Histoire de Primes: un retour au bon sens et à la justice sociale

Publié le 18 Avril 2011

Dimanche
            Le ministre du Travail Xavier Bertrand a annoncé dimanche qu'il pourrait y avoir "avant l'été" une loi créant une prime pour les salariés des entreprises versant des dividendes à leurs actionnaires et en a précisé les modalités possibles.

Interrogé sur cette mesure annoncée cette semaine par le ministre du Budget François Baroin, Xavier Bertrand a répondu : "Je pense qu'il faut une partie législative pour dire +si les dividendes augmentent, il faut donc une prime pour les salariés".

"Je pense qu'elle pourrait être prise avant l'été", a ajouté le ministre, invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, précisant que "les arbitrages vont avoir lieu dans les jours qui viennent". "Ce que je propose, c'est que le principe soit obligatoire (...) et que les modalités précises soient discutées dans les entreprises", a expliqué Xavier Bertrand. Ce pourrait être "une prime directe" ou "une prime d'intéressement" ou encore une "prime de participation" par exemple, a-t-il dit.

"On peut imaginer des exonérations, fiscales pour l'entreprise et sociales pour les salariés, à hauteur de 1.000 euros", a-t-il encore suggéré. Cette mesure concernerait "les entreprises dans lesquelles il y a des dividendes qui progressent", a-t-il ajouté, tout en précisant : "On sait pertinemment que celles qui sont principalement concernées sont les grandes entreprises". Pour "les autres entreprises, il faut que ce soit les salaires qui bougent", a précisé le ministre.

Jeudi, François Baroin avait indiqué qu'il était désormais "acté" qu'une loi de finances rectificative en juin comprendrait des mesures pour que "les salariés profitent pleinement et mieux de l'augmentation" des bénéfices.

Le Medef comme la CGPME se sont dits hostiles à l'idée d'une prime contre dividendes, tandis que les syndicats ont déploré qu'elle ne concerne que les salariés des plus grandes entreprises.(Toujours cette complicité qui ne dit pas son nom. Note de Gérard Brazon)  Interrogé sur la proposition d'un groupe de députés UMP de contraindre les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) à effectuer un travail d'intérêt général, Xavier Bertrand a estimé qu'elle était "de bon sens, c'est-à-dire qu'il y ait en face d'une prestation reçue, un service fourni à la collectivité". (C'est tellement évident! Mais là aussi les syndicats et la gauche avaient hurlé à l'exploitation préférant l'oisiveté que la rencontre et l'émulation Notre de Gérard Brazon)

Mais "ma priorité du moment, c'est de ramener les demandeurs d'emploi, notamment au RSA, vers l'emploi", en particulier via des contrats aidés, a-t-il cependant continué.

Il a par ailleurs fustigé la proposition de Dominique de Villepin d'un "revenu citoyen" de 850 euros, jugeant "inimaginable de trouver 30 milliards d'euros" que coûterait une telle mesure. (Dominique de Villepin sur cette proposition fait preuve de ridicule. Pour autant, tout n'est pas à jeter dans son amorce de programme comme les référendums d'origines populaires par exemple. Note de Gérard Brazon)

De plus, "ce n'est pas ça qui répond à la priorité de ramener vers l'emploi" donc "bien évidemment, je ne peux pas y souscrire un instant".

Interrogé sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, "il faut aller jusqu'au bout de la logique de la RGPP (révision générale des politiques publiques, ndlr) que nous avons fixée, c'est jusqu'en 2013" mais "bien évidemment ça ne continuera pas comme ça jusqu'à la nuit des temps".

Enfin, "il y a de très fortes chances" que le Smic soit revalorisé de 2% au 1er juin, même si cela dépendra des chiffres exacts l'inflation, comme le prévoient les textes, a encore dit Xavier Bertrand.

 

Lundi

Le projet gouvernemental d'une prime pour les salariés des entreprises distribuant des dividendes fait son chemin dans la confusion, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'efforçant de rassurer le patronat hostile à tout dispositif obligatoire imposé par l'Etat.

Développant une idée du président Nicolas Sarkozy, le gouvernement a dévoilé la semaine dernière qu'il planchait sur la création d'un tel mécanisme, afin de mieux répartir les bénéfices des entreprises. Le ministre de Budget François Baroin avait évoqué un montant d'"au moins 1.000 euros" pour cette prime.

Lundi, Christine Lagarde a pris le contre-pied de cette idée: "Je ne pense pas qu'on puisse lui donner un caractère obligatoire dans son montant", a-t-elle déclaré. "C'est très important de mon point de vue que les montants, les modalités, la façon dont tout cela s'organise soit négocié entre d'une part les patrons et d'autre part les représentants des salariés",(Complicité ou sincérité ?)  a-t-elle défendu.

Le mécanisme auquel le gouvernement réfléchit est une exonération de charges sociales "pour que les entreprises puissent payer des primes exceptionnelles à leurs salariés, à titre négocié", a encore précisé la ministre. (Reste à savoir qui va combler le manque à gagner. Les contribuables dans leur ensemble? Ce qui reviendrait à faire plus d'impôts à ceux qui toucheront la prime mais aussi à ceux qui ne la toucheront pas Note de Gérard Brazon)

Quant au montant de 1.000 euros évoqué par François Baroin, elle a déclaré que, pour elle, cette somme devait être considérée comme un plafond jusqu'auquel l'Etat fera des exonérations de charge.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand le 15 avril 2011 à Rennes (Photo Damien Meyer/AFP)

Ces propos ont semblé rassurer le patronat, qui avait affiché la semaine dernière une opposition farouche au projet.  "C'est une bonne nouvelle", a réagi la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui avait exprimé sa "stupéfaction" devant une mesure "incompréhensible", lorsque les premières informations sur le projet gouvernemental étaient apparues.(Et pour cause Note de GB)

"Reste à voir le mécanisme qui pourrait être envisagé par le gouvernement dans cette idée de lien avec la distribution de dividendes", a-t-elle toutefois nuancé.

Le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Jean-François Roubaud, a également jugé "rassurants" les propos de Christine Lagarde. "Tous les jours, c'est un petit peu mieux", a-t-il déclaré à l'AFP. Dimanche, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, avait précisé que la mesure concernerait "les entreprises dans lesquelles il y a des dividendes qui progressent", sous-entendu les grandes entreprises principalement.

Pour "les autres entreprises, il faut que ce soit les salaires qui bougent", a précisé le ministre.  "Si on augmente les salaires, on est piégé définitivement", a estimé le président de la CGPME, qui s'est dit favorable à un mécanisme d'exonérations de charges sociales, mais "pour toutes les entreprises", pas seulement les grosses entreprises qui distribuent des dividendes. "Sinon, on va creuser un écart encore plus important entre les entreprises qui font des très bons résultats, qui sont en général des très grandes entreprises et les PME et TPE (très petites entreprises)", a-t-il prévenu. Les syndicats de leur côté sont toujours aussi réticents devant le projet d'une telle prime, lui préférant des hausses de salaires.

"S'il y a une prime, les gens la prendront, c'est évident. Mais ça ne règle pas le problème du pouvoir d'achat", a estimé Jean Claude Mailly, secrétaire général de FO. (Comme dirait l'autre cela va y contribuer Note de GB)

De son côté, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a indiqué que l'idée de la prime allait faire "beaucoup de déçus et très peu d'élus", incitant également le gouvernement à décider d'un "coup de pouce" pour le Smic. (Dont on connait les effets désastreux sur la pyramide des salaires fragilisant pour le coup les PME et Petite Moyenne Industries. Note de GBLe Smic devrait augmenter autour de 2% au 1er juillet prochain, a déclaré lundi Christine Lagarde, mais pour s'ajuster mécaniquement à l'inflation.

Journal du Net

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Nancy VERDIER 20/04/2011 00:08



Il faut déjà augmenter le SMIC. En région parisienne, ce n'est pas tenable, étant donné la cherté de la vie et des loyers. Pour les primes, cela semble logique. Il vaudrait mieux faire une
augmentation de capital, et allouer des participations (Actions) à tous les salariés qui toucheraient ainsi des dividendes. Je croyais que c'était déjà le cas dans les grands groupes, car la
question avait été évoquée il y une dizaine d'année,  quand le Cac 40  flambait... Puis il y a eu l'écroulement après 2001. C'est peut-être pour cette raison que le propjet avait
été enterré. Comme quoi, la veille d'une élection présidentielle on actionne ses méninges. Mais il n'est pas certain que les dividendes soient toujours aussi importants...Enfin, c'est mieux que
rien et cela semblerait juste quand même.



island girl 19/04/2011 16:17



Diviser pour essayer de faire diversion...encore un pétard mouillé!