Institut du Monde Arabe – Les Frères Musulmans perturbent une rencontre avec un écrivain égyptien anti-Morsi.

Publié le 21 Octobre 2013

Le socialiste Jack Lang, ancien ministre de la culture et directeur de l’Institut du Monde Arabe, a déclaré vendredi qu’il allait déposer plainte contre X pour les dégâts causés dans les locaux. « Personne n’a été blessé », a-t-il déclaré.

Sources: AFP – Al Huffington Post Maghreb

 

« Un groupe de militants pro-Morsi s’est infiltré pendant la conférence et s’est mis au premier rang , » a dit Lang, qui était dans son bureau à proximité à ce moment-là. « Je ne sais pas exactement ce qui a été dit, mais des insultes ont été échangés… Les contestataires ont secoué la table et l’un est parvenu à casser une fenêtre avec je ne sais pas quoi »

Une Video postée sur le Net montre les contestataires se frayant un chemin parmi les auditeurs et jetant des projectiles en direction d’ al-Aswany et le bruit de verre brisé. Il s’est échappé par une porte à l’arrière de l’estrade et la réunion a été annulée.

ALAA_AL_ASWANY
L’auteur des best-sellers “L’Immeuble Yacoubian” et “Chicago” a été interrompu par des Égyptiens, visiblement très organisés, venus dénoncer “le coup d’État militaire” en Égypte

 

Al-Aswany espère que l’incident de Paris démontrera que les efforts des Frères Musulmans pour se faire passer pour des victimes « ne correspondent pas tout à fait à la réalité » a-t-il déclaré….

Ce qui a commencé par un simple « Excusez-moi docteur, je voudrais dire un mot« , lancé par un homme dans le public, s’est rapidement transformé en une véritable manifestation en plein cœur de l’IMA. Soudain, des hommes ouvrent leur chemise pour laisser apparaître un T-shirt jaune arborant une main au pouce replié et quatre doigts levés –le désormais célèbre symbole de Rabaa, laplace du Caire où des partisans du président islamiste Mohamed Morsi, renversé par les militaires, ont été massacrés par l’armée. 


 

« A bas, à bas les militaires! Sissi, allez dégage!" , hurlent des Égyptiens, hommes et femmes, dont certains brandissent des photos de M. Morsi

Dans un long texte posté sur Facebook, Gilles Gauthier, le traducteur des livres d’Alaa Al Aswany et modérateur de la rencontre à l’IMA, témoigne de ce qui s’est passé:

A peine la conférence engagée des doigts commencèrent à se lever. (..) De tous les recoins d’une salle préalablement occupée et soigneusement quadrillée, des nervis se sont levés reprenant des slogans qui, en d’autres temps, avaient été utilisés par de vrais révolutionnaires, et se sont dirigés, menaçants, vers la tribune. Un service de sécurité limité – car des actes de sauvagerie de ce genre sont encore rares – a permis de faire sortir sans dégâts corporels l’orateur et le modérateur qui ont attendu que se poursuive la furia ikhouania, cassant les vitres, jetant les sièges, giflant les femmes et les hommes qui émettaient des réserves face à ce déferlement de barbarie, et, accessoirement volant des téléphones portables.

Très critique envers le Conseil Suprême des Forces Armées (SCAF) durant la première phase de transition égyptienne (février 2011- juin 2012), Alaa Al Aswany justifie aujourd’hui la reprise en main des militaires et qualifie les Frères musulmans de “fascistes”.

Nous nous sommes tout simplement rendu compte que nous avions un groupe de fascistes au pouvoir. C’est cela que les pays occidentaux n’ont pas compris, traitant les événements en Égypte d’une manière bien peu satisfaisante. Car nous avons bel et bien effectué une nouvelle phase de notre révolution pour nous débarrasser de ces fascistes, déclare-t-il dans une interview au site d’information français Mediapart.

 

Depuis la destitution par l’armée de Mohamed Morsi, les Frères musulmans sont la cible d’une répression implacable de la part des militaires en Égypte, qui a fait au moins un millier de morts. Des arrestations de masse sont effectuées dans leurs rangs et leurs activités ont été interdites par la justice, mais leurs partisans poursuivent leurs manifestations contre le pouvoir militaire. Al Aswanyrefuse néanmoins de parler de “putsh militaire” et de “fracture” dans la société égyptienne. “Il y a un conflit entre un groupe terroriste et l’État égyptien, l’État regroupant l’armée, la police et le peuple, affirme-t-il à Mediapart.

L’armée égyptienne est aujourd’hui soutenue par plusieurs intellectuels comme M. Al Aswany. Le nouvel homme fort du pays, le chef d’état-major de l’armée Abdelfattah Al Sissi, dont les portraits ornent de nombreuses rues et boutiques en Egypte, n’exclut d’ailleurs pas de se présenter à la prochaine présidentielle.

Sources: AFP – Al Huffington Post Maghreb

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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lucie 21/10/2013 17:32


c'est curieux comme le voile  'tolérant et pacifique' tombe très vite (on aimerait qu'il tombe même à bien plus grande échelle) chaque fois que des musulmans sont confrontés à des contradicteurs, des démocrates, etc!


Jack serait-il incapable de prendre langue?

marie-plume 21/10/2013 15:45


...il paraît que vous dégustez la-bas "..le meilleur thé à la menthe.." qui soit! Meilleur sans doute qu'à Bughingam Palace ?  Pauvres de nous... Quant à Jacquou, il devrait mieux surveiller
les lieux majestueux! qui lui ont été confiés... pour son plus grand plaisir! ".. à titre honorifique.." Du bénévolat en somme..

DURADUPIF 21/10/2013 14:37


Institut du monde arabe à Paris, encore "un machin" de destruction massive sur notre Territoire. A quand un Institut du Monde Européen dans une capitale d'un pays du golfe arable. Pas demain la
veille.