Il va être difficile, en 2010, de faire taire le peuple par Yvan Rioufol

Publié le 6 Janvier 2011

"Il va être difficile, en 2010, de faire taire le peuple", écrivais-je en accroche de mon premier bloc-notes de l'année passée (8 janvier). L'essor pris, depuis, par le populisme est venu traduire cette nouvelle donne politique, qui s'imposera forcément dans la campagne présidentielle de 2012. Dans cette même veine, je ne prends guère de risque à prédire, ce 3 janvier, qu'il va être difficile, en 2011, de faire taire les réalités. Oh ! Je ne doute pas que tout sera encore tenté par la pensée conforme pour occulter, falsifier, bidonner, sous-estimer les faits les plus dérangeants. De ce point de vue, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, a été mal inspiré de vouloir taire le nombre de voitures incendiées la semaine dernière, car il entre dans un engrenage qui ne peut qu'alimenter la suspicion de l'opinion, devenue maîtresse de l'internet et des blogs, sur une occultation de certains faits, voire sur une désinformation officialisée. Je sais aussi que ceux qui enfreindront la loi du silence, et j'en serai, seront évidemment diabolisés par les faiseurs de morale, qui sont pléthore à gauche. La lepénisation des esprits, tarte à la crème qui va être servie tout au long de cette année par les censeurs paniqués, est d'abord chez ceux qui insultent et menacent en guise d'arguments.
 
          Mais les faits sont têtus, et les Français savent où trouver l'information quand elle n'est pas dans les médias. Aussi est-ce à un combat d'arrière garde que vont se prêter tous ceux qui s'efforceront à nouveau de dissimuler des évidences sous des villages Potemkine, ou de troubler l'eau pour feindre la profondeur. Manuel Valls, député-maire PS d'Evry, a bien compris que la modernité exigeait de se libérer des archaïsmes et des aveuglements: il s'est dit, hier sur Europe 1, favorable à un déverrouillage des 35 heures, imaginées par Dominique Strauss-Kahn et portées par Martine Aubry. "Ceux qui ont la chance d'avoir un emploi doivent pouvoir travailler deux ou trois heures de plus sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l'Etat", a déclaré le candidat aux primaires socialistes pour concourir en 2012. Horrifié par le sacrilège, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, l'a invité ce lundi "à revenir dans le droit chemin", en parlant comme les curés n'osent plus le faire. Mais Valls a raison de ne plus croire aux miracles. D'ailleurs, au nom du réalisme, la vieille opposition droite-gauche a probablement fait son temps.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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island girl 06/01/2011 13:22



Foin de la télé avec ses pubs répétitives et ses infos qui cachent les réalités,INTERNET est bien ancré dans les chaumières et les français ont bien compris ...les plus hardis s'expriment,les
timides se contentent de lire ,et le bon sens vaincra !