Histoire: Les origines de gauche du National-Socialisme! (Partie 1) Christian Marot

Publié le 28 Décembre 2011

Christian Marot de Riposte Laïque

1 – Introduction

Ce n’est pas pour rien qu’après le Deuxième Guerre Mondiale, de nombreux Nazis ont trouvé refuge au Proche-Orient. Ce n’est pas pour rien que des scientifiques allemands, après avoir collaboré à la mise au point des V1 et V2 pour le compte d’Hitler, ont travaillé en Égypte à un programme initié par Nasser[1]. de missiles destinés à frapper l’État hébreu. Ce n’est pas pour rien que nombre d’entre ces «réfugiés» se sont même convertis à l’islam, et ce, non point par opportunisme, mais avec sincérité. Ce n’est pas pour rien que Mein Kampf est un best-seller[2] dans les pays musulmans (alors qu’il est interdit dans la plupart des pays européens). Le national-socialisme et l’islam ont toujours entretenu les meilleurs rapports et ont d’ailleurs de nombreux points communs qui les rapprochent. L’antisémitisme est assurément l’un d’entre eux, et non pas le moindre[3]. Cependant, leur convergence idéologique est plus profonde. La démarche intellectuelle qui mène au national-socialisme et celle qui conduit à une conversion à l’islam se ressemblent fort et font appel aux mêmes concepts et aux mêmes pulsions.

Cela, ce n’est pas moi qui le dis, mais Adolf Hitler lui-même.

2 – Ainsi parlait Adolf Hitler…

Dans les Propos de table, ce dernier déclare (conversation du 5 juin 1942) : Et cette fois, nous éprouvons une violente sensation de colère à la pensée que les Allemands ont pu s’enliser dans des doctrines théologiques privées d’une quelconque profondeur quand sur la vaste Terre il y en a d’autres, comme celle de Confucius, de Bouddha et de Mahomet, qui, à l’inquiétude religieuse offrent un aliment d’une bien autre valeur.

Toujours dans ces Propos de table, le Führer, le 1er août 1942, réitère son admiration pour l’islam. Nous ne comprenons pas, dit-il, que les prêtres s’imaginent Dieu à la ressemblance d’un homme. De ce point de vue, les disciples de Mahomet sont, de loin, supérieurs aux prêtres, parce qu’ils n’éprouvent pas le besoin de figurer Allah physiquement.(…) L’époque arabe fut l’âge d’or de l’Espagne la plus civilisée. Puis vint le temps des persécutions toujours recommencées. (Il est assez étonnant de constater que ce propos est repris par les éléments de la gauche française et certains de droite en toute opposition à la réalité de ce qui se passsait en Espagne. L'esclavage entre autres et la condition d'inférieurs par définition (dhimmis) des juifs et des chrétiens. Un peu comme si on pouvait admirer Hitler pour la construction de ces autoroutes et la fabrication de la première "voiture du peuple" destinée aux bons ouvriers. Notons qu'à droite, si on peut le classer dans cette catégorie, Jacques Chirac est un tenant de cette théorie de la grande Al Andaluz et que de ce fait tout comme la gauche dans son ensemble, il donne donc raison à Hitler. Ndlr Gérard Brazon). Le 18 août 1942, il disait : la civilisation a été un des éléments constitutifs de la puissance de l’Empire romain. La même chose se produisit en Espagne, sous la domination des Arabes. La civilisation y a atteint un niveau rarement atteint. Une époque, indiscutablement, d’humanisme intégral, dans laquelle régna le plus pur esprit chevaleresque. L’intrusion du christianisme y a apporté le triomphe de la barbarie. L’esprit chevaleresque des Castillans est en effet un héritage des Arabes. (Venant d'Adolph Hitler, la notion d'intrusion de la barbarie par le christianisme est tout simplement révoltante. Ndlr Gérard Brazon)

C’est idiot et, d’un point de vue historique radicalement faux, mais qu’importe, ce qui compte, c’est qu’Hitler le pensait. Hitler regrettait que Charles Martel n’eût pas été battu à Poitiers, en 732. En effet, selon le Führer, si Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit, le christianisme, est une chose tellement insipide !) il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêché par le christianisme. Veut-on d’autres citations d’Adolf Hitler sur ce sujet ? En voici :

Tout l’islam vibrait à l’annonce de nos victoires. Les Egyptiens, les Irakiens et le Proche-Orient tout entiers étaient prêts à se soulever.  [...] C’est en effet une particularité du monde musulman que ce qui touche les uns, en bien ou en mal, y est ressenti par tous les autres, des rives de l’Atlantique à celles du Pacifique.

Ou encore : Je suis persuadé que […] les peuples régis par l’Islam seront toujours plus proches de nous que la France, par exemple, en dépit de la parenté du sang qui coule dans nos veines.

3 – Les convergences doctrinales

Heinrich Himmler (dont, paraît-il, le Coran était le livre de chevet), avouait, en 1943, qu’il n’avait rien contre l’islam parce que cette religion se charge elle-même d’instruire les hommes, en leur promettant le ciel s’ils combattent avec courage et se font tuer sur le champ de bataille ; bref, c’est une religion très pratique et séduisante pour un soldat.

Interviewé en 1978, Léon Degrelle déclarait : une chose aussi que le public ignore : 60.000 de nos camarades [Waffen SS] étaient des musulmans. Hitler était très sensible à… à l’islam, ça c’est vrai. Mais d’autre part, il savait les possibilités immenses que représentait l’islam pour une Europe unie.

On pourrait se livrer à une lecture comparative du Coran et de Mein Kampf. L’exercice est édifiant ! D’ailleurs, dans l’édition française de Mein Kampf, publiée avant la Seconde Guerre Mondiale, figure un avertissement dans lequel on peut lire : [Mein Kampf], répandu en Allemagne à plus d’un million d’exemplaires, a eu sur l’orientation soudaine de tout un peuple une influence telle qu’il faut, pour en trouver l’équivalent, remonter au Coran.

Mahomet et Hitler avaient la même vision prophétique de leur mission.

Ils ont utilisé les mêmes procédés. Par exemple, le national-socialisme comme l’islam ne tolèrent aucun rival. L’un comme l’autre se sont attaqués au judéo-christianisme (mais en aucun cas le Führer ne s’en est pris à l’islam, bien au contraire). L’un comme l’autre ont unifié leur ennemi. Ceux qui sont infidèles en aident d’autres (Coran, sourate VIII, versets 73 à 75), tandis que le Führer attaquait la «ploutocratie juive» et accusait pêle-mêle juifs, catholiques, protestants, libéraux, socialistes, communistes et démocrates de tout poil de se coaliser pour imposer le marxisme et la domination juive mondiale.

Dans Mein Kampf, Hitler l’a d’ailleurs écrit noir sur blanc : L’efficacité d’un véritable leader national consiste principalement à empêcher la division de l’attention d’un peuple, en le concentrant toujours sur un ennemi simple. Le combat sera plus uniforme, la force sera plus grande, la cause plus magnétique et le coup plus puissant. Cela fait partie du génie d’un grand leader de faire en sorte que les adversaires dans différents domaines apparaissent comme appartenant à une seule catégorie. C’est exactement ce qu’a fait Mahomet !

L’un comme l’autre avaient le culte de la violence et de la mort. Dans son livre, Hitler écrit L’armée enseigne l’obéissance à de jeunes hommes, ou encore : pour conditionner le soldat aux terreurs de la guerre, l’ennemi doit être présenté comme un barbare. Ces phrases semblent faire écho à ce verset du Coran : Assurément, Allah aime ceux qui combattent pour sa cause dans de grandes formations militaires formant un mur compact. (sourate LXI, v. 4)

4 – Les convergences dans les faits

4 – 1 – L’avant-guerre

Dès sa naissance, le nationalisme arabe moderne, a eu des fréquentations troubles.

Dès 1933, des tentatives eurent lieu pour entrer en contact avec Hitler et les nationaux-socialistes, notamment par le truchement d’Hadj Amin El Husseini, Grand Mufti de Jérusalem, mais à l’époque, Hitler s’imaginait qu’il pourrait s’allier avec les Britanniques contre le reste de l’Europe et souhaitait les ménager. Sans doute aussi, l’Allemagne, encore empêtrée dans les conséquences de sa défaite de 1918 et confrontée à la crise mondiale, avait-elle d’autres préoccupations que le Moyen-Orient. L’Allemagne des années 1930 laissa donc les mains libres à l’Italie dans cette région, conformément aux discussions secrètes qui ont accompagné la signature du Traité de l’Axe (24 octobre 1936).

Dans les mois qui ont suivi, l’Italie adopta la cause arabe et, le 18 mars 1937, Mussolini reçut à Tripoli le Glaive de l’Islam (sayf al islam) et condamna l’impérialisme britannique et les implantations juives de Palestine. Un programme de propagande radiophonique antibritannique à l’usage du monde arabe fut émis à partir de Bari. Et au Yémen, l’Italie soutint l’imam zaydite Yahia, tout en critiquant la politique des Anglais à Aden.

Mussolini-Tribun-1Toutefois, l’Italie ne réussit jamais à séduire les Arabes qui la suspectèrent de vouloir remplacer les Anglais et les Français dans la région, notamment après ses exactions en Libye. L’Allemagne et le national-socialisme furent plus populaires.

Dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, des messages de félicitation lui parvinrent de tout le monde arabo-musulman. Les Frères Musulmans, en particulier, cherchèrent à l’islamiser ; on lui trouva des origines arabo-musulmanes, comme pour Jorg Haider aujourd’hui. Il fut rebaptisé Abou Ali–Mohammed Haidar (le Brave) en Egypte, et ses sympathisants firent régulièrement un pèlerinage à Tanta, dans le delta du Nil, pour aller se recueillir dans la maison où serait née la mère du dictateur allemand. Mussolini était considéré comme un vrai musulman et il fut affublé du nom de Moses Nili (Moïse du Nil).

 

 

infada.jpg(Ce qui permet de mieux comprendre les drapeaux nazis dans les manifestations propalestinienne. Les racines sont profondes avec le nazisme. Là aussi on peut se poser des questions sur le soutien qu'apporte la gauche à ses mouvements! Ndlr Gérard Brazon)

A la suite du rapport Peel, El Husseini, dont nous reparlerons longuement plus loin, rencontra le 15 juillet 1937 le Consul Général allemand à Jérusalem pour demander que le Reich déclare publiquement son opposition à ce rapport. L’Allemagne ne réagit pas, préférant laisser toute liberté aux Anglais, puis aux Italiens après le début de la guerre. Le 17 juillet 1937, Hikmet Sulaiman, Ministre des Affaires Etrangères irakien, demanda lui aussi le soutien allemand lors de la discussion du rapport Peel à la Société des Nations. Mais les Allemands furent réticents et un mémoire rédigé par le baron diplomate von Weizsäcker conseilla de ne pas donner suite aux réclamations arabes afin de ne pas froisser l’Angleterre, qu’Hitler voulait encore ménager.

Le Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin El Husseini, co-fondateur de l’OLP, fomenta des troubles en Palestine après les accords Sykes Picot prévoyant un foyer juif en Palestine, conformément à la Déclaration Balfour de 1917. Les Allemands finirent par s‘opposer à cet accord. En effet, selon eux, ce «foyer juif» «servirait à doter le judaïsme international – comme dans le cas de l’État du Vatican et du catholicisme – d’une base de pouvoir sanctionnée par le droit international». Ce dernier point était la reprise d’une idée inscrite dans Mein Kampf.

Hitler finança la rébellion arabe qui dura de 1936 à 1939. El Husseini fut condamné par les anglais à dix ans de travaux forcés; mais il réussit à s’enfuir en Syrie.

Cherchant à «apaiser» le climat politique, le nouveau gouverneur anglais (et juif) de la Palestine des années 1920, Herbert Samuel gracia El Husseini. Il le nomma même Grand Mufti à vie (ce qui était une innovation peu appréciée par les Arabes), puis Président du conseil suprême des communautés musulmanes. Ces deux titres lui conféraient en fait à la fois le pouvoir religieux et politique, sans qu’il en eût les compétences. En effet, sa formation à l’université d’Al Azhar du Caire ne dura que quelques mois et il n’y put obtenir aucun diplôme. Et il ne devait ses nominations qu’à la situation privilégiée de sa famille à Jérusalem.

En 1940, le Mufti avait demandé aux puissances de l’Axe de reconnaître le droit arabe sur toute la Palestine et de trouver une solution aux «éléments Juifs» qui s’y trouvent, selon la même ligne que celle adoptée pour résoudre la question juive en Europe.

D’autres pays étaient favorables aux Allemands. De 1913 à 1924, un obscur chef de tribu du centre de l’Arabie, le Nadjd, avait lancé ses troupes à la conquête de la péninsule arabique, devenant le roi Ibn Saoud, avec l’assentiment des Britanniques (le colonel Lawrence) qui voulaient contrôler le pétrole de la péninsule. Pour cela, ils avaient créé une douzaine d’États arabes concurrents. Mais cette initiative se faisait au détriment du roi légitime du Hedjaz, un Hachémite, qui reçut en consolation la Transjordanie et l’Irak. Le roi Ibn Saoud n’était pas heureux de la cession du port d’Aqaba à la Transjordanie que les Anglais occupaient alors. Le rapprochement avec les Allemands se fit après le rapport Peel. En novembre 1937, le secrétaire du roi sollicita l’établissement de relations diplomatiques auprès de l’ambassadeur allemand en Irak, Fritz Grobba ; celui-ci fut accrédité en septembre 1938 auprès de la cour saoudienne. L’Arabie Saoudite demanda alors à l’Allemagne de l’aider à acquérir une indépendance totale. Elle demanda discrètement son soutien au Reich, son amitié et des armes en échange d’une neutralité bienveillante en cas de guerre. La guerre approchant, l’Allemagne céda aux demandes saoudiennes. En juin 1939, Hitler et Ribbentrop assurèrent l’ambassadeur extraordinaire saoudien de leur soutien. Un crédit de six millions de Reichsmark fut attribué au gouvernement saoudien pour lui permettre d’acquérir une petite usine de munitions, de la DCA, des chars légers et 4000 fusils. Mais le programme fut annulé avec la guerre, et l’Arabie Saoudite rompit ses relations diplomatiques avec Berlin, sous la pression de l’Angleterre.

L’Irak fut également soumis aux mêmes pressions, et y céda d’autant plus facilement que, si le ministre des Affaires Etrangères, Nouri Saïd, était pro-britannique, le Président du Conseil, Rashid Ali Al Gaylani, était favorable à l’Axe. Par l’entremise de son ministre de la justice, il entra en pourparlers avec l’Allemagne afin de s’assurer que l’Italie ne ferait pas d’autres conquêtes aux détriments des Alliés. Mais les Allemands ne voulaient pas contrarier le Duce et demeuraient neutres. Al Gaylani fut chassé de son poste le 31 janvier 1941. Les premières victoires de l’Axe renforcèrent le sentiment pro-allemand et cela aboutit au coup d’État de 1941.

*****

Comme on le voit, les années 1930 sont marquées par l’émergence d’une collusion objective entre le monde arabe et l’Allemagne, même si cette dernière répugna à profiter de la situation par souci de ménager l’Angleterre. La volonté de revanche après la chute de l’empire ottoman, l’ampleur du sentiment pro-allemand et la haine du nationalisme juif en Palestine marquèrent d’une façon décisive les débuts du nationalisme arabe moderne. Observons que nationalistes laïcistes (Baas) et islamistes (Frères Musulmans) partageaient la même stratégie, même si leurs objectifs, apparemment semblables (la libération et l’unification des pays arabes), différaient cependant sur le long terme, bien que nul, à l’époque ne le reconnût, ni même n’en parlât. Les nationalistes voulaient l’unité d’un monde arabe fort, alors que les autres, les «religieux», pensaient au triomphe de l’islam, de tout l’islam, de l’oumma.  Est-ce cependant une véritable différence ? Les propos de Michel Aflak, qui, bien que chrétien, soutenait que l’islam faisait partie intégrante de l’identité arabe, sont pour le moins troublants…

suite au prochain article à 20h

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

Commenter cet article