peut le dire?) Une
France millénaire qui a apporté les "droits de l'homme". Une France qui ne doit pas subir le joug des immigrés de ses ex colonies tout simplement parce que leur intelligence critique devrait
AUSSI s'adresser à ceux qui gouvernent leurs pays d'origines. Hors c'est le grand silence.


La France est si malade d'elle même, de ce poison inoculé par des "droits-de-l'hommiste" qu'elle se meurt doucement. L'Algérie Française c'est du passé. La France de demain ne doit pas être une
France islamisée. Là est mon combat pour la laïcité. Loin des clichés racistes et xénophobes. Ce que je ne suis pas le moins du monde. Et ce n'est pas une figure de rhétorique. Bien à vous.



cogean tu est né pleutre tu finira de mémeFrancishou la la ch&reFrancis Claude 17/08/2010 06:31



cogean,


tu est né larbin ca c'es sur et tu finira larbin pour moi je n'ai aucunes prétention ci ce n'est que de poser ma pierre pour une France Française républicaine laique démocratique et souveraine


Francis



Gérard Brazon 17/08/2010 13:02



@ Francis.


Soyons plus kool s'il vous plaît Francis. Ce blog n'est pas un dévidoir. Il sert à laisser un espace de liberté d'expresion. On peut tout dire mais avec de la modération. Inutile d'insulter celui
qui n'est pas d'accord ou s'oppose. Qu'importe Francis, vous n'allez pas le convaincre de cette façon.


Bien à vous.


Gérard



Cojean 16/08/2010 21:57



Mais vous n'êtes pas un résistant, pas même un républicain juste un individu qui vit dans ses fantasmes de guerre civile et qui nourrit son racisme ordinaire de délires sur les croisades
religieuse. Pour votre gouverne, les musulamans représentent seulement 8 % de la population française...une goutte d'eau.



Gérard Brazon 17/08/2010 13:32



@ Monsieur Cojean. Je n'ai qu'une réponse à vous donner puisque vous ne faîtes pas l'effort de me comprendre. Relisez donc ma première réponse et ce qui suit. Je ne cesse de progresser sur cette
plateforme francophone dOver-blog. Pensez-vous vraiment que ceux qui me lisent sont tous des imbéciles?


Bonjour,
Avez-vous regardé le classement des "Top blogs" ce matin ? Votre blog puteaux-libre.over-blog.com figure en 866ème position ! Félicitations ! Il est donc visible sur le portail d'OverBlog, au
moins jusqu'au prochain classement, dans 15 jours, sur ces pages :
http://www.over-blog.com/top.html
Encore bravo pour votre travail !
Bonne continuation,
L'équipe d'OverBlog


 



hou la la ch&reFrancis Claude 16/08/2010 20:50



bon c ogean t'a rien compris bien sur je ne fesait qu'un parallele a ce que tu serait de nos jours dans cette circonstance.........ceci dit ce n'est la perte de l'Algérie qui m'insurge c'est le
délabrement de notre France par des individus de confession musulmane en majorité de souche algérienne en paticulier et cela est un constat de faits que tu le veuille ou non.......


l'incident est clos merci


Francis



Patrick Cojean 16/08/2010 16:29



C'est donc bien cela, votre discours laïc est de circonstance, votre défense des chibani un leurre...et la seule réalité qui perse de vos discours se résume à un épisode historique, la
décolonisation de l'Algérie, qui n'est pas passé...Alors pourquoi tant de simagrées ? Pourquoi se caché plus longtemps, il est temps d'agir a visage découvert.


PS : Pour votre gouverne je suis allé en Algérie, j'y ai fait mon temps, avec plusieurs de mes camarades et amis que j'ai perdu là bas. Lorsque je rendre dans mon village Breton ce sont leurs
noms qui me sautent au visage lorsque je croise le monument au mort. Jeunesse gâchée, jeunes ouvriers et jeunes paysans mutilés, ceux de mes amis encore vivant n'ont pas de haine envers les
algériens, ceux qu'ils méprisent ce sont les cocardiers qui les ont envoyé se faire casser la gueule...et ceux qui comme vous entretiennent le mythe délirant de l'Algérie Française.



hou la la ch&reFrancis Claude 16/08/2010 13:20



pauvre  cogean,


je sait pas quel age tu as mais je te verrais bien dans la paeu d'un porteur de valise du fln..........


pauvre type


Francis



Cojean 16/08/2010 10:05



Pauvre Brazon,


tout ce que vous touchez, vous le salissez !



Gérard Brazon 17/08/2010 13:08



La différence essentiel que j'ai avec vous c'est que je n'ai aucun mépris pour celui qui ne partages pas mes idées. Ce blog n'a pas la prétention d'être "Universel"! Juste une voix, un billet
d'humeur aussi.


Il faut croire qu'il est plus important que je l'imagine moi-même pour que vous réagissiez de cette façon. Argumentez plutôt sur les sujets au lieu de me prendre de haut. Même si nous ne devions
pas tomber d'accord, il y aura tout de même une chance que votre argumentation soit prise en compte par d'autres lecteurs. cela s'appelle construire et participer. Cela devrait vous
convenir! A moins que le plèbe vous répugne. (sourire)


Bien à vous



Francis Claude 13/08/2010 22:13



merde encore un intello qui va donner des leçons.......mais c'est tout bien sur pauvre France et bravo Gérard  pour vlotre réponse courte et concise.


FRancis



cojean 13/08/2010 15:45



Tiens vous vous êtes trouvé une nouvelle cause ?


Après la défense des droits des femmes, celle des animaux vous voici maintenant parmi les défenseurs des immigrés retraités ?


Vous ne verrez donc pas de problème à ce qu'on relaye l'action de l'association nationale "Justice pour les Chibani".


 


NON AUX CONTROLES DISCRIMINATOIRES DES VIEUX MIGRANTS SOUS COUVERT DE LUTTE CONTRE LA FRAUDE



Le collectif « Justice et dignité pour les chibani-i-as » et les
associations signataires dénoncent l’acharnement croissant de certaines caisses de retraite, caisses d'allocations familiales et administrations fiscales vis-à-vis des vieux migrants démunis.
Sous prétexte de lutte contre la fraude, la chasse aux vieux immigrés pauvres habitant les foyers semble avoir commencé.
Dans un climat de mépris généralisé vis-à-vis des habitants des
foyers, se répandent les contrôles discriminatoires et les demandes abusives de certaines caisses de sécurité sociale (CRAM, CAF, MSA) aboutissant à des redressements et des
suppressions de prestations insupportables pour des personnes en situation de précarité.
A Marseille ou à Gennevilliers, les pratiques illégales d’administrations fiscales ont été heureusement condamnées par la HALDE . Dans le Val d’Oise, le contrôle d’une CAF de type « descente de
police » a conduit à priver de ressources les résidents d’un foyer . Dans une nouvelle délibération , la HALDE a montré que ces contrôles présentaient un caractère discriminatoire :


ils ciblent des foyers de travailleurs immigrés,

ils se caractérisent par des exigences illégales des contrôleurs

ils sont suivis de suppressions abusives des prestations sans même que les personnes en soient correctement informées.



Malgré ces interventions, ces pratiques contestables semblent se généraliser comme en témoignent les récentes opérations dans des foyers à Toulouse, Marseille, Dijon ou
ailleurs.
Certes, les dispositions légales prévoient de contrôler la résidence en France des bénéficiaires de la quasi-totalité des prestations sociales. Mais, outre que cette condition de résidence ne
peut remettre en cause la liberté fondamentale d’aller et venir et que des séjours à l’étranger pour des vacances ou d’autres motifs sont évidemment autorisés, cette condition vaut pour tous.
Pour les Français comme pour les étrangers !
Ces contrôles posent plus généralement le problème du cadre juridique actuel inadapté, qui ne permet pas la reconnaissance d’un réel droit d’aller et venir et revient à assigner à résidence les
anciens travailleurs migrants. Ni la carte de séjour de retraité créée en 1998, ni l’aide à la réinsertion familiale et sociale pour les migrants votée en 2007 ne peuvent régler ce problème car elles reviennent à
priver les migrants quittant le territoire de quasiment tous leurs droits .
Un droit effectif de va-et-vient passe nécessairement par le maintien du droit au séjour et des droits sociaux (protection maladie, minimum vieillesse, logement). Dans ces conditions, les
pratiques discriminatoires de contrôle de la résidence et de suspension des prestations pour les vieux migrants n’en apparaissent que plus indécentes.
Les associations signataires exigent l’arrêt de ces pratiques discriminatoires et inhumaines (6).



Gérard Brazon 13/08/2010 19:53




@ Cojean


Si je vous disais ce que je pense de la HALDE... Pour autant, je ne vois pas en quoi je ne serai pas sensible à ces vieux qui ont bossé toute une vie dans nos usines. Même si, vous avez lu
jusqu'au bout, j'aurais préféré que nous ayons eu la politique économique japonaise que le recrutement d'immigrés. D'autant plus que parmi ceux-ci, il y avait sûrement des gens qui avaient
collaboré d'une manière ou d'une autre avec le FLN. J'aurais préféré que ce soit les Harkis qui soient employés en majorité. Ceux là étaient des français de sang et non des immigrés économiques
déçus par une indépendance qu'ils avaient revendiquée.