Histoire d'une longue journée. Par Caroline Alamachère -

Publié le 23 Avril 2012

Histoire d'une longue journée.

Elections : j’ai vu de drôles de choses dans ma petite ville de Seine-Saint-Denis…

La journée fût un peu éprouvante pour les nerfs mis à vif depuis déjà plusieurs jours. Sur les réseaux sociaux des mystérieux et bucoliques commentaires fleurissaient sans complexes « Le cycliste a roulé sur une épine de rosier », « Marché de St-Martin des Antilles : 35 flans, 34 rolex, 12/13 morues, 6 tomates, 6 oranges ». Il était aussi question de bulletins ornés de petits cœurs ou de baisers en guise de témoignage d’indéfectible amour pour son chouchou, les règles électorales étant de moins en moins connues des jeunes générations, à moins que ces démonstrations éloquentes ne soient que le geste désespéré des plus anciens.

Ma ville de Seine-St-Denis était redécorée depuis des semaines avec le visage de Mélenchon, même et surtout sur des emplacements interdits, boutiques, murs privatifs, matériel public, arbres, trottoirs… Le lycée de mon fils n’a pas été épargné puisque les salles de classe, les chaises, les tables, tout était aux couleurs du Front de Gauche. Qui a collé ces autocollants dans le lycée et par quel moyen, avec quelle complicité ? Mystère et boule de gomme.

Partout les Mélenchoniens harponnaient les passants, sorties de métro, marchés, supermarchés, avec l’agressivité et la ténacité des morpions. Des murs ont été saccagés à la peinture.

Il va falloir rembourser tout ça Jean-Luc… 

Ce matin je suis donc allée voter. Dès l’entrée dans le préau mes yeux se sont posés sur un panneau où était écrit « Mieux vivre ensemble à la cantine ». Comme Scarlett O’Hara, je me suis dit que je réfléchirai à cette phrase plus tard.

La table où se trouvaient les bulletins étant placée juste à côté de la porte d’entrée, chaque fois que quelqu’un l’ouvrait les bulletins d’Eva Joly s’envolaient et atterrissaient par terre, ce qui amusait tout le monde. J’ai été frappée par la très forte mobilisation, il y avait une queue de plusieurs dizaines de mètres alors que d’habitude à peine entrée je suis déjà dehors.

Pendant que nous faisions la queue en regardant le rituel de la mise en urne nous avons observé un petit cafouillage puisque la dame qui faisait signer le registre a fait signer tout le monde dans « 2e tour ». Elle s’emmêlait joyeusement les pinceaux, se trompait de noms, ne regardait pas les bons numéros et faisait signer les gens à côté d’un nom qui n’était pas le leur ! Ainsi deux personnes ont signé pour quelqu’un d’autre.

Sa collègue un peu gênée devant le nombre de témoins de la scène a justifié « on est débordés aujourd’hui ! ». Chercher un numéro dans une liste n’est tout de même pas une tâche insurmontable et le rythme était plutôt lent. Le monsieur à côté faisait des barres sur une feuille volante en guise de comptage. Bref, tout cela sentait bon l’amateurisme.

Amateurisme également dans le 20e arrondissement de Paris puisque des personnes ont pu voter sans même avoir été inscrites, les noms n’étaient pas vérifiés avant la mise dans l’urne du bulletin « Au 33 rue Piat, bureau 74, c’est la bousculade. A l’entrée, un employé de la mairie de Paris déconseille carrément de voter maintenant, car « il y a beaucoup de monde ». […] le président tente désespérément de recruter pour le dépouillement. Mais là, drame : une personne vote alors qu’elle n’est pas inscrite sur les listesC’est la deuxième fois de la matinée, « la fois de trop », pour l’une des assesseurs, qui enjoint ses collègues « d’arrêter de faire des conneries maintenant ! » (1).

Par ailleurs, une blogueuse témoigne de sa mésaventure dans un bureau de vote du 15e où on lui a refusé sa procuration datée du 12 avril en raison du « manque de temps » pour noter la simple mention « procuration » sur le registre. L’excuse donnée « Nous sommes désolés, l’erreur est humaine, peut-être a-t-on manqué de temps »… Avec humour cette blogueuse propose de mentionner sur le document « sous réserve d’enregistrement aléatoire ». (2)

France Soir y va de son petit micro trottoir et balance en pâture les noms de deux habitantes de St Denis ayant voté Marine Le Pen, histoire sans doute d’appeler implicitement leurs voisins à punir ces méchantes.

Ce premier tour, risquent fort de générer des plaintes pour fraudes ou malfaçons, avec derrière la crainte d’avoir été spolié de ce que l’on appelait jadis la démocratie.

Caroline Alamachère

(1) http://www.20minutes.fr/article/921027/article.php

(2) http://catherinesiguret.blog.lemonde.fr/2012/04/22/scandale-au-bureau-de-vote/

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Marie-claire Muller 23/04/2012 14:29


Y at-il eu bourrage des urnes façon Aubry? Mais alors on nous a trompé!!mais alors il doit y avoir un moyen de contester "ces étourderies".Vu les antécédents de certains élus ps on se demande si
ces élections n'étaient pas truquées,si les électeurs confiants n'ont pas été bernés pour étayer mon commentaire;




http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/02/22/rose-mafia-l-epine-dans-le-pied-du-ps.shtml


 


 


Scandales du PS


 


A propos de l’Affaire Kucheida dans le Pas de Calais : « Ces évènements permettront de façon regrettable et rageante à nos
adversaires d’ouvrir un nouveau front contre la corruption d’élus socialistes, de même nature que celui ouvert contre la Fédération des Bouches-du-Rhône, dans une région qui est cette fois la
tienne et dont nul ne croira que tu pouvais ignorer la gravité de faits. » Lettre d’Arnaud Montebourg à Martine Aubry, 21 novembre
2011 


 


« Je m’inquiète que le parti
socialiste soit solidaire d’élus dont les liens avec le grand banditisme apparaissent. Je suis désolé, il y a un système affairiste au sein du parti socialiste qui n’a rien à voir avec le
socialisme. » Arnaud Montebourg dans L’Echo républicain, 7 juillet 2011.


 


« Je pourrai envisager de démissionner lorsque tous les élus du PS
condamnés définitivement, et ils sont nombreux malheureusement, auront également démissionné de toutes leurs fonctions exécutives. » « Il y a 57 élus socialistes, maires de grandes villes,
parlementaires ou présidents de conseils généraux, qui ont été mis en examen ou condamnés et qui continuent à occuper d'éminentes fonctions ». Jean-Noël Guérini, le 3 novembre 2011.


 


« Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la
corruption. Et malheur aux élus qui y succomberont ! » François Hollande, discours du 22 janvier au Bourget


 


 


Détournements de fonds :


 


_ Jean-Pierre Kucheida –
Député-Maire du Pas-de-Calais : Détournement de fonds – mis en cause dans l’affaire sur les pratiques de la Fédération PS
du Pas-de-Calais, suite aux révélations de Gérard Dalongeville, ancien maire PS d’Hénin-Beaumont, à la juge


Véronique Pair, et rendus publiques dans son livre « Rose Mafia » « il est temps de révéler la vérité, sur les
moeurs troubles des responsables socialistes du Pas-de-Calais, sur les commissions versées par des entreprises pour obtenir des marchés publics, sur des détournements de fonds
publics, sur des comptes au Luxembourg, sur l’enrichissement personnel de plusieurs responsables politiques […] il est temps de nettoyer les écuries
d’Augias. » (Rose Mafia p.12) Quand les premières révélations tombent, François Hollande a appelé Jean-Pierre Kucheida pour lui dire : « Tiens bon, on va laisser
le vent retomber, ça va passer » (le JDD, 11 décembre 2011).


 


_ Gérard Dalongeville, ancien
maire d’Hénin-Beaumont, placé en détention provisoire depuis le 9 avril 2009, mis en examen pour détournement de fonds
publics, corruption, faux en écriture privée et usage de faux, favoritisme et recel de favoritisme dans l’affaire sur les pratiques de la fédération PS du Pas-de-Calais. Le 23 février 2012
dans Nord Eclair il a dit « François Hollande était parfaitement au courant. »


 


_ François Bernardini – Maire
d’Istres : Détournement de fonds publics – Condamné en 2001, en appel, à dix-huit mois de prison avec sursis, 400
000 francs d'amende et cinq ans d'inéligibilité.


 


_ Patrick Sève – Maire de
l’Haÿ-les-Roses : Détournement de fonds publics – Mis en examen le 8 septembre 2011 pour « octroi d’avantages
injustifiés et soustraction de fonds publics », pour un montant d’environ 2 millions d’euros, et pour avoir bénéficié de pots de vin dans l’octroi de marchés publics dans sa
commune.


 


_ François
Pupponi – Député-Maire de Sarcelles : Extorsion de fonds et menaces – Mis en cause et placé sous le statut de témoin
assisté pour menaces en mars 2011, dans l’affaire du Cercle Wagram un cercle de jeu parisien soupçonné de « blanchiment » et « extorsion de fonds ». Accusé de « subordination de
témoin » par son directeur de cabinet, il aurait essayé de persuader sa belle-fille de démissionner du cercle Wagram, comme l