Histoire sur des SDF (suite) Par Gérard Brazon

Publié le 3 Novembre 2014

Gérard Brazon interview3Par Gérard Brazon

 

Comme en 2004 et même en 1985 et 1995. Comme chaque hiver de chaque année depuis des décennies. On arrive en hiver 2014. Rien de changer... Toujours les mêmes discours, les mêmes antiennes, les mêmes mines attristées  de nos journalistes et autres animateurs qui vont encore nous vendre leurs bobards à deux balles et boirent le champagne sous les lambris dorés des Ministères.


Des hommes, des femmes autorisés nous disent tout au long de ces hivers combien c'était horrible et combien il fallait agir. Mais nous vivons dans un pays de saisons. Après l'hiver vient le printemps et l'oubli. L'été n'est pas l'époque des apitoiements.
Donc, l'automne est passé et nous revoilà en Hiver !

En classant mes poèmes, je tombe sur celui ci. Je sais d'avance que les télévisions nationales feront leurs unes de ces clochards que l'on appellera encore pudiquement SDF avec quelques larmes au coin de l'oeil.

Nous voyons nos belles et chaleureuses présentatrices bobos, les femmes et les hommes politiques bien habillés et très ennuyés! Nous voyons les petites bourgeoises parisiennes ou lyonnaises qui passeront une nuit à la belle étoile par "Solidarité" et puis les sempiternelles associations de défense qui justifieront leurs subventions d'état en tapant comme d'habitude sur la main qui leur donne à manger, nous dire toute la peine qu'elles ressentent de cette situation détestable et honteuse pour un pays comme le nôtre, etc.
Jusqu'au printemps suivant ! En attendant, nos franchouillards sur le trottoires de France peuvent constater comme tout le monde que d'autres trouvent la France bien solidaire. Il est vrai qu'ils viennent d'ailleurs, de pays où l'hiver n'existe pas. D'où l'AME, l'ATA, l'ASPA, les APL, et autres.

Gérard Brazon 


Poème écrit en 2006


Je vous ai vu ce matin. Accoudé.
Vous étiez là, déjà vieux, fatigué
J'ai vu ce regard. Votre regard vous savez!
Si loin, profondément absent, comme étranger.

Encore une de plus! Une incontournable journée.
Péniblement vous disiez: "Une autre journée"
Longue, interminable, vide et sans intérêt
A regarder l'inaccessible...
A imaginer l'impossible...

Souvenirs en bribes.
Il y a longtemps. Une vie, perdue à jamais.
Si longtemps et pourtant. Vous aussi vous étiez.
Comme ceux qui passent et vous ignorent désormais.
Qui défilent peureux, honteux, le regard baissé.
Ils vous évitent comme on évite un danger.

Un étron, l'anachronisme, se questionner.
Oui bien sûr, vous aussi vous avez existé.

Elle est partie l'insouciance. Crevée un matin.
Partie dans un rêve. Dans un verre de chagrin.
Un chagrin, ou un drame impossible à noyer.
Une peine sans nom. Au plus profond enfermée.
Dans des vapeurs d'alcool comme évaporée
Dans la fumée des cigarettes. Oubliée.

Nouveau nom. Un S.D.F vous êtes appelé !
Clochard, vagabond, misérable identité.
Perdu votre nom. Et nul ne vous reconnaît.
Ombre sur un trottoir. Une honte de société.

La parole engluée déjà, vous vacillez.
Incompréhensible monologue abreuvé.
Quel avenir. Vous la voulez la vérité?
S.D.F. Sans domicile fixe. Tu vas crever!


Un soir d'hiver, au soleil, un beau jour d'été.
Une froide nuit d'hiver. La "Une" de la Télé.
Discours habituels et regards apitoyés.
Le grand classique d'hiver et de nos soirées.
Pitoyable, minable, écoeurant à gerber.
Tu vas crever. Tout le monde t'aura ignorer.
Salut à toi mon frère. Mon ami français.

Gérard Brazon

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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