Hugo Chavez: quand la gauche française célèbre la disparition d’un symbole de la corruption, du népotisme et du clientélisme

Publié le 8 Mars 2013

Le Président Vénézuélien Hugo Chavez est décédé mardi soir des suites d’un cancer. Pour qui suit l’actualité de manière régulière, ça n’est pas réellement une surprise ; cela faisait plusieurs mois qu’il était amené à faire des voyages au cours desquels il subissait des interventions diverses relatives à son état de santé.

Par Pierre Parillo

 

Je respecte l’homme en tant qu’individu, mais pas l’homme en tant que Chef d’Etat. Je suis particulièrement scandalisé par la manière dont la gauche encense un type qui à mes yeux est l’un des symboles des dérives de la corruption, du népotisme et du clientélisme.

 

 

Nouvelle Constitution

Fin stratège, Hugo Chavez a conscience que s’il veut pouvoir agir librement, il se doit de convaincre son peuple et avoir son approbation. Arrivé au pouvoir en 1998 il fait organiser un référendum dans lequel il propose une nouvelle Constitution qui permettra au pays de devenir la « République Bolivarienne du Venezuela » et notamment de limiter à 2 le nombre de mandats d’un Président. Parallèlement il met en place un « référendum révocatoire » qui permet aux vénézuéliens de destituer n’importe quel gouvernant, y compris lui.

 

Tout est fait pour laisser penser qu’il est un démocrate.

 

Réélu Président en 2000, il organise un référendum en 2007 où il propose d’abolir la limitation du nombre de mandat du Président, proposition rejetée cette année-là par le peuple mais qu’il approuvera 2 ans plus tard dans un autre référendum.

 

 

 

Censures et amitiés douteuses

A l’été 2009, ce ne sont pas moins de 34 chaines de TV et de radio qui sont supprimées pour laisser la place à d’autres. Il aura au final sur l’intervalle 1998-2013, cumulé pas moins de 2 500 hs de présence dans les médias.

 

Il aura été un ami des pestiférés de la planète, Mouammar Kadhafi, Mahmoud Ahmadinejad, Fidèle Castro, Bachar al-Assad, aura également soutenu le gouvernement chinois et manifesté une forme d’hostilité au monde juif.

 

 

Clientélisme, népotisme, terrorisme et corruption

Pas moins d’une quarantaine de personnes très proches d’Hugo Chavez ont été placées à des postes stratégiques : amis et famille. Dans la « République des copains d’abord » qui est en train de naître en France, il n’est pas impossible que nous suivions la même trajectoire.

 

Le Venezuela est par ailleurs l’un des pays les plus corrompu d’Amérique Latine ; corruption issue pour partie des pétrodollars dont le peuple vénézuélien n’en verra finalement que très peu la couleur.

 

De très lourdes subventions auraient été accordées pour financer des films pro-Chavez, parfois d’un montant équivalent à 5 années de subventions de productions cinématographiques.

 

Hugo Chavez aurait été également accusé d’avoir financé les FARC, groupuscule terroriste colombien qui avait notamment retenu en otage de nombreuses années Ingrid Betancourt.

 

 

 

Grand orateur et grand menteur

Le Venezuela a longtemps désigné les USA comme étant son ennemi juré. En réalité, les recettes issues de la vente du pétrole aux Etats-Unis faisaient vivre le Venezuela.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à l’identique de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen, Hugo Chavez avait le sens de la formule. Il était réputé pour ses grands shows qui respiraient pourtant le populisme et qui parfois étaient semblables à ceux que l’on pouvait observer autrefois en Union Soviétique.

 

Etrangement, il reléguait ses adversaires au rang « d’apatrides », « de traitres »… Ça me fait penser à tous ces procès d’intention que l’on fait actuellement en France à nos riches qui refusent le racket fiscal et la stigmatisation de la réussite. Hugo Chavez était ouvertement de gauche, et même très à gauche, mais jamais il n’a imposé aux riches d’impôts à caractère confiscatoires, contrairement à la taxe à 75% qui devrait revenir en France d’ici quelques jours.

 

 

 

Le pétrole

Véritable manne financière pour ce pays, l’exploitation du pétrole a certes permis quelques améliorations du quotidien des vénézuéliens mais sans le changer pour autant de manière transcendante.

 

Les bénéfices issus de l’exploitation de cette ressource naturelle devaient permettre au pays de se lancer dans de grands projets de constructions de nouvelles infrastructures. Beaucoup d’entre elles ont été démarrées mais jamais terminées.

 

La réalité de l’argent du pétrole vénézuélien est qu’il aura permis au pays de réduire quelque peu ses inégalités sociales, de nourrir tout un système de corrompus et de créer également une toute nouvelle caste de bourgeois, née juste après la « révolution socialiste bolivarienne » : les boligarques.

Finalement Chavez et son régime ont jouit personnellement de l’argent du pétrole.

 

Des dizaines de milliards de $ ont servis à récompenser des régimes alliés et des groupes sociaux méritants.

 

Peut-on envisager qu’une partie de cet argent public vénézuélien détourné ait servi aux alliés français d’Hugo Chavez ? Je n’en sais rien et je ne dispose pas des moyens nécessaires pour prouver quoi que ce soit en la matière. Contrairement au PS, je ne me lancerai dans aucun procès d’intention à l’égard de qui que ce soit.

 

En l’espace de dix ans, la production de pétrole est passée de 3,1 millions de barils par jour à 2,4 millions. Les effectifs de la compagnie chargée de l’exploitation de cette ressource sont passés de 23 000 à 120 000 salariés. La dynamique liée au fait que le pétrole représente 96% des exportations n’est pas au rendez-vous.

 

 

 

Peut-on l’encenser ?

Non, définitivement non, ou en tous cas, je ne vous le recommande pas.

 

Certes cet homme a réduit les inégalités sociales dans son pays qui a par ailleurs souvent été en proie aux dictatures, mais il ne faut pas perdre de vue que l’état de pauvreté de ce pays était considérable en 1998, sans aucune commune mesure avec ce que nous connaissons en France.

 

 

 

Beaucoup plus aurait pu être fait avec l’argent du pétrole

Compte tenu de l’absence de centres de raffinage du pétrole, le carburant des vénézuéliens est importé et leur coûte 1 € le litre à la pompe. Les coupures d’eau et d’électricité sont fréquentes et peuvent durer de plusieurs heures à plusieurs jours.

 

Les pénuries alimentaires ne sont pas anecdotiques.

L’expropriation règne en maître et de fait les entrepreneurs ont peur d’investir. Le nombre d’entreprises a été divisé par 2 en 15 ans ; la faute à ces pratiques mais également à la corruption des fonctionnaires.

 

Les terres agricoles sont très fertiles, mais une fois réquisitionnées, elles sont laissées en friche et ne servent donc pas à nourrir les vénézuéliens.

L’inflation au Venezuela était de 35 % en 2011, l’une des plus fortes du monde.

 

 

 

Hommage

J’aurai été agréablement surpris si la gauche avait su déployer la même énergie qu’elle déploie en ce moment concernant la mort de cet homme, à l’égard de nos soldats tués au champ d’honneur, que ce soit au Mali, en Somalie ou en Afghanistan.

 

A la place de ça, on a des Ministres et des représentants de gauche qui se désolent du décès d’un homme visiblement pourri, ce qui inévitablement me ramène à cette image de la libération de Florence Cassez.

 

Nul ne saura jamais si ce dont on l’a accusée était vrai ou non, mais cela n’a pas empêché pour autant 2 ministres d’aller l’accueillir en grandes pompes sur le tarmac à Roissy en janvier dernier, alors qu’arrivait au même endroit quelques heures plus tôt le corps d’un otage français tué en Algérie, réceptionné par aucun de nos Ministres pour lui rendre hommage…

 

 

J’appelle cette gauche à prendre garde à ce qu’elle pourrait dire sur le décès d’Hugo Chavez. Il aura certes sorti son pays de la grande misère, mais largement moins vite et moins bien que ce qu’il aurait pu faire s’il s’en était réellement donné la peine.

 

Et là je ne parle même pas de tout ce système actuellement en place et dont il est incontestable qu’il est nécessaire de l’assainir…

 

Comme le dit si bien l'un de mes amis: "comme dans tous ces systèmes pseudo-socialistes, l'idéal s'est vite fourvoyé et transformé en une fourberie oligarchique au détriment du peuple..."

 

Jean Luc Mélenchon Hugo Chavez

 

Reproduction autorisée avec les mentions © Pierre Parrillo sur http://pierre.parrillo.over-blog.fr/

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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ESCLAFIT Pierre 08/03/2013 17:31


Qu'est ce qu'est allé chercher Mélenchon à Caracas ? De quoi financer sa campagne électorale ?

mika 08/03/2013 14:59


Si Chavez est le modèle de Melenchon (qui
pleurait sa mort à la téloche) , c'est gravos ! 


https://www.youtube.com/watch?v=Q11f6pWSnMo

mika 08/03/2013 14:45


https://www.youtube.com/watch?v=e1Bct3VZVGk&feature=endscreen&NR=1


hugo Chavez, son bilan en 1mn 50 seconde


 

Epicure 08/03/2013 13:47


Tant que les Cons de Tous les Pays  s'uniront poure ALLER VOTER pour ces guignols de droite et gauche on ne sortira pas du "Systema" (Chavez)


Seule issue: abstention totale massive et élimination définitive des CANDIDATS  et remplacements d'iceux par des gens Compétents de la vie civile dans les conditions de titrage au sort
et de contrôle comme Etienne Chouard l'aa construit savamment à mon avis...