Immobilier (2) - Le Luxe n'échappe pas à la crise. Par Catherine Sabbah

Publié le 18 Janvier 2013

Par Catherine Sabbah 
Les biens haut de gamme sont trois fois plus nombreux sur le marché qu'il y a un an.

Le très haut de gamme reste une exception à Paris.

La façade du 140, rue de Grenelle à Paris disparaît derrière les bâches. Cet hôtel particulier au milieu des ambassades et des ministères abritait des services de l'Institut géographique national, une propriété de l'Etat vendue en 2006 pour 28 millions d'euros. Bloqué depuis lors par des recours, le chantier vient de redémarrer après avoir été plusieurs fois revendu, financé par des investisseurs russes. Une dizaine de maisons de ville et d'appartements de grand luxe seront construits ici et constitueront sans doute le programme immobilier le plus cher de Paris, à plus de 30.000 euros le mètre carré. Des prix si élevés que même le groupe Altarea-Cogedim, connu pour ses réalisations haut de gamme, n'a pas souhaité en assurer la maîtrise d'ouvrage déléguée.

« Le luxe à Paris est à 99 % ancien, explique Charles-Marie Jottras, le directeur général du groupe Féau, leader de l'immobilier de prestige depuis plusieurs décennies. La capitale regorge de biens magnifiques construits jusque dans les années 1930, depuis il ne s'est quasiment rien fait. Et le plan local d'urbanisme n'aide pas : depuis 2001, la plupart des opérations neuves doivent intégrer 25 % de logements sociaux, parfois davantage, sauf en cas de localisation dans le secteur du plan de sauvegarde du Marais, étendu au 7e arrondissement où se trouve justement le 140, rue de Grenelle. »De quoi dissuader psychologiquement les investisseurs et plomber financièrement la rentabilité de ces programmes.

Le luxe doit désormais aussi s'accompagner des prestations d'un hôtel 5 étoiles dont les promoteurs français n'ont pas l'habitude : accès sécurisés, surveillance 24 heures sur 24, parkings individuels, équipements sportifs, un concierge digne d'un palace…« Des concepts très banals depuis des lustres à Londres ou à New York où des immeubles neufs dépassent les 60.000 euros du mètre carré sans compter les charges très élevées aussi », poursuit Alexander Kraft, le patron de Sotheby's France qui regroupe 55 agences franchisées.

Les vieilles pierres tiennent le haut du pavé

Seule perspective dans le genre, les tours Hermitage Plazza. Mais leur localisation à la Défense ne correspond pas à un quartier de prestige. Et leur promoteur, Emin Iskenderov, se défend de les inscrire sur le marché de luxe puisqu'il avance un prix autour de 10.000 euros du mètre carré. Les vieilles pierres tiennent donc encore le haut du pavé. Comme l'a prouvé récemment la frénésie autour de l'hôtel particulier de la rue du Cherche-Midi mis en vente par Gérard Depardieu. 50 ? 60 millions d'euros ? Plus ? « On parle là d'un prix de présentation, nuance un des rares experts immobiliers à bien connaître le dossier, ce qui ne signifie pas que la vente se fera à ce niveau. » Pour l'instant trop exposé, le bien s'est quelque peu « grillé » auprès d'acquéreurs venus notamment du Golfe qui requièrent avant tout l'anonymat. L'immeuble unique a rejoint un stock grossissant tout aussi exceptionnel par la vue, les prestations, la décoration…« Nous avons en catalogue trois fois plus de biens de plus de 2 millions d'euros qu'en janvier dernier », confirme Thibault de Saint-Vincent, le directeur général du groupe Barnes, un autre spécialiste du haut de gamme. « Les mandats que nous récupérions une fois tous les trois mois arrivent toutes les semaines, ajoute Charles-Marie Jottras.Beaucoup d'appartements ou d'hôtels particuliers mis en vente autour de 10 millions d'euros et nous avons une clientèle qui attend l'occasion parfois depuis des années. »

Les bonnes ventes de janvier 2012, juste avant la réforme des plus-values, n'ont fait que ralentir tout au long de l'année. Le dernier trimestre a été catastrophique : comme sur le reste du marché immobilier, la baisse dépasse les 20 %. Rien de spectaculaire toutefois sur le front des prix : la baisse de 3 à 5 % concerne les appartements familiaux jusqu'à 2,5 millions d'euros. Au-delà, ce sont les ventes qui calent au moindre défaut.

Catherine SABBAH 

Journaliste 
csabbah@lesechos.fr

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Claude Germain V 18/01/2013 17:52


LE LUXE ?? OUI !! IMPERATIVEMENT IL EN FAUT , mais devant les tribunaux les raclures qui vendent NOTRE LUXE aux etrangers .... je parle de l'immobilier et autre patrimoine , vignes ,
usines etc..etc...et d'investisseurs etrangers bien sur ....DEHORS !!!!!!


Partenariat oui , MAIS MAJORITAIREMENT FRANCAIS , avec pouvoir de blocage entre les mains des FRANCAIS ....juridiquement
IN-TOU-CHA-BLE...