Il y a 33 ans jour pour jour : mort de Golda Meir

Publié le 9 Décembre 2011

Golda Meir, née Golda Mabovitch – dirigeant sioniste travailliste, quatrième Premier Ministre de l’Etat d’Israël – voit le jour à Kiev en Ukraine en 1898. Elle est âgée de 8 ans lorsque sa famille immigre aux États-Unis et s’installe à Milwaukee dans le Wisconsin. Rapidement, elle rejoint un mouvement de jeunesse sioniste, se marie avec Morris Meyerson, et, en 1921, immigre en Palestine, rejoignant le kibboutz Merhavia.

En 1924, les Meyerson s’installent à Jérusalem. Golda Meir entre alors en tant que fonctionnaire à la Histadrout (syndicat des travailleurs) y occupant différents emplois. Au cours des trois prochaines décennies, elle sera active au sein de la Histadrout, d’abord en charge des programmes sociaux, puis, on lui confie la collecte de fonds à l’étranger, et un peu plus tard, des missions politiques. Elle est alors nommée chef de la section politique de la Histadrout, conçue pour utiliser sa puissance croissante et développer des objectifs divers notamment celui de l’immigration juive illimitée.

Quand, en 1946, la plupart des hauts dirigeants de la communauté juive sont internés par les autorités britanniques, Golda Meir devient alors la remplaçante de Moshe Sharett comme chef intérimaire du département politique de l’Agence juive, jusqu’à la création de l’Etat en 1948. Dès lors, elle joue un rôle tant dans la politique intérieure sioniste du travail que dans les efforts diplomatiques y compris sa rencontre secrète, qui se soldera par un échec, avec le roi de Jordanie Abdallah, à la veille de l’invasion arabe d’Israël en 1948, dans une tentative de parvenir à un accord et d’éviter la guerre.

En Juin 1948, Golda Meir est nommée premier ambassadeur d’Israël en Union soviétique, poste qu’elle occupe pendant moins d’un an. Lors des élections de 1949, elle est élue membre de la Knesset, puis de 1949 à 1956 (années de troubles sociaux, taux de chômage élevé causé par l’immigration de masse) comme ministre du Travail et de l’Assurance Nationale. Elle promulgue alors des lois de politique sociale, invente les “logements sociaux pour immigrants” et orchestre le marché du travail des nouveaux immigrants.

Durant la décennie suivante (1956-1966), Golda Meir devient ministre des Affaires Etrangères. Elle lance la politique israélienne de coopération avec les pays nouvellement indépendants d’Afrique. Elle crée un programme de coopération basé sur l’expérience de développement d’Israël qui continue à ce jour. Dans le même temps, elle consolide les relations avec les États-Unis et établit des liens bilatéraux avec les pays les plus importants d’Amérique latine. Entre 1966 et 1968, elle occupe le poste de premier secrétaire général du Mapaï (parti politique).

A la mort du Premier ministre Levi Eshkol en 1969, Golda Meir – la «candidate du consensus» – est alors choisie pour lui succéder. Lors des élections d’octobre 1969, elle mène son parti à la victoire.

Peu après son entrée en fonction, la guerre d’usure – les actions militaires sporadiques le long du canal de Suez qui ont dégénéré en une guerre totale – se termine par un accord de cessez-le-feu avec l’Egypte. Bien que le cessez-le-feu ait été rompu à maintes reprises par l’avancement de missiles égyptiens sur la face avant du canal de Suez, il apporte, cependant, une période de trois ans d’accalmie, brisée en Octobre 1973 par la guerre du Kippour.

Premier ministre, Golda Meir concentre son énergie essentiellement sur le front diplomatique, mélangeant, astucieusement, une diplomatie toute personnelle avec une utilisation habile des médias de masse. Armée d’une volonté de fer, d’une personnalité chaleureuse et offrant l’image d’une grand-mère, sa rhétorique est simple mais très efficace, Golda Meir établit une “liste de courses” et sollicite avec succès l’aide financière et militaire étrangère.

Golda Meir fait preuve d’un fort leadership lors de l’attaque surprise de la guerre du Kippour, en assurant un pont aérien américain des armes tout en restant ferme sur les négociations du plan de désengagement des forces et le retour rapide des prisonniers de guerre. La Commission d’Enquête Agranat, créée par l’Etat d’Israël afin d’enquêter sur les manquements des Forces de Défenses d’Israël ne la met pas en cause. En décembre 1973, elle amène son parti à la victoire. Golda Meir salue alors ce qu’elle appelle la “volonté du peuple”. Mais devant la crise de confiance du peuple vis-à-vis de ses leaders politiques suite au rapport Agranat, elle se trouve dans une situation inconfortable et démissionne de son poste à la mi-avril 1974. Elle se retire de la vie publique et commence alors à écrire ses mémoires. Elle reste cependant présente à la Knesset pour saluer le président égyptien Anouar el-Sadate lors de sa visite historique à Jérusalem en Novembre 1977.

Golda Meir est morte le 8 décembre 1978 à l’âge de 80 ans.

Elle est une figure emblématique de l’Etat d’Israël.

Quelques unes de ses citations qui marquent l’histoire d’Israël :
- Ce n’est pas la libération de la peur, mais l’équilibre de la peur qui a permis à notre peuple de survivre pendant tant d’années.
- Je suis assez excédée d’entendre que les Juifs ont volé la terre des Arabes. La réalité est toute autre. Nous avons acheté ces terres, l’argent a changé de main et beaucoup d’Arabes sont devenus de riches arabes.
- Laissez-moi vous dire ce que nous, Israéliens, reprochons à Moïse : il nous a menés pendant 40 ans dans le désert pour, au final, nous emmener dans le seul coin du Moyen-Orient où il n’y a pas une seule goutte de pétrole.
- Le pessimisme est un luxe que le Juif ne peut pas se permettre.
- Pour réussir, une femme doit être bien meilleure qu’un homme.
- La paix s’installera ici le jour où les Arabes aimeront leurs enfants plus fort qu’ils ne nous haïssent.
- Nous pouvons pardonner aux Arabes de tuer nos enfants mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer les leurs.

Par Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Claude Germain V 09/12/2011 17:54


La "Petite Mere d'Israel" etait une femme d'un courage normal ,mais tout simplement pragmatique .Elle a toujours vecu pour son pays et rien que pour son pays .


Si j'ose faire une comparaison la seule qui nous reste en France ,tant pis pour les bobos ,est M L Pen .


Apres elle NOUS SOMMES MORTS .