Hollande, le désenchanteur. Par Christian Vanneste

Publié le 19 Février 2013

Pour NDF d'Eric Martin

Tribune libre de Christian Vanneste*

Christian VannesteOn accuse parfois notre pays d’un penchant excessif pour les libations. Mais il est une ivresse plus dangereuse encore : c’est celle des mots. La France y succombe en permanence. Il suffit d’un bon mot ou d’une petite phrase pour retenir l’attention des médias. Ceux-ci vont gloser la signification du message avec ce plaisir brumeux, que l’on ressent en d’autres occasions chères à Antoine Blondin, qui fait s’effacer l’ennuyeuse réalité au profit de ce monde imaginaire, ici, le microcosme des politiciens et des journaleux. À ce jeu, il faut reconnaître le talent de notre Président : de la petite blague incongrue à la tirade lyrique, il sait faire. Tout le monde se souvient du « Moi Président » qui avait interloqué Sarkozy. Mais dans son anthologie, il y a un sommet, une sorte de titre qui résume le reste du spectacle : après sa victoire aux primaires socialistes, François Hollande dit qu’il veut « réenchanter le rève français, celui qui a permis à des générations, durant toute la République, de croire à l’Égalité et au Progrès. » Certes, le champ lexical de l’onirique a dû s’ouvrir devant lui lorsqu’il a écarté le cauchemar Aubry, mais fascinés par ce verbe digne de Saint-JustJaurès et Blum réunis, les commentateurs n’ont pas vu l’extraordinaire aveu présent dans cette belle formule littéraire. D’abord, il ne s’agit pas de donner un commencement de réalisation aux aspirations des Français contenues dans « leur rêve ». Il faut, au contraire, réanimer l’illusion qui s’éteint, comme on rallume un feu. Car l’enchantement, c’est ça, depuis Merlin, c’est utiliser la magie pour cacher la réalité et lui substituer un mirage. Dans le fond, en annonçant qu’il allait mettre les Français en état d’hypnose, le candidat a été transparent. En second lieu, et là on verse dans le cynisme, il a aussi ramené les deux piliers de l’idéologie de gauche, l’égalité et le progrès à n’être que des fantasmes que l’on poursuit sans jamais les atteindre. « Allez-y, les p’tits gars, vous voyez l’horizon. On l’atteindra demain, si vous me faîtes confiance. »

« L’ENA n’est pas Poudlard, ni François, Harry. Notre magicien râte quasiment tous ses tours. »

Malheureusement, François Hollande se heurte à deux difficultés. La première tient au fait que lorsque la réalité perçue dément systématiquement le rêve, le bon sens impose un réveil cruel. Jacques Marseilleaimait dissiper les idées fausses. Il se plaisait à montrer que le niveau de vie et l’égalité avaient augmenté dans notre pays depuis les années 70. Il soulignait encore en 2004 que le déclin français n’était pas une fatalité, et que l’on pouvait l’enrayer à condition de choisir la France qui gagne et non celle qui freine. Deux mandats « de droite » inutiles, une crise économique et une victoire socialiste en plus, on sait maintenant que le choix a favorisé la France qui freine, et qui, à l’abri de ses emplois protégés, de ses revenus meilleurs et de ses retraites privilégiées, continue de rêver tandis que l’autre, aux prises avec le réel rencontre parfois le drame, lorsqu’un homme qui veut travailler, préfère le suicide à la situation qu’on lui impose. La fierté pour l’institution, le Pôle emploi du ministre du Travail, tandis que trois de ses collègues « flinguaient » sans sommation 300 salariés du privé pour le plaisir de se payer un patron peut-être « voyou », montre assez quel est le choix de l’exécutif. La plupart des Français ne croient plus ni au progrès ni à la progression de l’égalité. Le simulacre qui prétendait réunir les deux objectifs avec le soi-disant « mariage pour tous » a laissé la majorité indifférente. Si elle semble légérement favorable à une partie de la réforme, c’est pour dire : « Foutez-nous la paix avec ça ! C’est pas le problème ». La disproportion des deux manifestations, plus ou moins dissimulée par le médias, est assez claire à ce sujet.

« Malheureusement, il n’est pas sûr que les ténors de l’opposition ne soient pas eux-aussi des disciples de Merlin. »

La seconde difficulté tient sans doute au fait que l’ENA n’est pas Poudlard, ni François, Harry. Notre magicien râte quasiment tous ses tours. En fait, ses incantations impuissantes ne relèvent pas de la prestidigitation habile, à la manière de Sarkozy, passant sans cesse d’un sujet à un autre, pour éviter que le public ne fixe trop son attention, mais elle appartient à ce que d’aucuns appelaient, ce qui n’est pas bien, la pensée primitive, c’est-à-dire cette propension à croire à la toute-puissance des mots et de la pensée. Cela irait mieux avec de la croissance. Notre Président appelle donc la croissance. Elle ne vient pas. Évidemment, ce n’est qu’un mot. La réalité qui lui correspond, ce sont des chiffres : l’augmentation du PIB, et si possible par habitant, et à condition que ça ne soit pas constitué de mauvaise graisse, de dépenses inutiles qui vont accroître déficit et dette ! Il faut que ce soit une augmentation des richesses produites et éventuellement exportées. Il faut donc améliorer notre compétitivité. Là encore, l’emploi du mot ne peut compenser l’absence de la chose. Les mesures insuffisantes annoncées sont trop faibles et trop tardives. La manière avec laquelle le PDG d’une entreprise dont l’État est encore en partie propriétaire vient de les traiter montre assez qu’elles sont anecdotiques pour la firme présente sur un marché mondial, mais qu’elles vont être plus durement ressenties par les ouvriers de Renault. Désenchantés, ils rejoindront ceux d’Arcelor-Mittal, de Petroplus et d’Aulnay qui ont cru à la magie du verbe d’un candidat et se trouvent confrontés à la réalité de l’action d’un politique. Malheureusement, il n’est pas sûr que les ténors de l’opposition ne soient pas eux-aussi des disciples de Merlin.

*Christian Vanneste est un ancien député UMP du Nord.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

LA GAULOISE 19/02/2013 10:25


HOLLANDE , C'EST LE PRESIDENT QUI A REUSSI A RUINER MEME LES FRANCAIS QUI N'AVAIENT ABSOLUMENT RIEN POUR VIVRE ET QUI ,EN MEME TEMPS ,REND ENCORE PLUS RICHES SES CHERS AMIS !

aupied 19/02/2013 10:12


il rêve tout éveillé hollande , avec ses histoires de boulôt en france , quand on parle de supprimer encore 900 emploies a danone ? ou va -til prendre le fric pour nourrir toutes cette bandes
assistées , et ne soyez pas outrée mesdames et messieurs car ceci est la triste vérite , on donne de l'argent aux gens pour soi-disant les aider , mais non , croyez  vousque ces même gens
cherche du boulôt surement pas ils sont payez a ne rien  faire , alors pourquoi se fatiguer a bosser , il y a quelques année j'ai assistée a un débat télévisé , avec les chômeurs, et bien
dans les personnes interroger , il y en avait une ( non je dirai un, oui c'était un homme ) qui disait au et fort je cite ( pourquoi voulez-vous que je travaille on me paye a rien faire ) et ceci
est vrai c'est un homme qui habite a Roanne dans la loire , avec cette argent indument gagné il c'est acheté un appartement et une voiture ALORS VOUS EN PENSEZ QUOI ??? les caisses de chômages
devraient faire un peu mieux leurs boulôt , car parti comme c'est parti c'est nous retraités et travailleurs vont continuez a mettre la main dans la poche pour des fénéants 

Epicure 19/02/2013 10:06


Mr Vanneste, les disciples de Merlein sont LES FRANCAIS et non pas quelques uns de leurs PARFAITS REPRESENTANTS les plus filous encore...


On n'a que ce que l'on mérite, fût-on même Innocent...L(innocent n'est pas absout de ce qu'il n'a rien fait pour le démontrer, et combattre son assassin...


La joie d'être Désarmé est, chez nos peuples, non pas preuve de Civilisation mais de démission couarde devant la responsabilité Individuelmle. C'est pour cette raison que j'admire les trois
quarts des Américains farouchement attachés à leurs armes et les Afghans pour ne les avoir jamais lâchées et vaincu tous les envahisseurs prétentieux....(je déteste les Talibans mais, ils ne
peuvent hélas être exclus de leur nation pour autant)


La Veulerie française qui s'ezxcprime à droite et à Gauche depuis près d'un siècle n'est pas prête à s'évanouir..elle se confirme chaque jour avec une politique intérieure et étrangère au-dessous
de tout...


Les Partis politiques sont le contraire de toute idée Démocartique vraie et je prône leur suppresssion et leur remplacement par le tirage au sort et non pas , françaisement hypocrite comme le
Général de Gaulle, par SON parti à lui...Ce que chacun fait de facto, même Cohn Bendit, qui me plagie (???!!!) J'ai quand même quelques années de plus et ai conçu ma politique bien avant 1968...)
qui ne veut Que Changer  la structure du Parti...Ce qu'il devarit bien savoir parfaitement impossible car antinomique par excellence.


Vanneste parle d'or mais revend du plomb.

mika 19/02/2013 09:56


Marine Le Pen  France Inter Dimanche 17 février (vidéo 48 mn)


http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2013/02/18/marine-le-pen-oublie-le-passe-liberal-du-fn/#xtor=RSS-3208


La grande force de cette femme c'est sa logique et la médiocrité des journaleux c'est leur dogme.