Identité nationale? Fallait-il laisser ce thème au Front National?

Publié le 19 Novembre 2010

Une lectrice nous dit son opinion sur l'abandon d'un Ministère de l'identité nationale. Pour elle c'est une erreur. 

 

Le nouveau gouvernement supprime le Ministère de l’Identité nationale : vive la culture de la repentance !

 

Grave erreur politique que celle qui consiste à avoir supprimé le Ministère de l’Identité nationale ! Désormais, le Front National va pouvoir se frotter les mains et récupérer, une fois de plus à son avantage, des thématiques devenues tellement taboues en France que plus aucun élu n’a le courage d’en débattre sereinement avec les Français. Avec tous les Français. Je déplore qu’un gouvernement, quelle que soit, du reste, sa sensibilité politique,  fasse délibérément le choix de laisser le thème de l’identité nationale aux seules mains du Front National.

Pourquoi cette décision est-elle grave ? Un seul exemple pour mémoire : les programmes scolaires en histoire n’aborderont désormais plus François Ier, Henri IV, Louis XIV …. et bien évidemment Napoléon Ier. A entendre le Ministère de l’Education Nationale, cet "ignoble" empereur est à bannir absolument des manuels scolaires, devenant de fait "une option". Imaginez comme le MRAP et SOS Racisme ont dû se réjouir de l’apprendre, sachant que dorénavant ils pourront laisser libre cours à leur version tronquée de l’Histoire de France. Cette France qu’ils ne savent décrire que comme une éternelle esclavagiste !

C’est oublier qu’il ne faut jamais transmettre une vision et/ou une version orale ou écrite manichéenne de l’Histoire, qu’il s’agisse de l’Histoire de France ou pas. Qu’elle s’adresse aux enfants et jeunes gens issus de l’immigration ou pas. Et dans ce domaine, il est indispensable d’avoir le courage de clamer haut et fort que certains écrits ont fait beaucoup de mal parce qu’ils ont contribué à distiller les ferments de la rancœur, du mépris, parfois le poison de la haine dans les esprits de toute une partie de notre jeunesse. Je pense notamment à cet ouvrage de Claude Ribbe "Le crime de Napoléon", ouvrage dans lequel Claude Ribbe affirme que Napoléon avait organisé le génocide des Noirs de Guadeloupe et d’Haïti, oubliant de se souvenir que ce qu’il qualifie de "génocide" n’en était pas un, au sens où l’entend le Code pénal français (articles 221-1, 213-1 à 213-5). Ce qui n’enlève évidemment rien à la gravité des faits : tout républicain digne de ce nom sera d’accord sur ce point. Néanmoins, je tiens à insister sur le fait qu’on ne rassemble pas les différentes étoffes d’une nation en stigmatisant l’identité des uns sous prétexte qu’elle serait devenue le réceptacle idéal d’un passé honteux à expurger, en jetant la mémoire des autres au visage d’une génération "de souche blanche et européenne" qui doit certes porter un regard lucide sur son histoire collective sans pour autant être condamnée à devoir se sentir coupable des crimes commis par les générations antérieures. Ce qui doit être respecté pour les enfants issus de l’immigration africaine, qu’elle soit récente ou pas, doit aussi l’être pour tous les enfants de la Nation, qu’ils soient issus d’une immigration européenne ou pas, qu’elle soit ancienne ou pas également. Il n’y a rien de plus dangereux, me semble-t-il que de jouer ainsi impunément avec la mémoire collective d’une part, avec la psychologie des êtres humains d’autre part. Et quand je revois la couverture de l’ouvrage "Le crime de Napoléon" sur laquelle Hitler vient s’incliner sur la tombe de l’empereur, quand je constate que Claude Ribbe enfonce davantage encore le couteau en dévoilant l’existence d’un film que Goebbels aurait produit à la gloire de Napoléon, je me dis que nous ne sommes plus du tout dans l’analyse distanciée et sereine qu’impose toute démarche sérieuse et la plus objective possible de l’historien mais dans la quête d’une soif de vengeance sans doute refoulée depuis trop longtemps à l’encontre d’une France que, de toute évidence, Claude Ribbe abhorre profondément. Voilà le genre de discours qui nuit à nos enfants, quelle que soit leur histoire personnelle, quelles que soient leur couleur de peau, leur ethnie d’origine et leur religion. Je comprends parfaitement que la conscience de nos élèves d’origine africaine mais pour beaucoup de nationalité française ou que nos élèves natifs des DOM TOM qui sont tout simplement Français de fait, soit heurtée de plein fouet par la révélation de la traite négrière. Mais, en retour, je leur demande de ne pas insulter les Français de 2010 pour un passé dont ils ne sont pas responsables d’une part, de ne jamais oublier, d’autre part, que des crimes ont aussi été commis après l’indépendance d’Haïti à l’encontre des "Blancs".

Souvenons-nous qu’une fois Haïti devenu indépendant en 1804, l’empereur Jean-Jacques Dessalines avait fait massacrer tous les Blancs, plongeant ainsi l’île dans les heures noires de la purification ethnique. Ce que Claude Ribbe s’est bien gardé de rappeler dans "Le crime de Napoléon" ! Pourquoi donc n’avoir donné qu’une version de l’Histoire ? Pourquoi ? Est-ce donc si jouissif de taper impunément sur Napoléon Ier ?

Alors, le devoir de mémoire, oui. La repentance, non ! Jamais !

 

Bonapartine.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Ly P 21/11/2010 23:52



Le Ministère de l'identité nationale est rattaché à celui du Ministère de l'Intérieur. C'est mieux, il n'y aura qu'un seul Ministre et personne pour l'empêcher de faire un travail complet.



Chantal MACAIRE 19/11/2010 12:48



Je HAIS de plus en plus ceux les Français qui tapent sur la France et font une relecture de son Histoire, pour mieux la salir ! Honte à celui qui a commis ce bouquin partisan sur Napoléon !


Ce qui devrait être mis en avant, c'est le rôle joué par les Noirs eux-mêmes dans la traite des Noirs, c'est l'esclavagisme pratiqué par les Arabes et les Turcs (que curieusement on occulte, alors qu'à la base de la colonisation de ce qui est devenu l'Algérie, il y a
la volonté de mettre fin à la traite des blancs -qu'on ignore, bien sûr, pour ne pas stigmatiser-  Et pourtant, des opéras de Mozart ou Rossini témoignent de cet état de fait- ).


Ce qui devrait être mis en avant, c'est  que les Français, descendants de Français n'ayant jamais quitté la France pour s'établir ailleurs (= la quasi-totalité de la population) 
ne peuvent en aucun cas descendre d'esclavagistes, puisque l'esclavage n'a pas eu cours sur le sol national...même si des bateaux négriers
partaient de ports français. Par contre, parmi les Noirs présents en France, il peut y avoir des descendants de ces rois qui vendaient leurs congénères aux européens !


Ce qui devrait être mis en avant, c'est  que ce sont Voltaire, Montesquieu, des écrivains français, qui ont dénoncé l'esclavage les premiers
; c'est que c'est la France de la Révolution qui a aboli la première l'esclavage. Rien que cela rend FIER D'ETRE FRANCAIS, n'en déplaise à ceux
qui veulent nous plonger dans la culpabilité et la repentance !


Un détail révélateur de l'ouverture d'esprit et de la tolérance de la France : en plein esclavagisme, Joseph de Saint-Georges, métis né à la Guadeloupe (d'une esclave d'origine africaine et d'un
père français, qui lui donne une éducation aristocratique), vient à Paris et va devenir la coqueluche de Paris (il est musicien compositeur et escrimeur de talent) ; il va même obtenir la charge
de "gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi"... Rien ne peut mieux illustrer l'absence de préjugés du peuple français, me semble-t-il ! Alors, le MEA CULPA, NON MERCI !


 



Gérard Brazon 19/11/2010 18:17



Bravo pour ce coup de gueule! Je vais même lui donner le grade d'article dans très peu de temps! Il le mérite et dans le rubrique coup de gueulle justement.



domi 19/11/2010 09:22



Comment vous faire comprendre ? Venez dans ma banlieue, je crois que dans la maternelle à côté il n'y a plus un Français de souche. Et la fille d'une amie qui était en 3ème m'a dit qu'il y avait
3 français d'origine dans sa classe de 34 élèves. Pourquoi voudriez-vous que les prof se cassent à enseigner une histoire dont aucun élève n'est descendant et dont il se fiche bien.
Malheureusement il faut se rendre à la réalité et déjà c'est pas mal s'ils apprenent à parler français ce qu'ils oublient vite dès qu'ils rentrent en famille !



Gérard Brazon 19/11/2010 09:49



Sans compter certains profs qui se laissent aller à critiquer la France si ce n'est à faire du prosélytisme religieux! Une fois que l'on a dit celà? On fait quoi? On baisse les yeux, on rase les
murs? On se fait tout petit? Ou on s'investit quelque part dans une association, un parti politique, une manifestation si on a pas les moyens de payer une cotisation. Le drame c'est que beaucoup
trop de français ont renoncé! Comme en 1940, il préfère un Pétain qu'un De Gaulle! Résister veut dire quelque chose. A Résistance Républicaine, nous attendons des manifestants lors de nos
réunions. De même, nous attendons des volontaires pour déposer sur les pare-brises de voitures des tracts, ou les distribuer sur des marchés, diffuser le message de résistance. Faire connaître
cette association, participer aux débats, faire suivre les liens de blogs résistants, assumer ses convictions surtout et cesser d'avoir peur, ne pas craindre le débat avec les biens pensants,
prendre contact avec les responsables associatifs, politiques, écrire à son Maire, son Député, voter aussi, etc. Alors je ne dis pas que cela renversera la tendance de fond, je dis que si nous
voulons encore exister, cela passe par un combat qui n'est pas perdu d'avance. Le rapport de force nous est favorable, il ne manque que la motivation et la volonté. Les élus ne craignent qu'une
chose, que le peuple refuse de jouer leur jeu. Ils ont les yeux fixés sur les sondages. S'ils réalisent que leur élection passe par l'opinion de Résistance Républicaine ou d'autres de la même
eau, ils changeront de pied. Comme pour les tea Party américains. Alors imposons notre opinion en utilisant tous ce que je viens de vous dire. Bien à vous Domi.