Islamisme et nazisme par Paul Foster

Publié le 28 Mars 2012

Paul Foster 

Dans Riposte Laïque du 10 novembre 2007, Cyrano donnait un superbe article concluant à l’analogie entre résistants au nazisme en 1940 et résistants à l’islamisme des années 2000. En réalité comme le démontre Paul Foster, l'analogie va au-delà : nazisme et islamisme sont deux systèmes totalitaires qui présentent des similitudes et des synergies.

L’islamisme moderne : retour à l’islam conquérant totalitaire
Le mouvement des Frères Musulmans a été créé en Egypte en 1928 par Hassan el Banna. Au-delà d’une pratique individuelle de la religion, il s’agit d’un système politique qui affirme (1) la supériorité de l’homme musulman et (2) la nécessité de convertir le monde à l’islam, de reprendre la conquête dans les pas du prophète. La société qu’il préconise est organisée de manière totalitaire. Les régimes qui adoptent la charia comme seule constitution rejettent la démocratie et établissent un système ultra-policier.

El Banna a défini une stratégie politique par étapes, du ralliement de la communauté de quartier à la grande nation islamique mondiale. L’outil de cette expansion est le djihad, qui est une guerre de conquête. La violence, individuelle ou collective, est autorisée, voire encouragée pour la cause. Hamas et Al Quaïda sont deux exemples d’organisations utilisant la doctrine d’el Banna. Certains leaders actuels estiment que l’Amérique et le Proche Orient tomberont par la guerre et l’Europe par la prédication et l’intimidation.

Empathie entre islamisme et nazisme avant la seconde guerre mondiale

El Banna avait de la sympathie pour le nazisme : « Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, et bien la foi musulmane impose à chaque Musulman de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. »

Dans un ouvrage paru en 2004, le militant d’extrême droite italien contemporain Claudio Mutti affirme que la sympathie était réciproque : « Hitler avait un faible pour la religion islamique ». Cet engouement aurait été partagé par de nombreux dignitaires nazis et il alla, dans un nombre significatif de cas jusqu’à la conversion. Mutti inventorie les sympathies dont jouissait le nazisme dans le monde musulman. Il signale qu’en 1945, « les Frères musulmans éliminèrent une haute personnalité égyptienne qui s’était déclarée favorable à l’entrée en guerre de l’Egypte contre l’Allemagne ».

Islamistes et nazis imposent le totalitarisme et la guerre pour protéger leur homme supérieur (le Musulman et l’arien respectivement) contre une menace extérieure. Islamistes et nazis se sont choisi la même menace : les Juifs. L’un des successeurs de Hassan el Banna, Sayd Qutb (1906-1966), est l’auteur de Mon combat (mein Kampf) contre les Juifs.

La double haine envers les Juifs

Pourquoi les Juifs ? La première haine des islamistes envers les Juifs est d’origine coranique : le prophète, une fois installé à La Mecque, s’est retourné contre les tribus arabes juives, ses anciens alliés, et ne leur a laissé de choix qu’entre extermination et conversion. Les passages du Coran de la période de La Mecque contiennent des affirmations virulentes contre les Juifs (et contre les Chrétiens, qui ont des pratiques païennes comme la trinité). Ce sont ces passages que les islamistes mettent en exergue.

La seconde source de haine est laïque. L’ouvrage de référence a été écrit en 1898 : il s’agit d’un pamphlet antisémite, les « protocoles des sages de Sion ». L’auteur, Mathieu Golovinsky, un agitateur travaillant pour la police tsariste à Paris, met en scène des leaders de la communauté juive (qui, bien entendu n’ont jamais existé) qui racontent comment ils s’y prennent pour dominer le monde. Depuis 1921, on a découvert que ces « protocoles » sont un faux (voir la remarquable bande dessinée de Will Eisner). Malgré cela, l’ouvrage a fait une carrière extraordinaire chez les nazis et chez les islamistes, qui l’utilisent depuis un siècle pour dénoncer le soi-disant « complot juif ».

La charte du Hamas, à côté de citations anti-juives du Coran (la haine théologique), se réfère aux « protocoles » et rend les Juifs responsables de tout ce qui ne va pas dans le monde, depuis la révolution française jusqu’à Israël. Ainsi l’article 22 : « Depuis longtemps les ennemis [les Juifs] complotent, habilement et avec précision pour réaliser leurs objectifs … Avec leur argent, ils ont mis la main sur les médias du monde entier : presse, maisons d’édition, stations de radio etc…

Avec leur argent, ils ont soulevé des révolutions dans plusieurs parties du monde afin de servir leurs intérêts et réaliser leur objectif. Ils sont derrière la révolution française, la révolution communiste et toutes les révolutions dont nous avons entendu parler. Avec leur argent, ils ont mis sur pied des sociétés secrètes comme les francs-maçons, les clubs Rotary, les Lions et autres dans différentes parties du monde, afin de saboter les sociétés et servir les intérêts sionistes.

Avec leur argent, ils sont parvenus à contrôler les pays impérialistes et à les pousser à coloniser de nombreux pays pour exploiter leurs ressources et y propager la corruption … Ils ont été derrière la première guerre mondiale quand ils ont aboli le califat islamique, réalisant des gains financiers et contrôlant les ressources. Ils ont obtenu la déclaration Balfour, créé la Ligue des Nations pour diriger le monde. Ils ont été derrière la seconde guerre mondiale, à travers laquelle ils ont réalisé des gains financiers énormes en faisant le commerce des armes, et ont ouvert la voie à la création de leur état. »

Amin al Husseini

Le personnage qui a beaucoup œuvré pour le rapprochement entre le nazisme et le monde arabo-musulman est un nazi arabe, Mohamed Amin al Husseini (1897-1974). Amin est issu d’une famille de notables qui s’est enrichie au 19ème siècle sur le dos des paysans palestiniens, juifs et arabes. Grâce à leur position de collecteurs d’impôts, les notables arabes avaient extorqué la terre aux fellahs, écrasés de dettes. Quelques années plus tard, les mêmes notables revendaient cette terre aux paysans sionistes, en faisant des bénéfices de 4000%.

Amin se passionne pour l’agitation politique. Il profite de sa fonction de grand Mufti de Jérusalem pour accroître son action et crée un « haut comité arabe ». Depuis 1921, ce comité a déclenché des massacres de Juifs en Palestine. Le motif avancé pour monter les Arabes contre leurs voisins juifs est régulièrement l’annonce de la destruction de la mosquée de Jérusalem par les Juifs. Comme le note l’historienne Renée Neher Bernheim, « l’hostilité des Arabes contre les Juifs, qui apparaissait surmontable jusque dans les années 1930, se transforme assez vite en une haine qui devient aussi « viscérale » que l’antisémitisme allemand. » Amin al Husseini joue un rôle déterminant dans la création de ce fossé entre les communautés palestiniennes.

Amin s’est lié d’amitié avec Eichmann et Hitler. Lorsqu’il visite un camp d’extermination, il presse les nazis d’accélérer les cadences du massacre industriel de Juifs. Après la guerre, recherché par les Anglais pour crimes de guerre, il est exfiltré en Egypte par les Français qui pensent en faire leur pion au Proche Orient. Il reprend aussitôt son activité anti-juive obsessionnelle et lève des troupes arabes pour écraser l’état juif palestinien qui vient de décréter son indépendance. Les Frères Musulmans mobilisent massivement dans ce conflit.

Jusqu’à sa mort il n’aura de cesse de recréer des réseaux nazis en Egypte et en Syrie. Il jouera également un rôle diplomatique important dans le monde arabe.

La plate-forme nazie du Caire

Après 1945 (et plus particulièrement entre 1948 et 1952), des centaines de nazis trouvent refuge au Caire et à Damas. Beaucoup se convertissent à l’islam, voire à l’islam radical. Non seulement les nazis jouissent de l’impunité la plus totale, mais souvent ils sont recherchés comme conseillers des dirigeants syriens et égyptiens. Embusqués aux frontières d’Israël, ils peuvent ainsi continuer leur combat contre les Juifs, formulant et diffusant une propagande anti-juive intense. Les observateurs étrangers notaient avec surprise la similitude entre caricatures de la presse arabe avec celles de la presse nazie d’avant guerre. Cette similitude est due à l’influence « culturelle » des nazis qui sont sur place.

Alois Brunner (Ali Mohamed), l’un des adjoints d’Eichmann, met en place la torture en Syrie. Johann von Leers (Johann Omar Amin von Leers, 1902-1965), principal collaborateur de Goebbels, crée au Caire un « institut de recherche » sur le sionisme. Leopold Gleim (an-Nasir), ancien chef de la Gestapo en Pologne, forme les cadres des services de sécurité égyptiens. Ludwig Heiden (al Hadj), ancien membre de l’Office central de sécurité du Reich, traduit Mein Kampf en arabe. Ils publient aussi de nouveaux traités racistes, en arabe, en allemand et en anglais : Talmudic Human Sacrifices (1962), The Danger of World Jewry for Islam (1963), Why I hate Israël (1964), Sexual Crimes of the Jews (1965). Von Leers a joué un rôle majeur dans la diffusion et le financement de thèses négationnistes dans le monde.

L’un des coups d’éclat des nazis du Caire fut de mettre en échec le pape dans son propre concile. En 1962, lors du Concile Vatican II, à l’initiative du cardinal allemand Bea, le pape Jean XXIII voulait purger la tradition chrétienne de textes anti-juifs. Mais peu avant l’ouverture du Concile, un ouvrage intitulé « le complot contre l’Eglise », signé d’un énigmatique « Maurice Pinay », parut simultanément en plusieurs langues et fut très largement diffusé dans les milieux chrétiens du monde entier. Selon l’historien Léon Poliakov, Gleim et Heiden se cachaient derrière le pseudonyme Maurice Pinay : « Ils avaient tiré de leur sac toutes les vieilles ficelles nazies : le cardinal Bea était juif, ses collègues occidentaux avaient été bernés ou corrompus, l’Église romaine était entachée de l’hérésie judaïque. Du Moyen-Orient à l’Amérique latine, nombre de prélats se laissèrent impressionner, et au Concile, les protestations et les amendements fusèrent. » Cet épisode révèle les moyens considérables dont disposait à l’époque la plate forme nazie du Caire.

Islamistes et nationalistes arabo-musulmans : la surenchère anti-juive

Les islamistes s’opposent violemment aux dirigeants nationalistes des pays musulmans. Ils leur reprochent de diviser « la grande nation arabe », de suivre des modèles occidentaux et d’être corrompus. Renverser ces chefs d’état est l’une des étapes de la prise de pouvoir selon El Banna. C’est ainsi que les islamistes ont tué Sadate, qui avait osé faire la paix avec Israël.

Les dirigeants nationalistes le leur rendent bien et la répression est impitoyable. Mais il y a un terrains sur lequel se fait la surenchère : la propagande anti-juive. Ainsi on distribue les « protocoles » dans les aéroports, on les enseigne dans les écoles, des clowns déguisés en savants se produisent quotidiennement sur les télévisions nationales arabes pour fabuler sur le thème des « protocoles », expliquant que la shoah n’a jamais existé, que c’est une invention des Juifs et racontant comment l’Allemagne naïve s’est fait extorquer des indemnités. Les négationnistes et les racistes occidentaux font fortune dans les pays arabo-musulmans où on les félicite d’avoir eu le courage de « défier » le « lobby ».

Le public français incrédule a découvert ce nouveau racisme en septembre 2001, lors de la Conférence des ONG contre le racisme à Durban : des soi-disant « anti-racistes » rendaient hommage à Hitler et voulaient achever son « œuvre » !

Combattre l’islamisme

Les sociétés musulmanes sont aujourd’hui déconnectées de la réalité, abandonnées à une propagande raciste qui se propage grâce à la surenchère entre islamistes et nationalistes. Le conflit du Proche Orient, réinterprété selon des mythes de complot, est évidemment une manne pour les islamistes et leur discours de victimisation.

Quel régime musulman aura le courage d’éradiquer la double haine ? Qui soutiendra les intellectuels musulmans qui réhabilitent les passages du Coran de l’apostolat de Médine et les versets positifs ou simplement neutres sur les Juifs ? Qui purgera de l’enseignement les « protocoles » et les théories négationnistes ?
Cette rupture majeure fera sortir le moyen âge des sociétés musulmanes, et leur permettra de s’ouvrir sur le respect -y compris le respect des femmes et des minorités- et sur la démocratie. C’est aussi le carburant intellectuel du terrorisme qui serait tari.

Paul Foster

1) Hassan al-Banna, Epître aux jeunes

[http://www.islamophile.org/spip/article410.html, cité par Paul Landau->http://www.islamophile.org/spip/article410.html, cité par Paul Landau]

2) [http://www.tilsafe.com/libfr/020-LIA-AM-p-LFI.html->http://www.tilsafe.com/libfr/020-LIA-AM-p-LFI.html]. Le site propose nombre d’ouvrages d’extrême droite.

3) Pour les nazis, les races inférieures sont condamnées à mourir ou à être esclaves. Pour les islamistes, l’individu inférieur peut échapper à l’extermination par la conversion à l’islam.

4) Paul Landau, Le sabre et le Coran, Editions du Rocher, Monaco, 2005, page 17

5) Les « Protocoles des Sages de Sion » ont été écrits à la demande du chef de la police tsariste à Paris. Celui-ci conspirait contre les réformes envisagées par le tsar. Le pamphlet atteindra son objectif puisque après l’avoir lu, le tsar se séparera de ses ministres réformateurs et engagera une politique de répression. L’auteur, Mathieu Golovinsky, pressé par le temps, avait plagié et adapté un ouvrage de Maurice Joly paru en 1871 : « dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu ». Maurice Joly, authentique démocrate français, y dénonçait le totalitarisme de Napoléon III et expliquait dans le « Machiavel » comment l’empereur avait privé les Français jusqu’à l’idée de liberté. Dans les « Protocoles », Napoléon III est remplacé par une assemblée de « sages » juifs. Le Times révélait en 1921 que les « protocoles » ne sont qu’un faux, fabriqué en plagiant l’ouvrage de Maurice Joly. Les « sages » sont le fruit de l’imagination de Golovinsky.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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DUVERDUNEZ 29/03/2012 13:57


Merci de rappeler la fausseté mensongère du complot du dit "Protocole des sages de sions". Qui sert depuis des decennies et aujourd'hui encore, de fantasmes aux antisémites et antisionistes de
tous bords et surtout aux islamo-fascistes et à ceux qui en france les soutiennent toute honte bue.

jp 29/03/2012 01:42


Et pour compléter l'article :


Pourquoi le tueur musulman Mohamed Morah a tué des juifs


http://youtu.be/zvYSdv2syik