Islam radical - André Gerin : "Les gouvernements successifs ont renoncé à combattre le mal"

Publié le 21 Janvier 2015

J'ai rencontré André Guérin il y a trés longtemps ! A l'époque ou il avait alerté sur le voile islamique et fit scandale. Nous avions une amie commune belge, qui luttait contre les violences commises sur les femmes musulmanes. Elle m'avait invité à une conférence au Sénat. André Guérin était là et m'avait serré la main mais avait toutefois refusé que nous fassions une photo ensemble car à l'époque j'étais à l'UMP et il ne voulait pas se compromettre. Aujourd'hui que je suis au FN, il ne me serrerait probablement pas la main alors même que je n'ai pas changé et lui non plus. C'est une affaire d'étiquette.

C'est une grande gueule et ma foi, j'aime bien les grandes gueules, les vrais, pas les policés qui font semblant dans l'émission les Grandes Gueules sur RMC. Sauf quand il y a l'ami Gilbert Collard ou Williams Goldnadel. 

Gérard Brazon

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André Gerin, l'ancien député-maire de Vénissieux, fin connaisseur des banlieues et figure emblématique du Parti communiste, n'est pas étonné des attentats terroristes qui viennent de frapper la France. Il explique qu'il tire la sonnette d'alarme depuis des années sans être entendu.

 

 

Le Point.fr : Vous dénoncez depuis des années ceux que vous appelez "les talibans français". Qu'entendez-vous par là ?

André Gerin : J'ai eu deux électrochocs. Le premier en 2002 quand je me suis retrouvé avec deux gamins de Vénissieux enfermés à Guantánamo. C'étaient des jeunes intégrés qui ne posaient pas de problèmes. Ils étaient du même quartier. J'ai cherché à savoir qui pourrissait la tête de nos gamins et s'il y avait des têtes de réseau. Le second électrochoc, c'est 2005 et ses trois semaines d'émeutes. Je me suis demandé ce qui s'était passé entre le drame dans le transformateur électrique et, huit jours après, la grenade à proximité de la mosquée. La situation a changé de nature. Il y a eu huit cents communes concernées avec, en ligne de mire, les lieux de la République, les écoles, etc. À côté de ces deux déclencheurs, j'ai eu aussi des échos de la part des enseignants, dans les collèges, qui me décrivaient des ados qui se lèvent pour contester les cours de bio, de sciences naturelles, d'histoire, etc.

C'est pour cette raison que vous êtes parti en guerre contre le port du voile intégral en 2009 ?

J'ai toujours dit que, pour moi, le voile intégral était la partie émergée de l'iceberg. À la base, je voulais une enquête sur la question du voile intégral dans l'espace public, le problème que cela posait chez les musulmans, les conflits dans les services sociaux, à l'état civil, dans les hôpitaux. Je voulais aussi pointer du doigt les problèmes que rencontraient les jeunes filles dans certains territoires de la région parisienne et ailleurs. Pour être dispensées de sport au collège, elles se présentaient avec des certificats de complaisance. Il était impossible pour des jeunes filles d'aller au planning familial de leur quartier.

Vous avez l'impression d'être seul à gauche sur ces sujets ces dernières années ?

Politiquement, oui, mais, en réalité, pendant ces six mois de mission sur le voile, j'ai reçu quelque cinquante mille messages, dont seulement 5 % qui m'insultent, et le reste, surtout des femmes, qui me soutiennent. Quand j'ai remis mon rapport à l'Assemblée, il y avait une trentaine de télévisions étrangères, j'ai fait plus de deux cents interviews, du Japon au Pakistan, en passant par l'Angleterre, le Canada. C'était un sujet géopolitique. Pourtant, le problème n'a jamais été pris au sérieux du point de vue politique, je le regrette. Ensuite, on est passé à autre chose, comme on le fait depuis trente ans.

(Ce qui justifie notre opinion sur la manipulation politique du pouvoir suite aux attentats comtre Charlie Hebdo et l'Hyper Cascher. Il y a récupération par ceux là même qui ont laissé faire.ndlr Gérard Brazon)

Pour quelles raisons ?

Parce qu'il y a une sorte de paralysie par rapport au Front national. Il y a des sujets tabous. Aussi à cause de l'angélisme de la gauche, qui continue, du côté du PC, de Mélenchon, du PS. J'ai quand même l'impression que Manuel Valls a compris : il fait exactement ce que j'ai dit. Mais on va voir la suite. Il va maintenant y avoir débat au PS sur ces questions, c'est obligatoire.

Où ces attentats islamistes prennent-ils racine, selon vous ?

On se trompe en considérant que ces événements n'ont pour origine que des problèmes économiques et sociaux. Il s'agit aussi d'une guerre culturelle. Il y a vraiment des gens qui mènent une guerre culturelle contre la République, contre un art de vivre, contre ce qu'il y a de meilleur dans les valeurs occidentales. Le fond du problème est là. On se souvient de l'imam Bouziane qui incitait à la lapidation des femmes, avec un discours anti-République, anti-Blancs et anti-France. Le discours des fondamentalistes est un discours de culpabilisation de la France, de l'Europe, de l'Occident.

Vous dénoncez un racisme anti-français ?

Bien sûr, et je n'hésite pas à le dire. Il faut dénoncer le racisme anti-arabe, anti-musulman, l'antisémitisme. Mais le racisme anti-Blancs, anti-France, fait aussi partie de ce que vivent les gens dans les quartiers populaires. Des quartiers qui ont changé de figure en vingt ans. Aujourd'hui, les Français "de souche" n'y sont presque plus présents parce que ça devient invivable pour eux pour cette raison, mais aussi parce qu'il y a une nouvelle forme de banditisme, de voyoucratie, qui s'y installe.

Vous reliez le banditisme à la montée de l'intégrisme religieux ?

Il est évident qu'il y a une prise de pouvoir commune de certains territoires par les trafiquants de drogue, les mafias et les fondamentalistes. Il y a une connivence entre eux pour la prise de pouvoir sur les gamins. Cela explique pour une part les violences, contre les pompiers, la police. J'en ai maintenant la certitude, ces trafics de drogue et autres sont une source de rémunération pour les intégristes qui ont besoin d'argent pour financer leurs activités. C'est un des sujets qu'il faudra aborder très vite : faire la guerre à la drogue, avec de la police d'investigation.

Vous dénoncez le manque de réponses politiques ?

Les gouvernements successifs ont renoncé à combattre le mal par la racine. On est dans une logique purement économiste et cette question de la sécurité a été négligée. Je dénonce tous les discours sur la victimisation des musulmans, sur l'excuse, qui deviennent insupportables. Si on parle de la question de l'islam, si on n'est pas capable de dire qu'il y a un islam de paix et un islam de guerre, un islam politique, on va se préparer des lendemains encore plus douloureux. Il faut encourager le dialogue avec les Français de confession musulmane, mais en même temps mener un combat impitoyable avec tous ceux qui pourrissent la vie de nos quartiers.

Quelles sont les solutions à apporter, selon vous ?

Elles passent par l'école et par la sécurité. Pour l'école, on a complètement oublié le rapport Obin remis en 2004 à François Fillon qui dénonçait déjà une montée du communautarisme dans les établissements.

L'école doit redevenir un sanctuaire. Il faut sortir de l'illusion de l'école portes ouvertes, comme on le fait depuis quarante ans. On a considéré que les problèmes de la société devaient aussi venir dans l'école. Il faut désormais que la laïcité soit totalement respectée, qu'il y ait une séparation entre l'école et la société, et un retour à l'autorité.

  Commençons à appliquer les vingt propositions de la commission Stasi. Il faut peut-être aussi interdire le port du foulard à l'université. Il faut que les enfants puissent manger ensemble à la cantine, de tout. Pourquoi y aurait-il une interférence entre le religieux et l'école ? Il faut en finir avec ça, c'est terminé. Il ne faut pas que ça devienne un élément de séparation entre les enfants. Il y a comme ça de nombreux principes simples à respecter. On a sous-estimé l'endoctrinement des gamins. Et pour la sécurité, il faut s'attaquer aux mafias et aux trafics dans les territoires. Là, il faut mettre en place une stratégie nationale. Il faut les toucher là où ça fait mal : l'argent.

Localement, considérez-vous que certains élus ont fermé les yeux sur beaucoup de choses au nom de la paix sociale ?

Certes, mais il ne faut pas taper sur les élus. C'est au niveau national que ça doit passer. Va-t-on enfin débattre sur ces questions ? Est-on capable politiquement d'avoir une approche républicaine, non partisane ? Allons-nous continuer à nous renvoyer la patate chaude sur les questions aussi fondamentales que l'école et la sécurité ?

Ne craignez-vous pas de conforter ainsi le FN ?

Il y a le FN, mais surtout les millions de gens qui ne votent plus et qui représentent pour moi des bombes à retardement. Ce qui pose problème aujourd'hui, ce n'est pas le Front national, mais les réponses politiques que la gauche et la droite apportent à la société.

 Les manifestations du 11 janvier posent des questions inédites d'exigence qui font que les partis politiques sont au pied du mur. Il faut que les dirigeants politiques de ce pays balayent devant leur porte, et je remonterai jusqu'à Giscard. Leur responsabilité est engagée par rapport au Front national. En 1991, Fabius disait que le FN posait de bonnes questions, mais apportait de mauvaises solutions. C'est bien dit. Chirac a parlé un jour des problèmes de voisinage, on lui est tombé dessus... Le rapport Peyrefitte de 1978 sur "sécurité et liberté" lui a valu bien des critiques. De même, le travail de Gilbert Bonnemaison reprenait les travaux de Peyrefitte.

Vous proposez la création d'un conseil national de lutte contre le terrorisme ?

C'est effectivement ce que je vais proposer au Premier ministre. C'est une approche républicaine d'une question qui concerne l'intérêt général, où il n'y a pas de place pour les approches partisanes. Il serait représentatif de toutes les tendances politiques. Il ferait tout d'abord un état des lieux, puis des propositions partagées. C'est, pour moi, la réponse aux manifestations du 11 janvier.

Comment voyez-vous l'avenir proche ?

 

Je ne suis pas très optimiste. Quand on voit qu'on a applaudi dans certains quartiers après le drame du 7 janvier... La situation fait penser au 11 septembre 2001. Je pense qu'on n'a pas vu le pire. Je crains que le réveil ne soit encore plus douloureux.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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lombard 22/01/2015 10:44


bonjour


il est évident que nous sommes en guerre ,mais ces laches élus qui maintenant envisagent un saupoudrage pro FN essayent seulement de ne pas perdre la face ni leur buisness !!c'est un scandale et
biensure comme vous le rappelez malraux et d'autres a l'époque tiraient aussi la sonnette d'alarme .il faut agir brutalement et trancher, passer en proccedure d'urgence voir martial ! il faut
faire passer le message a toutes ces parasites terroristes et sympatisants que leur avenir est ailleurs et que le départ doit etre immédiat !!!!

Claude Germain V 21/01/2015 22:07



Depuis plus de 60 ans combien de salopards de faibles et de laches politicards n'ont pas voulu agir par peur ,lacheté ou interets mercantiles ????



En 1956, Malraux s'exprimait sur l'Islam et semblait avoir prévu les problèmes contemporains
dus à l'islamisme.









En 1956, Malraux s'exprimait sur l'Islam et semblait avoir prévu les problèmes
contemporains dus à l'islamisme.






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[Note sur l’Islam] 


La nature d'une civilisation, c'est ce qui s'agrège autour d'une religion. Notre civilisation est
incapable de  construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera.


C'est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par
la plupart de nos contemporains, cette montée de l'islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles.
A l'origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n'ont trouvé la
réponse. De même aujourd'hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l'islam. En théorie, la solution paraît d'ailleurs extrêmement difficile. Peut-être
serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l'aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d'Etat. Les données actuelles du problème
portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s'établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis «musulmane» je pense moins aux structures religieuses
qu'aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu'en devenant une sorte de dictateur.
Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l'islam, si elles avaient été appliquées à temps. Actuellement, il est trop tard ! Les «misérables» ont
d'ailleurs peu à perdre.


Ils préféreront conserver leur misère à l'intérieur d'une communauté musulmane. Leur sort sans
doute restera inchangé. Nous avons d'eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l'avenir de leur race. L'Afrique noire ne
restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c'est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d'en retarder l'évolution.


André Malraux, le 3 juin 1956.