Islamisation douce à Science-po sous le regard énamouré des bobos!

Publié le 5 Juin 2012

Fondée en 2010 à l'initiative de quelques étudiants musulmans de la rue Saint-Guillaume, l'association Salaam Sciences-Po se veut non communautariste. Rencontre avec l'un de ses membres actifs.

20 heures, le soleil n’est plus au rendez-vous, d’ailleurs sommes en retard. Le salon de thé est animé par certains habitués du coin, ou des nouveaux curieux comme nous. Un fond de musique nous rappelle les classiques d’Oum Kaltoum. Pas loin, un jeune homme, smartphone à la main, nous attend.

Keivan , 21 ans, franco-iranien, est étudiant à Sciences-Po en première année de Master en communication. Comme quelques étudiants, il a intégré l’école par le biais des conventions Zep. Il vient d’effectuer sa troisième année en Australie, à l’université de Melbourne.

Aujourd’hui, il est venu nous parler de Saalam Sciences-Po, une association qui a vu le jour  il y a deux ans, dans les locaux de la prestigieuse institution. Il nous raconte que c’est sans grande difficulté qu’ils ont réussi à se faire une place au sein de l’école. C’est d’ailleurs avec un grand enthousiasme que l’administration de Sciences-Po a salué l’initiative. Saalam Sciences-Po a été créé dans le but d’inviter des personnes, de confession musulmane ou non, à avoir une réflexion sur l’islam.

L’association a su intelligemment proposer des sujets intéressants, peu sollicités par la communauté musulmane telle que la sexualité en islam, l’écologie ou encore des sujets  ancrés dans l’actualité comme « Manger halal en République: patriotisme ou sédition ? »

Parmi les intervenants, on note la présence de Médine, rappeur, ou encore Fateh Kimouche , créateur du site Al Kanz, une référence sur les questions du halal. Il est notamment  à l’origine de l’affaire du  Quick Halal. On retrouve également le nom de Tariq Ramadan, qui a tenu une conférence intitulée « L’islam politique à l’aune des révolutions arabes ». « Si on a fait appel à lui, c’est d’abord parce qu’il est expert sur la question, mais aussi, il ne faut pas se voiler la face, c’est une personnalité médiatisée donc on sait qu’on aura beaucoup de monde à la conférence ». D’ailleurs, les organisateurs ont dû refuser des gens à l’entrée de la conférence par faute de place.

C’est sans surprise qu’on apprend que la conférence de Tariq Ramadan a créé une polémique : l’Union des Etudiants Juifs de France à tenté de boycotter la conférence en distribuant des tracts signés par le collectif Ni Putes, Ni Soumises et SOS Racisme.  Un geste qui a choqué Keivan « Quand tu vois le logo de Touche pas à mon pote, tu te poses des questions, tu te demandes si ce que tu fais est considéré comme raciste ? » Jonathan Hayoun, président de l’UEJF a réussi à faire une intervention remarquée en interpellant Tariq Ramadan au sujet de son émission Islam and Life sur Press TV, une chaine iranienne, l’accusant de collaborer avec le gouvernement d’Ahmadinejad .

Salaam Sciences- po est aussi critiqué par certains membres de la communauté musulmane qui accusent l’association de promouvoir un «  Islam Bisounours »,  trop « couscous et thé à la menthe».  Pour Keivan, «  l’association ne prétend pas être représentative de la communauté musulmane en France », l’équipe garde la tête sur les épaules, délaissant les polémiques.  D’ailleurs l’agenda de Salaam Sciences-Po est plein et d’autres conférences sont prévues au programme. Les prochaines auront pour thème «  la culture afro en islam » ou encore «  les quatre écoles de jurisprudence ». Mais avant cela, l’heure est aux examens pour les étudiants de la rue Saint-Guillaume.

Ibtissem Zouhiri et Souhila Latreche

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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