Interview exclusive de Véronique Genest en visite en Israël. Par J.P. Grumberg

Publié le 1 Janvier 2013

Interview exclusive – Véronique Genest. L’islamophobie, Depardieu, le mariage homo, Jérusalem… la comédienne met des points sur des i

Jean-Patrick Grumberg

Véronique Genest - JP Grumberg, Tel Aviv

Véronique Genest – JP Grumberg, Tel Aviv

Véronique Genest, en vacances en Israël, a accordé à Dreuz.info et JSS.news une interview exclusive à trois, sans façon, à la bonne « israélette ».

L’entretien, qui se tient dans un café-jardin au cœur de Tel Aviv, a duré deux bonnes heures, car l’échange a été particulièrement chaleureux, riche et direct. Véronique Genest, aux antipodes de l’étiquette populiste qu’on a tenté de lui coller, connaît sur le bout des doigts les sujets qu’elle aborde – elle avoue lire cinq heures par jour et « avoir besoin d’aller au fond des choses ». L’interview est long, je n’ai pas voulu altérer le sens de ce qui s’est dit.

Q : Véronique Genest, on revient sur le tweet et sur l’islamophobie ?

L’islam est dangereux pour notre démocratie, et il le prouve tous les jours

Véronique Genest : Un jour, on m’envoie une pétition à signer pour protéger les droits de l’homme. Elle vient d’Alain Wagner, qui a monté une association pour la défense des libertés civiques à Bruxelles (2). Je prends alors connaissance de la déclaration des droits de l’homme du Caire (4), qui inclut la loi islamique.

VG : Des droits de l’homme pour les musulmans et des droits de l’homme pour les non-musulmans, ce qui déjà est hallucinant. Et depuis plusieurs d’années, ils essayent de nous intégrer l’interdiction du blasphème. Ils essayent de nous faire avaler LEURS droits de l’homme. Avec le processus d’Istanbul (3), ils tentent, sous couvert de réaffirmer la déclaration des droits de l’homme, de nous faire accepter la version du Caire.

VG : Donc danger.

VG : Ainsi donc, Alain Wagner m’envoie un email me demandant de faire circuler une pétition, qui s’appelle processus de Bruxelles, pour confirmer que nous voulons conserver notre déclaration des droits de l’homme, à nous. Et c’est ce que j’ai tweeté, fin août. « pour défendre les droits de l’homme… »

VG : Et je me fais traiter d’islamophobe, de raciste, on me dit que je ne sais pas ce qu’est la charia, je me fais insulter copieusement, simplement pour avoir demandé qu’on confirme nos droits de l’homme.

VG : Alors que je pensais que les gens allaient la soutenir, et même les français musulmans, car je pense que s’ils sont en France, ils sont très heureux d’y être, et très heureux de sauvegarder les acquis que nous ont apporté notre liberté d’expression. Je ne m’attendais pas à ça. Je ne m’attendais pas à me faire traiter d’islamophobe et de raciste pour ce tweet.

VG : Alors j’ai tweeté : « l’islam est dangereux pour notre démocratie, et il le prouve tous les jours ». Je voyais ce qui se passe en Tunisie, ce qui se passe en Egypte.

VG : D’ailleurs mon mari et moi avons été les premiers à aller à la manifestation pour la Tunisie, et on nous a dit qu’il fallait sortir de là parce que c’était les Frères musulmans, et on s’est aperçu que 80% de la manif était phagocytée par la religion et par l’islam. On s’est demandé, déjà à ce moment là, ce qui allait leur arriver. On ne s’est donc pas tellement trompé, voilà ce qui leur arrive… et ils ne sont pas sortis de l’auberge ! (même si ils se battent et qu’ils se battent bien)

VG : Et tout ça est repris dans la presse, et Morandini m’appelle, sachant très bien qu’il allait me poser une question là dessus.

JPG : Véronique, j’ai revu l’émission de Morandini, où tu as été impressionnante face à ce qui ressemblait à un tribunal. Le mot « islamophobie » a été réactualisé en 1979 par l’imam Khomeny et était destiné à paralyser toute critique de l’Islam. Comment expliques-tu qu’il serve aujourd’hui, chez les élites et les journalistes, au même objectif ?

VG : Je pense qu’il y a peut-être un intérêt que je ne cerne pas à mon niveau. Intérêt financier ? Il doit y avoir des intérêts quelque part. D’un autre côté, je pense qu’il y a une sorte de peur de ce que cela va déclencher en face, parce que aujourd’hui il y a une sorte d’ordre moral de la pensée.

VG : L’Islam est presque arrivé à imposer une sorte de … à réimporter chez nous la chose blasphématoire. De sorte que si tu dis quelque chose contre la religion, c’est malvenu. Ils ont presque gagné. On en est presque arrivé à imposer des barrières avec les mots, comme si on avait interdit le blasphème.

VG : Je trouve anormal qu’on n’ait pas le droit de donner son opinion sur une religion. Mon tweet, c’était d’ailleurs avant les caricatures de Charlie, qui sont arrivées juste après, et je trouve que la liberté d’expression a été vraiment mise à mal. Les journaux français ont déconné, nos politiques aussi, car pour moi, il n’y a pas de blasphème lorsqu’il s’agit d’une croyance.

VG : Je vis dans un pays qui s’est battu pour ça. J’ai le droit, et je n’ai pas l’intention de retourner en arrière.

VG : Donc chez Morandini, j’ai bien choisi mes mots, et personne n’a voulu les entendre. J’ai dit que si phobie est pris dans le sens de peur, alors oui je suis islamophobe. Il n’y a pas à en démordre et je ne regrette rien de ce que j’ai dit. Je n’ai jamais été raciste, et pour moi la religion n’a pas de race.

JPG : 100 000 chrétiens assassinés dans le monde en 2012

JPG : J’ai une info pour toi. Il y a eu en 2012, 100 000 chrétiens assassinés dans le monde (5), et on veut interdire l’islamophobie. L’islamophobie, ce sont des mots. On ne tue pas des gens. 100 000 chrétiens morts !

VG : par qui ?

JPG : en partie par l’islam, en partie par les communistes nord coréens et chinois, en partie par les pays bouddhistes (Laos, Cambodge, Vietnam, etc) et hindouistes (Etats de l’Union indienne dirigés par le parti nationaliste BJP).

VG : Pour l’Inde, ils se sont fait tellement massacrés, je ne comprends pas comment cela a disparu des livres. L’islam a cette faculté, pour ne pas être stigmatisée, à faire retirer des choses des livres d’histoire. Le génocide des hindous (1) a été le plus grand massacre. Et quand on nous dit que ce sont les chrétiens les plus grands massacreurs, je rappelle que l’islam a tué 80 millions d’hindous.

VG : les Frères musulmans ont été interdits en Egypte en 1954. Et Tarik Ramadan… un Frère musulman. Et regarde Fourest, la pauvre Fourest, elle se fait massacrer aussi. Et pourtant elle n’est pas de droite. Elle a fait un reportage sur Tarik Ramadan extraordinaire. Un vrai travail de recherche.

JPG : Je n’aime pas ce qu’elle écrit, parce que dans le déroulé de ses arguments, à un moment, lorsqu’elle veut raccrocher la réalité à l’idéologie, elle fait preuve de malhonnêteté intellectuelle et ça se voit. Mais je lui reconnait le courage et l’honnêteté de dire ce que d’autre n’osent pas dire. Elle a été la première à mon avis à traiter les islamistes qui l’ont empêché de parler à l’université de Bruxelles d’extrémistes de droite et de fascistes.

Véronique Genest : les islamistes font le salut hitlérien.

JPG : et le livre étranger le plus vendu dans les pays musulmans, c’est Mein Kampf.

VG : on le sait tous.

JSS : alors pourquoi n’en parle-t-on pas ?

VG : il y a une rhétorique de leur part. Je crois qu’en France il y a un vrai problème. Les musulmans font un amalgame, pas nous. Je discute avec un gamin, qui est moitié moitié, et il me disait s’être senti blessé par ce que j’ai dit.

« Comment peux-tu te sentir blessé ?. Mon discours était très clair, je l’ai expliqué. J’ai dit que je luttais pour les droits de l’homme. Tu es d’accord avec les droits de l’homme de l’islam et la charia », lui-ai-je demandé.

Il m’a dit « ben non ».

« Donc tu es d’accord avec moi ? Donc tu vas signer la pétition ? »

Il me répond « ben oui ! ».

« Et bien si tu signes la pétition, on te traite d’islamophobe et de raciste. »

JPG : donc le tweet que tu as envoyé, ce n’était pas un dérapage, c’était murement réfléchi ! Tu avais décidé de monter au créneau à ce moment dans ta vie !

VG : oui ! J’en ai eu marre de me faire agresser ! J’ai voulu faire signer une pétition en ligne ! Je l’ai dit à tous les médias. Chez Taddeï, je n’ai pas pu dire le millième de ce que j’avais à dire – personne n’a le temps de dire quoi que ce soit, et au bout du compte, personne n’a parlé et l’effet est nul. 8 personnes pour parler 20 minutes d’un sujet, c’est pas la peine. Où tu prends une personne, deux personnes, et tu l’interviewes.

VG : J’en ai eu marre de me faire traiter d’islamophobe et j’ai voulu briser la barrière des mots. Et quoi de mieux de dire : « oui je le suis » pour pouvoir aller plus loin. C’était mon intention. Mais je crois que les gens n’ont pas bien écouté ce que j’ai dit. Ils ont eu envie d’entendre mais ils ont mal écouté. Ils avaient envie, par rhétorique et comme ils font d’habitude, d’entendre pour se poser en victime.

JSS : Tu n’as pas eu l’impression qu’ils ont fait semblant de ne pas comprendre ton discours pour pouvoir continuer à t’attaquer ?

VG : Ils n’ont pas fait semblant, ils ont voulu ne pas comprendre mon discours pour pouvoir m’attaquer.

JSS : Tu crois qu’au fond d’eux-même, ils comprennent ton discours ?

VG : Mon discours est très facile à comprendre. Beaucoup de gens l’ont compris.

VG : Je veux faire tomber les barrières. Un oncle voulait me faire manger des haricots verts, et je ne voulais pas les haricots verts. Tous les jours il me forçait avec la fourchette. Et le jour où j’ai dit « ah j’aime les haricots verts », il a arrêté.

JPG : tu sais comment ça s’appelle : l’aïkido mental.

VG : et bien j’ai appris ça toute seule quand j’étais petite ! Car j’adore casser les mots. On donne trop d’importance aux mots, et l’on met des mots pour créer des barrières. Ce mot là (JPG : islamophobie) il faut le faire tomber. Il faut comprendre que la seule chose qu’on veut – moi, les gens avec qui je discute, et de toutes confessions – c’est que l’on vive en France pour des valeurs : la laïcité, la liberté d’expression ; et le droit, ce sport national qui existe depuis Voltaire, depuis Diderot, le droit de critiquer la religion.

VG : la foi, c’est personnel. Si j’ai envie de dire que Jésus ne m’intéresse pas, Mohammed j’y crois pas. J’ai le droit.

Morandini, il pétait de trouille

JPG : Morandini a essayé de t’embrouiller…

VG : il pétait de trouille…

JPG : de t’embrouiller en disant que la charia ne fait pas partie de l’islam, alors que les Frères musulmans ont pour objectif d’appliquer la charia dans le monde. Un autre a tenté de te dire que l’islam et les fondamentalistes sont deux choses différentes. Une troisième a même soutenu que tu n’avais peut-être pas le droit de t’exprimer !

VG : ils ont tous voulu me faire croire que je ne savais pas de quoi je parlais.

JSS : Avant que tu ne tweets et que les médias te tombent dessus, avais-tu conscience de cette police de la pensée, ce rempart pour interdire le débat ?

Il n’y a pas de lobby juif. Je pense que le lobby est ailleurs

VG : Non. Non, non, non, non, non et non. Je suis entrée dans un nouveau monde là. Et comme je suis une combattante, je suis entrée dans une sorte de combat, un peu malgré moi, mais je ne le regrette pas forcément d’ailleurs. En plus de cela, j’adore entreprendre des recherches. Alors s’il le faut, j’étudie, j’étudie encore et encore jusqu’à connaître le sujet mieux qu’il ne le faut.

VG : On parle de lobby juif, et je pense qu’il n’y a pas de lobby juif. Je pense que le lobby est ailleurs. L’islam est très gâté en France, ils sont sur tous les fronts, c’est trop présent, trop dans notre vie de tous les jours. J’en ai marre d’entendre parler de religion. Je n’ai jamais vécu comme ça ! Ca m’ennuie profondément !

VG : J’avais déjà lu le Coran deux fois. Je l’avais relu en me disant « c’est peut-être pas la bonne traduction » et au final c’était quasiment pareil.

VG : Mais je ne savais pas certaines choses, comme le fait que le Coran n’est pas écrit dans l’ordre chronologique des révélations. J’avais lu des hadith, mais je ne les avais pas tous lus.

Je veux rester avec mes acquis

VG : J’ai donc étudié, j’ai tout mis en corrélation et j’ai eu une nouvelle lecture qui, d’ailleurs, m’a fait encore plus peur.

VG : C’est peut-être un peu paradoxal puisque logiquement, d’après ce que l’on m’avait dit, j’aurais du être rassurée, mais ce n’a pas été le cas. Mais sans lire… tout ce que l’on voit n’est pas fait pour rassurer. J’aimerais bien que ce monde s’apaise et ne veuille pas imposer une dictature idéologique aux autres. Je veux rester avec mes acquis, je ne veux pas les laisser et je ne les laisserais pas comme ça.

JSS : Est-ce que, d’après toi, les journalistes qui t’ont contré, sont plus dans le déni ou dans l’ignorance ?

V G : L’Express ne m'a pas vraiment contrée.

Morandini, il était blême, ils ont tous peur

JPG : Morandini ?

VG : Quand je suis sortie du plateau de Morandini, il était blême. Ils pensent tous pareil mais ils ont peur. Et le nombre de gens qui m’ont appelé… Mais ils ont tous peur ! Ils ont peur de parler car il y a une sorte de terreur qui s’est installée : dans mon pays, ce n’est pas normal !

VG : Moi je n’ai pas peur et je n’en n’ai pas souffert. Ni Julie Lescaut : on a fait 6 millions de téléspectateurs !

J’ai changé d’image

JSS : Vous avez l’impression d’avoir gagné en popularité depuis ?

VG : Je n’ai ni gagné, ni perdu en popularité. J’ai changé d’image. Beaucoup de gens m’arrêtent dans la rue en me disant : « merci, vous nous avez fait du bien… ». Et puis, beaucoup de gens, on va dire d’une autre ethnie que moi, sont extrêmement chaleureux et ont très bien compris mon discours ! Je n’ai jamais été insultée par personne dans la rue !

VG : Une fois, une fille m’a dit dans la rue : « pourquoi avez-vous dit ça, ça m’a fait bizarre… ». Je lui ai répondu, et au final, nous étions toutes les deux d’accord ! Je me suis aussi rendue compte que ceux qui m’agressaient verbalement ou me contredisaient, après dix minutes, on se retrouve sur les mêmes positions. Ceux qui ont le plus peur, ce sont les islamistes.

JPG : Yann Barthès qui t’a traitée de raciste, et Yassine Belatar qui t’a traitée de populiste, c’est dans le but de t’exclure du débat.

VG : à peine a-t-il ouvert la bouche, c’est la première chose qu’il a dit, et c’est pour qu’il n’y ait pas de débat.

VG : chez Morandini j’ai tout expliqué. Je leur ai dit, avec une parabole sur le noir et la lumière : « montrez-nous vraiment que vous voulez la paix et l’amour, parce que nous pour l’instant on n’a que l’obscurantisme. On est dans le noir.»

VG : mais les gens ne veulent pas entendre. Et pourtant, 75% des gens avec qui je parle sont d’accord avec moi.

JPG : on observe partout en Europe le même phénomène : la population se sent envahie par l’islam, considère qu’il est trop prégnant dans la sphère sociale, qu’on entend trop parler de lui, qu’il bénéficie de trop d’accommodements, qu’il demande trop de choses. Et les élites traitent la population de xénophobe, de raciste et d’extrémiste de droite pour refuser de l’entendre, et s’obstinent à pousser et à pousser l’immigration.

JSS : tu as prouvé que tu n’es pas raciste. Tu montres que ton point de vue est cohérent. Ton point de vue est fondé sur des recherches et non sur l’ignorance…

VG : je lis beaucoup. Je lis au moins 5 heures par jour, et je cherche.

JSS : Le but est simplement de disqualifier les gens qui veulent amener le débat, comme tu as voulu le faire, sur l’Islam… C’est un sujet difficile ?

D’un coup on va redevenir un pays avec une religion qui fera loi ?

VG : Mais on va être obligé d’en parler à un moment donné… Et même s’il faut être violent pour en parler ! Il va falloir que cela s’arrête. Et vous n’avez pas remarqué que depuis que nous avons ces problèmes avec l’Islam, les chrétiens aussi commencent à se faire entendre ? Alors d’un coup on va redevenir un pays avec une religion qui fera loi ? Non ! Je ne suis pas d’accord. Je suis profondément laïque ! Je suis pour les droits et l’égalité des femmes et des hommes, je ne suis pas contre le mariage homosexuel.

Le mariage des homos, je suis pour…

VG : je suis contre les termes de l’adoption dans le mariage homosexuel. Je trouve con qu’on veuille nous imposer « parent 1 », « parent 2 ». Proposez des termes corrects ! Mais ils peuvent adopter, je m’en fous ! Il y a des choses à nuancer. On pourrait pas exemple garder le mot mariage pour les religieux et pour ceux qui ne se marient pas à l’église, parler « d’union civile » ? On pourrait dire « le PACS c’est pour tout le monde et on l’étend à la succession… »

VG : Tout ce que je demande, c’est des droits identiques pour tout le monde. On me demande de manifester « pour » mais je ne peux pas puisque je ne suis pas d’accord avec les termes de la loi. Le mariage des homos, je suis pour. Qu’ils se marient. Du moment qu’ils ne me font pas chier, que tout le monde vive comme il a envie de vivre : il n’y a pas plus tolérante que moi.

Je ne suis pas contre le fait qu’ils adoptent mais il faut bien baliser ça pour les enfants

JPG : Et l’adoption ?

VG : Je ne suis pas contre le fait qu’ils adoptent ! Il faut bien baliser ça pour les enfants, faire très attention pour que les gamins n’en pâtissent pas. C’est tout.

JSS : L’adoption par des parents homosexuels fonctionne parfaitement en Israël et on ne parle pas de parent 1 et 2…

VG : Exactement ! C’est vraiment des termes ridicules. Ils veulent punir tout le monde pour satisfaire quelques uns.

JSS : tu n’as donc pas peur de toucher à l’institution du mariage ?

VG : Mais je m’en fous !… On se focalise tellement dessus alors que le mariage n’a aucune valeur et qu’on peut divorcer plus facilement qu’on s’est marié ! Cela a une valeur quand le mariage est religieux, pour les gens qui y croient.

JPG : Est-ce que le soufflet, l’islam, l’islamophobie, n’est pas retombé ?

Mon vrai combat est pour les femmes

VG : Non, cela a ouvert des portes. Tout cela et arrivé juste avant les caricatures de Mahomet, et on a mis le doigt sur la laïcité et la liberté d’expression. Mais mon vrai combat est pour les femmes. Je me bat aussi pour les femmes du monde arabe. Qu’on ne vienne pas me dire qu’elles sont heureuses quand on voit comment elles se soulèvent. Et l’égyptienne qui s’est montrée à poil, elle ne serait pas menacée de mort.

VG : On ne va pas me dire qu’une femme voilée n’est pas un geste politique.

JPG : Les féministes sont très silencieuses.

VG : Elles ont certainement tout aussi peur. J’en sais rien. Mais elles sont trop silencieuses ! Une femme voilée, qui revendique cela à ce point, c’est forcément politique. C’est la partie idéologique, socio-politique de l’Islam.

L’islam nie avoir fait des conquêtes

JSS : L’islam conquérant ?

VG : C’est exactement ce que j’ai dit chez Taddéï.

JSS : L’Islam est parti d’Arabie Saoudite et il a aujourd’hui 57 Etats dans le monde. Ils n’y sont pas arrivés en distribuant des roses.

VG : Mais ils nient avoir fait des conquêtes.

JPG : Ils font des conquêtes, considèrent qu’elles sont naturelles, et quand on veut leur reprendre les terres, ils disent qu’on n’en a pas le droit… C’est ce qui se passe en Espagne.

VG : Justement, il y en a même aujourd’hui qui disent vouloir reconquérir l’Espagne.

JPG : C’est en toutes lettres dans la charte du Hamas.

VG : Parce qu’ils l’ont occupée pendant 800 ans, pour eux, c’est à eux et on y a aucun droit… Savais-tu que pour eux le mur des lamentations est « musulman » ?

JSS : Ils voient qu’on leur à repris, mais ne voient pas que eux, avant, nous l’avait pris…

VG : Parlons de l’Algérie. Il y avait quoi, avant, en Algérie ? Il n’y avait rien ! Il y avait les kabyles et les barbares.

JSS : Et au Liban, c’était des chrétiens, comme en Syrie…

JSS : Dans ta vie professionnelle, as tu ressentie des différences depuis tes interventions ?

VG : Pas du tout. Aucune. Je suis interviewée pareil par les journalistes, sauf que maintenant, ils m’en parlent. Ils me disent « je suis bien obligé d’en parler un peu » et au final ils titrent dessus, alors je me fâche. Puis ils reviennent en disant « on le refera plus. » Mais j’ai dû faire trente émissions pour ma pièce de théâtre.

Q: Est-ce que les journalistes qui t’attaquent te soutiennent en douce ?

VG : Mais ils ne m’attaquent pas ! Ils ne me contredisent même pas ! Ils déforment un peu mon discours et cela me fâche parce qu’ils donnent une opinion. Et je ne supporte pas cela. Ils ne sont pas critiques, ils sont journalistes, ils sont là pour rapporter ce que je dis, pas pour commenter. Je ne m’engueule pas pour rien. Je me suis sentie trahie. Ils ne rapportent pas les choses exactes que je dis.

Q: Depardieu ?

Depardieu a raison de se barrer s’il a envie de se barrer. Il fait ce qu’il veut de son pognon.

VG : J’adore Gérard ! Je lui souhaite une longue vie !

VG : Je trouve qu’il a raison de se barrer s’il a envie de se barrer. Il fait ce qu’il veut de son pognon. Il les a payé ses impôts, 145 millions ! Qu’est-ce qu’ils nous emmerdent ! C’est comme moi, sur ce voyage en Israël… On me dit « comment ça, vous allez dépenser votre argent là-bas… »

JSS : Donc, fini aussi les voyages au Maghreb ?

VG : Ah de toutes façons, pour moi, tant que les femmes n’y seront pas traitées de manière équitable, je n’y mettrais plus les pieds ! Je peux encore aller en Algérie et au Maroc. Mais il est clair que la condition féminine est très importante. C’est par la femme que la paix viendra. Le jour où la femme sera libérée, il y aura moins de problèmes.

JSS : Quel est le sens de ton voyage ici, en Israël ?

VG : A la base, pas de sens particulier. Juste l’envie de venir voir et découvrir. Et je reviendrai plus tard avec ma mère qui a très envie de venir. Je me suis dit pourquoi pas Noël là bas, le nouvel an…

JSS : tu n’as pas eu peur de venir, avec tout ce qu’on entend depuis des années ?

VG : mais non, parce que tout ce que tout le monde dit, c’est qu’on est encore plus en sécurité ici que n’importe où dans le monde !

JSS : et tu l’as constaté ?

VG : je n’ai pas peur du tout. De plus en plus – je ne me fous pas de la mort – mais je suis fataliste. Il arrivera ce qui arrivera. Je n’ai pas peur si on me menace. Je n’ai pas peur des gens, même dans la rue à Paris. Et j’ai un peu la sensation, comme avec les animaux, que moins tu as peur et moins il t’arrive de choses.

A Tel Aviv, j’ai vu un nid de beaux mecs, avec des armes, ah la la !!!

JSS : le fait qu’il n’y ait pas de police ici dans la rue ?

VG : c’est génial ! Enfin ce matin, j’ai vu un nid de beaux mecs, avec des armes, ah la la !!!

JSS : des militaires.

JSS : on a vu des jeunes français qui t’interpellent, même ici.

Véronique Genest à Tel Aviv

VG : ils sont très sympas, très mignons.

JSS : ta première impression avec le pays ?

Une énergie très profonde.

VG : c’est magique. La lumière est très très belle, le pays est beau, il y a énormément de contraste, même architecturaux, un immeuble vétuste à coté d’un ultra moderne. Oui, j’aime beaucoup.

VG : on sent que c’est un pays qui s’est construit un peu vite, on sent que les choses n’ont pas toujours été fignolées par manque de temps. On sent un pays dans l’urgence, mais surtout une énergie très profonde.

JSS : tu imaginais un Tel Aviv comme ça ?

VG : non pas du tout… en fait je ne le voyais pas. C’est comme la première fois que j’étais à New York. Je croyais que ce serait étouffant, avec les gratte-ciels, alors qu’en fait ça respire bien New York. Ici, t’as l’impression d’être à Miami, mais avec le coté méditerranéen et cool.

Les gens sont tranquilles et gais

VG : ici tu peux marcher des heures, les gens sont tranquilles, gais. Shabbat on était sur la plage, j’ai vu les gens danser et j’ai dansé avec eux. Si j’habitais ici, je serais dans une école de danse le lendemain. Il y a une sorte d’énergie, et tout le monde est mélangé, les jeunes les vieux, il n’y a pas de barrières entre la vielle dame, le vieux monsieur, ceux qui savent bien danser et ceux qui s’y prennent comme des manches.

VG : personne ne se juge, il y a une gentillesse naturelle, les gens chantent, c’est magnifique.

JSS : es-tu excitée par ton voyage à Jérusalem ?

VG : forcément… c’est pour moi un peu le « berceau du monde », le berceau culturel, je ne peux être qu’émue.

JSS : tu crois qu’il faut donner la moitié de Jérusalem aux palestiniens ?

Jérulamen, je préfèrerais que ce soit Israël qui l’ait…

VG : je pense que Jérusalem devrait être une ville internationale qui appartient à tout le monde mais il faut la donner aux israéliens, car le jour où ce sera entièrement à Israël, le monde entier y sera accepté. A Tel Aviv j’ai vu que toutes les religions se côtoient, il y a une église, une mosquée, et tout le monde vit bien. Je n’ai pas vu de tensions, et j’ai croisé toutes les nations et toutes les religions.

JSS : tu as croisé des arabes…

VG : oui, et des barbus…

JSS : tu as croisé des noirs, où est l’apartheid ?

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Apartheid ?

VG : nulle part. Je ne l’ai pas vu. J’ai été dans les souks, j’ai été aux puces, j’ai été partout, tout le monde est mélangé, je ne savais pas toujours qui était qui. J’ai vu un groupe, je les ai pris pour des hippies, c’était des orthodoxes, magnifiques, beaux, habillés avec une mode… ! J’ai croisé un barbu avec une djellabah, vraisemblablement un musulman. J’ai entendu l’appel du muezzin à la mosquée, qui est très beau, avec la méditerranée devant… j’ai vu une église…

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Orthodoxes

VG : donc je me dis que si ce sont les islamistes qui ont Jérusalem, personne ne pourra y aller, et si c’est Israël, ce sera ouvert à tout le monde. Donc je préfèrerais que ce soit Israël qui l’ait…

JSS : tu vas aussi aller dans les territoires disputés ?

VG : disputés ou discutés ? Moi je dis contestés. Oui bien-sûr, on va aller un peu partout.

JSS : tu n’as pas peur de franchir la ligne verte ?

VG : pas du tout ! Les gens qui vivent là bas vivent très bien. Les médias, ce qu’ils disent… je n’irais pas à Gaza par contre.

JSS : Ramallah ?

VG : ils vivent très bien à Ramallah, ils ont des très belles maisons, des beaux 4×4, c’est un peu comme Tel Aviv, ils vivent un peu comme ici, donc ça ne me fait pas peur d’aller à Ramallah.

Merci Véronique Genest, pour votre temps pris sur vos vacances pour répondre à nos question, pour votre chaleur humaine et votre approche naturelle.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

JSSNews : Véronique Genest à Tel-Aviv – Islam, Israël, mariage homo, Depardieu… Interview sans langue de bois !
(1) http://marie-masson-gaechter.over-blog.com/article-genocide-des-indhus0-le-genocide-tu-3-3-96655481.html
(2) http://www.libertiesalliance.org/2012/08/10/licla-et-le-processus-de-bruxelles-contre-la-charia/
(3) http://danilette.over-blog.com/article-les-dangers-du-processus-d-istanbul-alexandre-del-valle-109363346.html
(4) http://www.postedeveille.ca/2011/01/declaration-du-caire-sur-les-droits-de-lhomme-en-islam.html
(5) http://www.dreuz.info/2012/12/100000-chretiens-assassines-en-2012/

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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mika 01/01/2013 11:47


D’abord il faut saluer son courage. En exprimant sa vérité elle affronte délibérément le
milieu ou elle évolue et une partie de son public ce qui n’est pas rien. Reste quelques approximations dans son approche globalement très cohérente. Elle sait ce que parler veut dire et ne
débarque pas sur le sujet par mimétisme ce qui n’est pas le cas des journaleux qui ont pu lui jeter la pierre et des bobos de sa profession.

LA GAULOISE 01/01/2013 10:00


ON A TOUT SIMPLEMENT ENVIE D ETRE L'AMIE DE VERONIQUE.