Innocente Amérique du Nord:John Kerry fustige les Frères musulmans après les avoir câliné. Par Nebil Ben Yahmed

Publié le 26 Novembre 2013

On aurait pu intituler cet article John qui grogne et John qui rit, en paraphrasant le célèbre roman de la Comtesse de Ségur (1865). John Kerry le démocrate et John McCain le néoconservateur. Celui qui fustige aujourd’hui les Frères musulmans, mieux vaut tard que jamais, et celui qui en a été le plus fanatique défenseur, jusqu’à ce jour. Entre les deux, la différence n’est pas de nature mais de degré ! 

 

C’est le Washington Post qui a rapporté les propos surprenants que le secrétaire d’Etat américain a tenu ce mercredi 20 novembre à Washington. Selon le quotidien américain, John Kerry n'a pas mâché ses mots à l’encontre des Frères musulmans égyptiens, « dans une critique la plus dure envers la confrérie à ce jour ». Il les a accusés « d'avoir volé la révolution dans le pays ». Selon Kerry, «Les gamins de la place Tahrir», centre névralgique du mouvement qui a fait tomber Hosni Moubarak en 2011, «n'étaient pas motivés par une quelconque religion ou une idéologie», mais «Ils voulaient étudier, un travail, un avenir et non un gouvernement corrompu qui les prive de tout cela». 

 

John Kerry, qui a raison de parler de « gamins » et cela vaut aussi bien pour l’Egypte que pour la Tunisie, a précisé que ces révoltés «se sont exprimés à travers Twitter et Facebok et c'est ça qui a porté la révolution. Et puis (la révolution) a été volée par l'entité la mieux organisée de tout le pays, la confrérie». Le Washington Post a ajouté que « Les Frères musulmans ont été portés au pouvoir à travers leur vitrine politique, le parti Liberté et Justice, à la faveur des législatives organisées fin 2011. Leur candidat Mohamed Morsi a ensuite été élu à la présidence en juin 2012, avant d'être destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet, quelques jours après des manifestations monstres réclamant son départ. 

Le quotidien américain ne dit pas que ces Frères musulmans égyptiens, comme leurs acolytes tunisiens et libyens, n’auraient pas accédé au pouvoir sans le soutien politique et financier américain, 28 milliards de dollars en tout (ce que Barack Obama a reconnu devant le Sénat), et sans l’appui financier, politique, diplomatique et médiatique de l’émirat théocratique du Qatar.   

 

Le Washington Post poursuit que « Les Etats-Unis n'ont jamais qualifié le renversement de M. Morsi de «coup d'Etat», ce qui les aurait légalement contraints à mettre fin à leur aide. En août, M. Kerry a expliqué que le geste de l'armée visait à «rétablir la démocratie». Washington a cependant gelé une partie de son aide annuelle au Caire, qui se monte à 1,5 milliard de dollars, dont 1,3 milliard en aide militaire ». 

 

Selon notre propre lecture des événements depuis le sursaut nationaliste égyptien, l’administration américaine n’a pas changé de politique à l’égard des islamistes. Ce qui se passe en Tunisie le prouve. Après leur échec en Egypte et en Syrie, les Américains essayent tout simplement de se conformer à la realpolitik, dans l’attente de reprendre la main sur les événements et de maitriser les processus « révolutionnaires » qu’ils ont provoqués. L’assassinant du général Abdelfattah al-Sissi ferait basculer la situation en Egypte et remettrai en scelle les Frères musulmans. C’est pourquoi, une « maladie subite » du général égyptien est à l’étude dans les sous-sols de la CIA !   

Nebil Ben Yahmed

John Kerry fustige les Frères musulmans

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Pivoine 27/11/2013 10:57


A se mêler ainsi des affaires intérieures d'autres pays, les Américains jouent là un jeu dangereux, et un de ces quatre, cela se retournera contre eux !


Quand je pense que beaucoup voyaient en Obamerde le messie !

mika 27/11/2013 00:19


Les Frères musulmans ont riposté au secrétaire d’Etat John Kerry en disant : "respecter la démocratie"






 


Les partisans de la démocratie  sont descendus dans les rues encore au 100e jour du massacre de la place de Rabia al-Adawiya en Egypte.


Le gouvernement militaire a prolongé la durée de détention des 227 personnes interpellées de 15
jours.


Les Frères musulmans n’ont pas tardé à riposter aux propos du secrétaire d’Etat américain John Kerry
les accusant d’avoir volé la révolution.


La confrérie a appelé Washington à respecter les principes de la démocratie et à ne pas appuyer la
junte militaire.


Les manifestants étaient dans les rues ce vendredi après la prière hebdomadaire au Caire et dans les
autres villes.


Au 100e jour du massacre de la place Rabia al-Adawiya, des manifestations baptisées « Massacre du
siècle » ont été organisées.


Les étudiantes de l’université Al-Azhar ont marché de leur côté suite à la mort d’un jeune
universitaire au cours de l’intervention des forces de sécurité.


« Les Etats-Unis se doient de respecter les principes de la démocratie et ne pas soutenir le
dictat militaire » a dit la confrérie dans un communiqué.


Les accusations de John Kerry dirigées à Mohamed Morsi, premier président égyptien élu
démocratiquement, et aux Frères musulmans d’avoir volé la révolution, ont été estimées « injustes ». 


 

mika 27/11/2013 00:13











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27 Novembre 2013 01:08





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