Il croit acheter une voiture, il est frappé et dépouillé par une "richesse de la France"

Publié le 12 Septembre 2012

La "richesse de la France" en pleine action et le laxisme judiciaire en cause.

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Midi-Libre

À Lunel, un père de famille croyait acheter une voiture. Il a été frappé et dépouillé par deux individus encagoulés.

Frédéric, la victime, avait patiemment mis de l’argent de côté, chaque mois, malgré des revenus modestes. Pour acheter un véhicule familial, alors que sa compagne attendait leur deuxième enfant. Alors, en juillet 2011, lorsqu’il voit cette voiture Nissan en vente sur leboncoin.fr, au prix attractif de 5 900 €, il entre en contact avec le vendeur, un certain Sébastien.

Sans imaginer le cauchemar qui l’attend

Car, derrière le pseudo-vendeur, se cache Abdelkader Benayed, Lunellois de 20 ans - et ses complices qu’il n’a pas voulu "donner” -, désireux de se faire de l’argent facilement.

"J’ai fait ça par inconscience", explique le prévenu, jugé devant le tribunal correctionnel et condamné une fois pour vol et escroquerie. Le scénario, qu’il revendique, a pourtant été rondement mené. Il a fait croire à Frédéric qu’il y avait plusieurs acheteurs et qu’il fallait se dépêcher. Qu’il devait le payer en liquide car il était soi-disant en instance de divorce.

Frappé et dépouillé, il reçoit une décharge électrique de TazerTM

Le 23 juillet 2011, la victime arrive du Var, en train, et Benayed change l’endroit du rendez-vous à plusieurs reprises, affirmant qu’il est à l’ombre avec sa petite fille à cause de la chaleur... L’acheteur, amené à l’écart, tombe soudain sur deux individus encagoulés et armés.

Il est braqué, frappé, jeté au sol, dépouillé des 5 900 € qu’il a apportés et, pour qu’il ne donne pas l’alerte trop rapidement, il reçoit une décharge électrique de TazerTM.

"Cette agression le marquera au fer rouge de manière indélébile jusqu’à la fin de ses jours, c’est un gros choc psychologique", dénonce l’avocate de la partie civile.

Le guet-apens est en partie élucidé lorsque les gendarmes réussissent à confondre le jeune Lunellois, une semaine après les faits, grâce à la téléphonie, même si le mis en cause a changé les puces pour brouiller les pistes.

Benayed, chez qui 1 400 € sont retrouvés, s’est aussi servi du butin pour s’acheter des vêtements à l’occasion du mariage de sa cousine. Une réplique de Beretta et deux cagoules sont retrouvées. Mais il refuse obstinément de livrer le nom de son ou ses complices.

La rumeur laisse entendre qu’il avait une dette de stupéfiants à régler. Il conteste. Et affiche profil bas : "Je comprends pas pourquoi j’ai fait ça, je voudrais vraiment m’excuser du fond du cœur. J’ai déjà fait un an de prison, ça fait changer une personne, j’ai mûri", promet-il, même si, derrière les barreaux, il s’est fait remarquer (lire ci-dessous).

"Il est immature, naïf. Sa prise de conscience n’a pas été immédiate, elle est le fruit d’un cheminement", indique Me Pierronnet, son avocat, qui demande une peine avec sursis.

Condamné à 3 ans dont un avec sursis

"Il a organisé, prémédité ce vol avec violence, avec armes et cagoules", assène, de son côté, le parquet, requérant trente mois de prison ferme. "Il n’a pas rompu avec ce milieu en ne voulant pas donner le nom de ses complices."

Le tribunal a été un peu plus indulgent en le condamnant à trois ans, dont un avec sursis, avec cet avertissement de la présidente face à tout risque de récidive : "On vous tend la main."

EN PRISON, COUPS DE FIL ET HOT-DOG FARCI AU HASCH

 

Soucieux, dit-il, d’avoir voulu se réinsérer après avoir pris conscience de ce qu’il avait commis, Abdelkader Benayed n’a pourtant pas brillé lors de sa détention provisoire.

En utilisant des téléphones portables tout d’abord. Les enquêteurs, qui surveillaient son entourage pour trouver ses complices, ont ainsi établi que ses copains de Lunel étaient régulièrement en contact avec lui. Et qu’en tout, il a passé 891 coups de fil et envoyé ou reçu 5 000 SMS en janvier et février dernier...

« Vous jouez la carte profil bas,celle du petit garçon perdu, et vous avez l’impression que vous pouviez vous jouer de
la justice », le tance la présidente.

Le prévenu a aussi incité sa sœur à lui apporter du cannabis au parloir. Elle a ainsi été pincée, avant l’été, alors qu’elle lui avait remis un sandwich farci de trois plaquettes de haschich, soit 76 g de drogue. Selon les explications qu’elle a fournies à la barre, mi-août, lors de son jugement, elle a raconté que des amis de son frère étaient venus déposer le sandwich, un kebab enveloppé dans du film plastique, dans sa boîte aux lettres, à charge pour elle de l’acheminer à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone.

« C’était un hot-dog... Même si ce cannabis n’était pas pour moi, j’assume, je dois être sanctionné », avait indiqué Benayeb à l’audience, toujours soucieux de son image.

Pour cette détention de shit,il a écopé de six mois ferme et sa sœur de trois mois avec sursis.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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