Israël face à l'Iran et la perfidie américaine et européenne : "L'impératif sioniste"

Publié le 30 Janvier 2012

Caroline B. Glick Jerusalem Post

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=255334

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©

 

La perfidie européenne et américaine dans le traitement du programme d’armement nucléaire de l’Iran est apparemment sans limites. Nous avons eu droit cette semaine aux gros titres annonçant que l’UE avait décidé de mettre l’Iran sous embargo pétrolier. Toute grandiloquence éventée, nous avons découvert que l’embargo ne sera mis en place que le 1er juillet [2012].

Après leurs collègues européens, le gouvernement Obama a annoncé qu’il fera aussi monter les sanctions contre l’Iran… dans deux mois. Quelque part vers la fin mars, les USA commenceront à sanctionner la 3ème plus grande banque d’Iran.

Au moment même où les Européens et les Américains ont annoncé bruyamment leurs sanctions, ils auraient envoyé leurs collègues turcs à Téhéran pour mettre en place un autre round de pourparlers nucléaires avec les ayatollahs. Si le passé doit nous servir de leçon, nous pouvons nous attendre à l’agrément des Iraniens pour des pourparlers, juste avant que l’embargo programmé ne soit appliqué. Et les Européens – avec le soutien des USA – useront de l’existence des pourparlers pour retarder indéfiniment la mise en œuvre de l’embargo.

Rien de nouveau dans ce jeu des fausses sanctions. Ce qu’il démontre mieux que toute autre chose, c’est que les Européens et les Américains sont plus soucieux de presser Israël de ne pas attaquer les installations nucléaires de l’Iran qu’ils ne le sont d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Obama a une autre visée – les Juifs américains. Il use de ses fausses sanctions comme moyen de convaincre les Juifs américains qu’il est un président pro-Israël et que dans cette période électorale, ils doivent non seulement voter pour lui, mais encore contribuer financièrement à sa campagne.

Cette semaine, le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre de la défense Ehud Barak ont été prompt à montrer clairement que ces décisions sont insuffisantes. Elles n’obligeront pas l’Iran à abandonner son programme d’armes nucléaires. Il en faut davantage.

De même pour la communauté juive américaine, le jury délibère encore.

En vérité, le manque d’assurance de la communauté juive américaine quant à la position sur l’Iran, ou la reconnaissance de la malhonnêteté d’Obama sur cette question spécifique et sur sa malhonnêteté concernant sa position quant aux liens USA-Israël en général, ne prend pas sa source en premier lieu dans l’attachement des Juifs américains à Obama. Ce n’est pas même spécifiquement lié à l’attachement de la communauté juive américaine à la Gauche politique. Cela a plutôt à voir avec l’ambivalence des Juifs américains à l’égard d’Israël. Les sources de cette ambivalence – partagées par d’autres communautés juives occidentales à divers degrés – précèdent la présidence d’Obama.

De fait, elles précédent l’établissement de l’Etat d’Israël. Et aujourd’hui, alors que les USA et l’UE ont donné à l’Iran au moins six mois à un an pour développer ses bombes nucléaires sans contrôle, il vaut la peine de considérer la nature et l’influence de cette ambivalence.

La principale forme de haine antijuive aujourd’hui est l’antisionisme. L’antisionisme est identique aux formes antérieures dominantes de haine antijuive comme l’antijudaïsme chrétien, l’antisémitisme xénophobe et raciste, et le cosmopolitisme communiste antijuif, dans le sens où il suit des courants populaires et sociaux dominants, et les retourne contre les Juifs. La prédominance antisioniste actuelle est due à la convergence de plusieurs courants populaires et sociaux qui comprennent le post-nationalisme occidental et l’anticolonialisme.

Le problème posé par l’antisionisme à la communauté juive américaine, c’est qu’il les oblige à payer le prix de leur soutien à Israël. Cela est problématique parce que la communauté juive américaine n’a jamais totalement adhéré au sionisme. Depuis l’aube du sionisme moderne, la cause de l’autodétermination juive a placé les dirigeants juifs américains devant un dilemme inconfortable.

Contrairement à chacune des autres communautés juives de Diaspora, la communauté juive américaine s’est toujours considérée comme une communauté permanente plutôt qu’en exil. Les Juifs américains ont toujours considéré les Etats-Unis comme la nouvelle Terre Promise./ Avec la formation du mouvement sioniste moderne à la fin du 19ème siècle, les Juifs américains se sont trouvés à la pointe d’un dilemme. Clairement, l’état de la communauté juive mondiale était tel que l’autodétermination nationale était devenue une nécessité existentielle pour les Juifs non américains.

Mais alors que le soutien aux réfugiés Juifs d’un petit Etat fragile était facile, le soutien à la cause sioniste de libération nationale juive impliquait l’acceptation du fait qu’Israël – et pas les USA – est bien la patrie juive. De plus, cela impliquait d’accepter qu’il existe des intérêts juifs indépendants - quand ils ne seraient pas en contradiction avec – des intérêts américains. Par exemple, sans tenir compte des vents dominants à Washington, et sans égard au soutien ou non des USA à Israël, c’est bien dans l’intérêt juif qu’Israël existe, se développe et survit.

Dans un récent article de Une du journal ‘Ha’aretz’, le professeur de science politique Schlomo Avineri a opposé la mobilisation massive de la communauté juive mondiale au nom de la communauté juive soviétique dans les années 1970 et 1980, et son silence relatif d’aujourd’hui face au déni de l’Holocauste de l’Iran et à ses appels ouverts à l’annihilation de l’Etat juif. Avineri semble déconcerté par la différence dans le comportement de la communauté juive occidentale dans les deux cas.

Mais la cause de la disparité est claire. Soutenir le droit des Juifs soviétiques à émigrer était facile. Contrairement à Israël, les Juifs soviétiques étaient faibles. Comme tels, c’étaient de pures victimes et les soutenir ne coûtait rien aux Juifs de Diaspora en termes de position dans leurs sociétés.

Aussi importante, la cause de la liberté pour la communauté juive soviétique était parfaitement en ligne avec la politique de la Guerre Froide de l’Occident contre l’Union Soviétique. Les manifestations fréquentes des Juifs devant des consulats soviétiques fournissaient aux dirigeants occidentaux un autre outil de combat pour la Guerre Froide.

A l’opposé, soutenir Israël et la cause de la liberté juive et de l’autodétermination incarnée par le sionisme n’est pas gratuit pour les Juifs de diaspora. A la base, soutenir Israël et le sionisme implique d’accepter que les Juifs ont des droits inhérents en tant que Juifs. Etre un Juif sioniste en Diaspora implique que vous adhérez et défendez la notion que les Juifs ont le droit à leurs propres intérêts et que ceux-ci peuvent bien être distincts des intérêts d’autres nations. C’est à dire qu’être sioniste implique de rejeter l’assimilation juive et d’adhérer au fait que les Juifs ont besoin de leur indépendance nationale et du pouvoir de garantir notre survie. Et cela peut bien être inconfortable.

Les Juifs américains pro-Israël ont essayé historiquement de lier leur soutien à Israël à des thèmes plus larges et universels, de façon à s’extraire du besoin d’admettre qu’en tant que Juifs et partisans d’Israël, ils ont le droit et le devoir de soutenir la liberté juive même si ce n’est pas toujours aisé. De nouveau, pendant les premières décennies d’Israël, il s’agissait d’aider les Juifs pauvres et les réfugiés. Dans les années récentes, la défense prédominante a été qu’Israël mérite le soutien parce que c’est une démocratie.

Voilà sûrement deux motifs raisonnables de soutenir Israël. Mais ni le soutien à Israël pour sa pauvreté, ni le soutien à Israël parce qu’il est libre n’est une raison sioniste spécifique de soutenir Israël. Vous n’avez pas besoin d’être sioniste pour soutenir de pauvres réfugiés juifs et vous n’avez pas besoin d’être sioniste pour soutenir la démocratie. Vous devez cependant être sioniste pour défendre les Juifs en Israël et à travers le monde de façon cohérente quand la forme prédominante de la haine antijuive est l’antisionisme.

Vous devez vouloir accepter de défendre le droit du Peuple juif à la liberté et à l’autodétermination dans notre patrie nationale contre ceux qui dénient ce droit. Vous devez être un sioniste pour défendre le droit d’Israël à survivre et se développer même s’il n’est plus pauvre et que son gouvernement démocratiquement élu n’est pas apprécié de l’administration Obama.

Et vous devez être sioniste pour réaliser que puisque la survie juive dépend du pouvoir juif, et que les antisionistes rejettent le droit des Juifs à détenir du pouvoir, les antisionistes cherchent à réaliser une situation où la survie juive sera mise en péril.

La faiblesse de la réponse de la communauté juive américaine aux intentions génocidaires de l’Iran envers Israël fait partie de la faible réponse aux forces de l’antisionisme en général et aux antisionistes juifs en particulier.

Depuis 2007, le gouvernement des USA a dans les faits écarté l’utilisation de la force contre le programme d’armement nucléaire de l’Iran et adopté une politique de poursuite des négociations avec les ayatollahs, en mettant en œuvre des sanctions impuissantes pour étouffer la pression du Congrès. Au moins en partie, cette politique est due à l’évaluation par les USA qu’un Iran nucléaire ne constitue pas une menace de haut degré pour la sécurité nationale des USA.

Aussi bien le président de l’époque George W. Bush puis Barack Obama ont déterminé qu’une frappe militaire israélienne contre le programmes d’armement nucléaire de l’Iran pose une menace de haut degré aux USA. En conséquence, les deux administrations ont pris des mesures concertées pour empêcher Israël d’attaquer l’Iran.

Quant à leur valeur, ces politiques sont aisément discréditées. Mais le fait qu’elles continuent d’être appliquées montre qu’elles sont soutenues par un électorat large et puissant à Washington.

Pour s’opposer efficacement au programme nucléaire de l’Iran, les Juifs américains doivent s’opposer avec force à cette politique soutenue par les USA. A un certain point, cela peut nécessiter qu’ils annoncent leur soutien au droit d’Israël à survivre et se développer même si ce droit suprême entre en conflit avec la façon dont le gouvernement des USA perçoit les intérêts nationaux des USA.

C’est à dire que cela peut exiger qu’ils adoptent le sionisme inconditionnellement./ S’ils le font, sans doute leur propre condition s’améliorera. Ils seront en définitive capables de parler avec cohérence contre les forces de l’antisionisme qui se rassemblent – aussi bien de l’intérieur de la communauté juive et de l’extérieur. Cela agira ensuite comme un flambeau lumineux inspirant les Juifs américains pour adhérer à leur judaïsme.

 

Alors que leurs dirigeants ont échoué de façon abjecte à s’opposer à la forme la plus puissante de haine antijuive, il n’est pas surprenant que tant de Juifs de la Diaspora abandonnent le terrain. S’ils changent d’attitude et poursuivent leurs agresseurs, les dirigeants juifs américains donneront aux membres de la communauté une raison significative d’adhérer fièrement à leur identité.

 

Dans un discours cette semaine à la Knesset, Netanyahou a expliqué les différentes leçons que l’Holocauste enseigne à la communauté internationale d’un côté, et aux Juifs de l’autre.

En ce qui concerne ses enseignements universels, Netanyahou a déclaré : « La leçon c’est que les pays du monde doivent se réveiller, autant que possible, pour s’organiser contre de tels crimes. La leçon, c’est que les alliances les plus larges possibles doivent être forgées de façon à agir contre cette menace avant qu’il ne soit trop tard ».

 

Pour les Juifs, Netanyahou a invoqué le principe au Coeur du sionisme : « En ce qui concerne les menaces sur notre existence même, nous ne pouvons pas abandonner notre avenir aux mains des autres ».

« En ce qui concerne notre destin, notre devoir est de nous fier à nous-mêmes uniquement ».

Nous devons espérer que la communauté juive mondiale reconnaîtra aujourd’hui que le destin du Peuple juif en Israël et à travers le monde est indivisible, et se situe aux côtés d’Israël quel que soit son coût social. Mais même s’ils ne reconnaissent pas cette vérité fondamentale, les impératifs du sionisme, du Peuple juif, demeurent les mêmes. 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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L'En SAIGNANT 31/01/2012 17:08


Je suis indiscutablement "ADMIRATIF" devant la richesse documentaire de ce site et ceux qui l'alimentent mais; il ne faut strictement rien avoir à faire d'autre autant pour ce faire que pour le
suivre ... félicitations  MAIS ...!.  Lire en diagonale; survoler, sélectionner; sans doute .... ce n'est ni facile ni  "confortable"  pas forcément pertinent et efficace .!
Il faut que cela serve à nos relations et là ... On m'envoie souvent paître ...! Et, devant mon "impuissance" à tout appréhender; la tentation point parfois d'envoyer tout ... C.... ! Ne peut-on
dire que trop d'information tue l'information .? Que faire .? Quel pourcentage a pu lire attentivement l'article ci-dessus (et bien d'autres).? Je suis de plus en plus déconcerté devant ce
tsunami informationnel ...! Et je dois parallèlement dire et reconnaître que rien n'est inintéressant et que j'aimerais pouvoir mieux en profiter. Si une bonne âme pouvait nous en servir
régulièrement un "DIGEST" ... Quel bonheur ce serait .!

Marie-Claire Muller 30/01/2012 21:11


On nous fait croire que l'Iran ne posséde l'arme atomique que depuis peu pourtant cet article dément cette affirmation et les responsables politiques aux USA comme en Europe sont au courant que:


Nucléaire iranien : l’Iran a déjà des armes nucléaires – Les Renseignements occidentaux le savent depuis des années


janvier 29th, 2012 admin




La pression des Etats-Unis et l’Occident sur l’Iran pour l’empêcher d’acquérir des armes nucléaires ne sert à rien.  


 


Par Reza Kahlili


Reza Kahlili est un pseudonyme pour un ancien espion de la CIA ayant oeuvré au sein des Gardiens de la Révolution


La pression des Etats-Unis et l’Occident sur l’Iran pour l’empêcher d’acquérir des armes nucléaires ne sert à rien.


Non seulement la République islamique possède déjà des armes nucléaires de l’ancienne Union soviétique, mais il a assez d’uranium enrichi pour en fabriquer davantage. Ce qui est pire, il a
un système de livraison.