Interwiew de Bonapartine sur les déclarations de Marine le Pen. 1er Partie.

Publié le 21 Décembre 2010

Je publie une interview en deux partie de Bonapartine à propos de Marine le Pen. Mais qui est donc Bonapartine ?

C’est une contributrice du Journal Riposte Laïque un journal en ligne que je ne vous présente plus désormais. Elle a également engagé une réflexion, lors d’entretiens menés au cours de l’été 2010, sur le thème de l’identité avec le Blog Lessakele [Blog Lessakele, taper "Le blog de Gad" sur Google pour y accéder/ Contact : gadrowicz15@hotmail.com/ Bannière intitulée "Bonapartine" de la Pyramide du Louvre, colonne de droite sur le Blog Lessakele-].

En septembre 2010, le Mensuel israélien Météor a publié une synthèse de son article paru début août 2010 sur le même journal en ligne: "Toute la classe politique concourt à la progression préoccupante du Front National"[Riposte Laïque du 09.08.10, n°157].

Le mois dernier, elle a engagé un cycle de réflexion sur les questions relatives au système éducatif républicain français, de l’école primaire au lycée, avec le Blog Lessakele. Un cycle destiné à se prolonger sur une période de plusieurs mois [Blog Lessakele, Bannière située dans la colonne de droite intitulée "L’école publique, réussites et fractures, d’hier à aujourd’hui", représentée par un timbre sur lequel apparaît Jules Ferry].

Cette femme de caractère qui ne s’en laisse pas compter sur les principes a bien voulu m’accorder une interview sur ce personnage politique français qui monte dans les sondages du fait, à mon sens, de la faiblesse des politiques sur les principes républicains et d’un manque évident de volonté politique pour assumer, au-delà d’une acceptation sans limite des exigences islamistes, les conséquences d’une immigration incontrôlée et de l’islamisation grandissante de notre société... au mieux. Car au fond, je crains fort que c’est Eurabia qui est la finalité de ces politiques et de l’Europe de Bruxelles.   

Gérard Brazon

1er partie

Au cours d’une réunion politique organisée à Lyon le 10.12.10, Marine Le Pen a déclaré : "Il y a quinze ans, on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles ; puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqas, et puis il y a eu des prières sur la voie publique. D’abord, c’était rue Myrha et maintenant, il y a dix ou quinze endroits où, de manière régulière, un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation. On pourrait en parler parce que çà, c’est une occupation du territoire qui est une occupation de pans du territoire. Des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes, il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur tous les habitants."

 

 

Gérard Brazon - Bonapartine, en quoi les déclarations de Marine Le Pen faites à Lyon le 10.12.10 sont, selon vous, à la fois une aberration historique et un piège tactique tendu à l’ensemble tant de la classe politique que de la sphère médiatique françaises ?

 

Bonapartine : Les déclarations de Marine Le Pen sont tout d’abord une aberration historique pour la simple raison que l’Occupant, de juin 1940 à août 1944, est Allemand en France. Or, à ma connaissance, les occupants de la voie publique, dans la France de 2010 sont, dans leur immense majorité, nés en France et donc de nationalité française. Ce qui ne légitime en aucun cas les multiples occupations illégales de la voie publique aux fins de prières publiques sur plusieurs points du territoire français.

 

Au demeurant, tout historien sérieux et rompu à la démarche scientifique en matière de recherche historique, vous dira toujours qu’on ne peut pas ainsi impunément comparer une situation historique donnée avec une autre qui s’inscrit dans un contexte historique et dans une époque qui n’ont rien de comparable avec les nôtres, où les gens n’évoluaient pas dans le monde globalisé qui est le nôtre et où donc ils ne pensaient pas de la même manière que nous aujourd’hui.

 

A partir de là, Marine Le Pen affirme qu’elle ne parlait pas de l’Occupation allemande mais de l’occupation d’un territoire avec un "o" mineur. Or, elle fait explicitement référence à la Seconde Guerre mondiale dans la première partie de sa phrase : "Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler parce que çà, c’est une occupation du territoire qui est une occupation de pans du territoire."

 

Dans ce cas, si Madame Le Pen avait souhaité ne parler que d’occupation avec un "o" mineur, pourquoi s’être référée, dès le commencement de sa phrase, à la Seconde Guerre mondiale ? On voit donc bien qu’il y a d’emblée, dans le discours de Marine Le Pen, une confusion qui, à mon avis, était dès le départ intentionnelle puisqu’elle avait pour objectif de provoquer une réaction. Mission remplie, il faut bien le reconnaître, probablement, bien au-delà des espérances de son auteur !

 

La suite, chacun de nous la connaît : la quasi-totalité de la classe politique française n’a pas eu, un seul instant, à compter du moment où ces déclarations  ont été rendues publiques, le réflexe avant-gardiste de se poser et de réfléchir à la stratégie de communication la plus appropriée pour recentrer le débat sur la question de l’occupation illégale de l’espace public et non sur la seule personne de Marine Le Pen. En effet, à force de ne plus parler que de ses excès de langage sans proposer de solutions sur le fond puis de sa seule personne, les médias  et les politiques ont réussi l’incroyable "exploit", au terme du week-end, de renverser la tendance en sa faveur. Ce qui a eu pour conséquences de minimiser, à tort, d’une part la gravité de ses propos, mais également d’anéantir l’ouverture de tout débat sur le problème de fond qui se pose à la République française : l’occupation illégale de l’espace public pour motif d’organisation, chaque vendredi, de prières publiques.

 

Gérard Brazon – Dans ce contexte précis, vous semblez avoir été particulièrement excédée par l’ensemble des réactions de la classe politique ? Pourquoi ?

 

Bonapartine : "Excédée" est, en effet, le terme parfaitement approprié à la circonstance. Et très honnêtement, je l’ai été à plusieurs titres.

D’une part, j’ai été frappée par la sur-réaction de la classe politique française qui, en réagissant à vif, a donné le sentiment net qu’elle était incapable de prendre de la distance avec les évènements politiques, si tant est du reste qu’il eut fallu assimiler la sortie verbale de Marine Le Pen à un "évènement politique". Or, voyez-vous, il n’y a rien de plus préjudiciable, en tant de crise, que l’image de panique renvoyée par la classe politique d’un pays, a-fortiori celle réfléchie par la majorité gouvernementale en place, à la moindre provocation du leader d’un parti politique dont la progression affole légitimement un certain nombre de républicains. En fin de compte, en s’agitant intempestivement de la sorte plutôt que de prendre du recul et de réagir avec sang froid aux diatribes parfaitement contrôlées et savamment calculées de Madame Le Pen, la classe politique française vient de passer le message suivant aux Français, un message désastreux parce qu’il ressemble, à s’y méprendre, à un aveu d’impuissance :

 

"Oui, nous savons que les sondages reflètent malheureusement une réalité qui fait froid dans le dos : le Front National gagne réellement du terrain non seulement dans l’espace géographique français mais également dans les esprits et, en vérité, nous ne savons pas aujourd’hui combien sont, en France, ceux qui n’adhèrent pas au Front National, n’ont encore jamais apporté leur voté au Front National mais n’en sont pas moins des électeurs potentiels que le Front National saura capter en temps et en heure."

 

D’autre part, j’avoue avoir été sidérée par le nombre d’inepties débitées par la classe politique française, de droite comme de gauche. Quelques exemples :

 

a)      Christine Lagarde  sur RMC : " Tel père, telle fille (…) Cela ne correspond pas aux valeurs fondamentales de notre pays qui sont la responsabilité, la liberté, et le respect d’autrui, dans le respect du droit. "

 

Réaction gravissime que celle de Madame Lagarde. Pourquoi ? Tout d’abord parce que je pense qu’il est toujours malsain de marquer une personne, fut-elle Marine Le Pen, ainsi d’office du sceau indélébile de ce que j’appelle le présumé "déterminisme génétique lié à la filiation paternelle ou maternelle" qui ferait de chacun de nous un être fatalement destiné à hériter de la mémoire de sa famille mais aussi des défauts ou des handicaps de ses parents. Vous savez, les mots ont un sens précis dans la langue française et, dans ce domaine, le rôle d’un(e) élu(e) politique est davantage de veiller à ne pas blesser tant la mémoire individuelle de chacun de ses concitoyens que la conscience collective, plutôt que de jeter de la sorte en l’air des anathèmes qui n’ont pas forcément lieu d’être. Sur ce point, et bien que je n’aie aucune attirance tant pour le discours du Front National en général que celui de Marine Le Pen en particulier, pour autant, je vous le dis en toute transparence : je refuserai toujours pour ma part, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de quiconque d’autre, de tenir un discours qui fasse en quoi que ce soit référence à un présumé déterminisme génétique des personnes dont je parle. Toujours et en toutes circonstances. Evidemment, cette affirmation s’adresse en des termes identiques à Jean-Marie Le Pen qui, au moment où je réponds à votre interview, monsieur Brazon, vient pourtant de commettre exactement la même faute - et curieusement, là, personne ne réagit dans la classe politique ! - en déclarant : "Il y a tant de gens qui doutent de la filiation de leurs enfants : moi, je n’en doute pas, et elle est confirmée si j’ose dire."

Je rappelle juste à Monsieur Le Pen que s’il "y a tant de gens qui doutent de la filiation de leurs enfants" en France et sans que l’on sache exactement sur quelle étude Monsieur Le Pen fonderait en la circonstance son affirmation, il n’appartient toutefois alors qu’à ces "gens" dont il parle de prendre leurs responsabilités et de demander une vérification par les tests ADN de la filiation d’un ou de plusieurs de leurs enfants. Si les hommes qui sont concernés par ces problématiques n’engagent pas une procédure de vérification de paternité par le biais des tests génétiques, c’est qu’ils ont sans doute de bonnes raisons de ne pas s’y plier de leur plein gré non plus, n’est-ce pas ? Ou qu’ils n’ont peut-être pas suffisamment bonne conscience pour accepter ce genre de tests, allez savoir !

 

Autre point qui pose problème dans l’intervention de Madame Lagarde sur RMC : Madame Lagarde avance que les propos de Madame Le Pen ne correspondent pas "aux valeurs fondamentales de notre pays qui sont la responsabilité, la liberté, et le respect d’autrui, dans le respect du droit." Sur le fond, je suis en accord avec le rappel de Madame Lagarde … encore que, à titre personnel, j’aurais pris soin de remémorer prioritairement la devise de la République "Liberté, Egalité, Fraternité" et de remettre avec force au devant de la scène le concept de laïcité. Par ailleurs, pour être tout à fait complète, Madame Lagarde aurait surtout dû s’attacher à répondre, également dans la foulée, à cette question : les occupations de pans entiers de l’espace public sur le sol français, destinées à la prière, sont-elles légales ? Pourquoi Madame Lagarde n’a-t-elle pas procédé, lors de son intervention sur RMC, à un rappel à l’ordre sur ce que doit être le respect du principe de laïcité en France ?

 

b)      Viennent alors les déclarations, je dois dire , "fracassantes" de Madame Aubry dont je cite ici la première partie afin de ne pas devoir non plus consacrer vingt lignes à démontrer les invraisemblances de son discours : 

"Je ne suis pas sûre qu'elle (Marine Le Pen) ait compris qu'elle s'adressait aux petits-enfants de ceux qui ont libéré Marseille, en particulier ceux des Algériens qui sont morts pour donner leur vie à notre pays."


".... ceux des Algériens qui sont morts pour donner leur vie à notre pays."
 : à ma connaissance et jusqu’à preuve du contraire, les "Algériens", en 1945, ne sont pas Algériens mais Français car l'Algérie, en 1945, c'est ni plus ni moins que la France. Je ne vois donc pas ce qu'il y avait de si extraordinaire pour les Français, quelles qu’aient été leur couleur de peau, leur ethnie d’origine, qu’ils aient été croyants ou pas, à faire le sacrifice de leur vie pour leur pays, la France : c'est le genre de réalité qui me paraît plutôt évidente dans ce genre de circonstances, autrement dit quand son propre pays est en danger. Et que devrions-nous dire à ces milliers d’autres jeunes gens, je pense aux Américains, qui n'ont pas hésité, eux, à traverser un immense océan, pour faire le sacrifice de leurs jeunes vies pour le peuple français ? N’était-ce pas un sacrifice encore plus grand ? Mais curieusement, Madame Le Pen n'en parle pas ... et Madame Aubry non plus .....

 

c)      Enfin, "la cerise sur le gâteau" pour clore un si long week-end, un si triste week-end nourri d’âneries déversées à longueur d’antennes de radios, de plateaux de télévision et de colonnes de journaux, les médias n’ayant évidemment pas une seule minute hésité à se rendre complice du carnage née de la noyade filmée en direct de notre classe politique ; tragédie en quelque actes finalement si minutieusement orchestré par Marine Le Pen : arrive alors Ségolène Royal qui affirme, sans l’ombre d’une interrogation, que Nicolas Sarkozy est "seul responsable de la montée du Front National". Bah voyons ! C’est tellement plus simple pour une partie des Socialistes français de redevenir amnésiques quand çà les arrange ! Mais au fait, n’était-ce pas François Mitterrand en personne qui, en introduisant le scrutin proportionnel et devant la crainte qui était la sienne de voir le Parti socialiste français prendre une claque électorale monumentale en 1986, avait apporté, cette même année, une aide électorale et politique on ne peut plus salutaire au Front National ? Ce qui avait d’ailleurs permis à ce dernier, autant que je me souvienne, d’obtenir un peu plus de 30 sièges à l’Assemblée nationale. Pourquoi Madame Royal opère-t-elle soudain un tel blackout sur cet épisode de l’Histoire de la vie politique française ? Et comment comprendre que la droite républicaine française n’ait pas, elle non plus, tiré toutes les leçons du passé et se soit, à ce point, laissé piéger par les provocations éhontées de Marine Le Pen ?

 

Suite en deuxième partie.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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island girl 22/12/2010 21:50



Les sondages sur la montée du font national font peut etre froid dans le dos de Bonapartine ,pour moi ils me font chaud au coeur,il faut savoir ce que l'on veut et c'est à force de tergiverser et
d'avoir peur d'agir que l'on ne fait rien!


Il faut pour la france quelqu'un qui a des couilles et non pas des pantins effarouchés Marine Le Pen est intelligente,elle parle bien,elle a du courage et de l'audace,et c'est loin d'etre une
benie oui oui...


Je vais voter  pour elle (pour la 1ere fois) et rien ne me fera changer d'avis!