Histoire judiciaire et barbarie en Iran. La Charia sans sa plénitude.

Publié le 6 Août 2011

Œil pour œil, dent pour dent. Telle aurait dû être la loi appliquée à l'encontre de Majid Movahedi, un Iranien qui avait, en 2004, défiguré et aveuglé à l'acide une jeune femme qui refusait ses demandes en mariage. Mais la victime, Ameneh Bahrami, en a voulu autrement. Elle a pardonné à son agresseur et renoncé à l'application de la loi du talion, selon laquelle ce dernier aurait dû être aveuglé dimanche.

Le procureur de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, a confirmé que la jeune femme avait renoncé à réclamer l'aveuglement de son agresseur quelques instants avant l'application de la sentence à l'hôpital de Téhéran dépendant de l'autorité judiciaire. La jeune femme a en revanche exigé d'être dédommagée selon le principe du «prix du sang», a-t-il ajouté.

Ameneh Bahrami a expliqué dimanche qu'elle avait «lutté pendant sept ans pour obtenir ce verdict», mais avait décidé d'accorder son pardon à la dernière minute parce que le verset du Coran sur le talion «dit qu'il faut pardonner». «Je l'ai aussi fait pour le calme de ma famille, et également pour mon pays car apparemment tous les autres pays regardaient ce que nous faisions», a-t-elle souligné.

En application de la loi du talion prévue par la charia (loi islamique) en vigueur en Iran, Majid Movahedi avait été condamné en 2008 à être aveuglé par le versement de gouttes d'acide dans les yeux. La peine aurait dû être appliquée le 14 mai dernier, mais les autorités judiciaires avaient décidé à la dernière minute de la reporter, sans donner d'explications. La décision d'exécuter cette peine, qui aurait été une première en Iran selon certains médias, avait été dénoncée par Amnesty International et de nombreuses associations de défense des droits de l'Homme comme un «châtiment cruel et inhumain équivalent à un acte de torture».

Une autre peine similaire prononcée en 2010

Ameneh Bahrami, âgée d'une trentaine d'années et qui vit en Espagne où elle a subi de nombreuses opérations, avait alors affirmé que les autorités judiciaires iraniennes faisaient pression sur elle pour qu'elle renonce à l'application de cette peine. Elle avait réaffirmé dans un premier temps sa détermination à ce que son agresseur soit aveuglé, précisant que ce n'était «pas par vengeance» mais dans l'espoir que cela dissuaderait d'autres attaques de ce genre contre des femmes à l'avenir. Elle avait ensuite indiqué qu'elle était prête à renoncer à son droit si elle obtenait de son agresseur deux millions d'euros de compensation pour «assurer (son) futur».

La loi du talion est le plus souvent appliquée en Iran pour des affaires de meurtres. La famille de la victime doit demander expressément son application, qui est ensuite laissée à l'appréciation du juge. La peine d'aveuglement de Majid Movahedi avait été confirmée par la Cour suprême en 2009. La Cour suprême a également confirmé en décembre 2010 une condamnation similaire d'un homme reconnu coupable d'avoir aveuglé à l'acide l'amant de sa femme. Aucune indication n'a été donnée sur l'application éventuelle de cette sentence.

Plusieurs attaques à l'acide ont été signalées ces dernières années en Iran, et la presse a soutenu Ameneh Bahrami en publiant notamment des photos de son visage avant et après qu'elle soit défigurée.

Le Figaro International

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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germon 07/08/2011 14:42



Et l'Iran a toujours son siège à l'ONU, comme la Syrie d'ailleurs. Des femmes aveuglées à l'acide ? circulez.