Histoire religieuse: combien l’Inquisition a-t-elle fait de victimes ?

Publié le 11 Juillet 2012

Par: L'inquisition

Avant de pouvoir répondre à cette question quelques préliminaires sont nécessaires afin de comprendre le fonctionnement de cette ‘institution’.

Tout d’abord l’Inquisition n’a jamais eu le pouvoir de condamner à mort, ce pouvoir là est du registre de l’État. Or l’empereur, les rois ou les princes sont jaloux de leurs prérogatives politiques et n’ont aucune envie de perdre une parcelle de ce pouvoir. L’Inquisition peut remettre une personne au bras séculier, qui pourra ensuite être condamnée à mort, mais la peine de mort en tant que telle n’est pas de sa juridiction.

Il est ensuite difficile d’établir un rapport précis de victimes. Pour cela il faudrait tous les procès-verbaux relatant l’ensemble des peines, or de nombreux documents ont disparu. Les guerres, les incendies, les mauvaises conservations ont contribué à détruire un certain nombre d’archives. L’historien doit donc faire avec les documents disponibles. Les chiffres que l’on obtient ne sont donc qu’une évaluation. Mais les inquisiteurs étant de remarquables greffiers ils ont noté avec grand soin le déroulement de la procédure et les peines infligées.

D’autre part,  l’Inquisition se déploie entre 1231 et le XIXe siècle, soit six siècles, et sur des territoires géographiques et politiques variés. Cette multiplicité renforce la complexité de l’institution et rend difficile un chiffrage précis des victimes.

Enfin il est important de distinguer deux choses dans l’étude des peines : la peine donnée et la peine effectuée. De très nombreuses peines données ont été révisées à la baisse, commuées en une autre peine, ou bien non appliquée. Une personne condamnée à mort ne finit pas nécessairement sur le bûcher mais peut voir sa peine commuée en prison ou en amende.

Ces préliminaires ayant été posés voici les chiffres sur lesquels les historiens se mettent d’accord, après dépouillement des archives. Cela concerne les victimes de l’Inquisition à l’époque moderne (XVIe-XVIIe siècle).

Nombre de procès de l’inquisition espagnole : environ 125 000. Taux de condamnation : entre 1.5% et 2%, soit entre 1875 et 2500 personnes.

Nombre de procès à Venise : 3 600. Taux de condamnation : 0.72%, soit 26 personnes.

Sorcières brulées dans le contexte de l’inquisition :

Espagne : 59.

Italie : 36.

Portugal : 4.

Nombre de sorcières tuées dans les pays protestants :

Allemagne : 25 000.

Liechtenstein : 300, sur une population de 3 000 habitants, soit 10% de la population.

Suisse : 4.000 sorcières brûlées (sur 1.000.000 hab.)

Danemark et Norvège : 1.350 sorcières brûlées.

Pologne et Lituanie : 10.000 sorcières brûlées.

La chasse aux sorcières n’est pas un phénomène médiéval mais moderne. Elle commence à partir du XVIe siècle et dure jusqu’au XVIIIe siècle. Certains films, aidés par l’imaginaire populaire, situent la sorcellerie et sa condamnation à l’époque médiévale, mais c’est un anachronisme. Comme on le voit par ces chiffres, la chasse aux sorcières est un phénomène surtout présent dans les pays protestants, et nettement moins dans les pays catholiques.

Lire aussi, sur le même sujet : L’Inquisition : combien de condamnés à mort

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Claude Germain V 11/07/2012 09:37


Du pipi de chat par rapport a ce qui a été fait ailleurs ,sous d'autres cieux et sous d'autres religions ,effroyable et triste quand meme .......