Insécurité à Clermont-Ferrand : 400 incivilités ont visé le tramway depuis le début de l'année.

Publié le 23 Novembre 2012

Tramway Viaduc Saint Jacques, Clermont le 23/04/2007 Photo R Brunel - BRUNEL Richard -

Couvre-feu pour le tramway qui ne circule plus qu’entre le carrefour des Pistes et la Maison de la Culture à 20 heures. La raison est le caillassage en série dans les quartiers Nord et à Saint Jacques.

Samedi soir, une vitre du tramway a été « explosée » par un jet de pierre du côté du quartier Saint Jacques. Le caillassage de trop pour les conducteurs du tram qui ont fait valoir leur droit de retrait. « On ne peut plus continuer comme ça. Les conducteurs en ont ras-le-bol et craignent aussi pour la sécurité des usagers », explique Erick Greliche (Satuc T2C), membre du CHSCT de l’entreprise.

" Un risque pour les usagers "

Propos appuyés par la direction de T2C qui, dans un communiqué, met en avant la dégradation des conditions de sécurité : « Près d’un fait par jour a été enregistré en moyenne en 2011 contre un tous les trois jours en 2006. En 2012, ce sont déjà près de 400 faits (*) qui ont été recensés ».

Outre Saint Jacques, le quartier de Chanturgue, vers la passerelle de Croix-de-Neyrat, constitue également un lieu sensible. Autrement dit ce sont les deux extrémités de la ligne qui se trouvent amputées. « Je comprends le désagrément que cela provoque pour les usagers de ces quartiers mais il y a un risque aussi pour eux. Tout cela par la faute de quelques-uns », poursuit Erick Greliche.

Manque d'effectif de la police

Après ce droit de retrait de samedi et pour éviter que la situation ne dégénère, la direction de T2C a décidé d’instaurer un couvre-feu pour le tram. Dès 20 heures, celui-ci ne circulera désormais qu’entre le carrefour des Pistes et la station Maison de la Culture. Mais le service n’est pas totalement interrompu puisque des bus de substitutions sont mis en place à partir de ces deux points. Des bus, indique Tarick Chbicheb, directeur de T2C, « qui n’empruntent pas le même itinéraire que celui du tram ». Pour l’heure, cette disposition effective depuis lundi soir sera prolongée « le temps qu’il faudra ». Autrement dit par Alain Martinet, premier adjoint au maire de Clermont et président de T2C, « jusqu’à ce qu’une solution pérenne puisse être trouvée ».

Une première réunion, concernant la sécurité en général à Clermont, s’est déroulée la semaine dernière avec le préfet. La semaine prochaine, le mardi 26, une seconde est prévue concernant plus spécifiquement les transports.

Tous les acteurs du transport public espèrent bien que des solutions seront trouvées. « Quand les CRS tournent dans ces quartiers, on n’a pas ce genre de problème », souligne Erick Greliche. Mais après 19 heures, de CRS, il n’y en a plus. Et la police par manque d’effectif ne peut être présente sur tous les fronts. Et, rajoute Erick Greliche, « lorsque T2C envoie des équipes de sécurité, elles aussi se font caillasser ».

Dans l’attente de cette « solution pérenne, il faudra donc, à partir de 20 heures », se contenter des bus de substitution de part et d’autre d’une ligne de tramway raccourcie et limitée au centre-ville. n

(*) Aux jets de pierre se rajoutent les rayons laser pointés dans les yeux des conducteurs ainsi que des jeunes qui se couchent brutalement sur la voie.

Jean-Pierre VACHEROT

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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jp 23/11/2012 11:36


On ne peut plus ,considérer que l'égalité ert fraternité soit encore de mise,est une erreur,si cela aurait été commis par des F de S ?