Israèl: Lettre ouverte à Bernard Kouchner de Claude Salama

Publié le 23 Novembre 2009

Jérusalem, le 15 Novembre 2009

 

Lettre ouverte au Docteur Bernard Kouchner Ministre des affaires étrangères de France.

Docteur Claude Salama Président de l'Agoudat Yedidout Israel Tsarfat (Amitiés Israël-France)

 

 

Monsieur le Ministre, cher confrère,

Nous avons en commun d’avoir suivi les cours de le même Faculté de médecine, d’avoir exercé notre sacerdoce médical dans la même ville de Paris. Vous avez su créer la belle œuvre d’une médecine au delà des frontières, j’ai choisi d’exercer à l’intérieur des frontières de l’Etat Juif retrouvé par delà les vicissitudes de l’Histoire. Nous savons, nous praticiens, combien il nous faut éviter les erreurs médicales et professionnelles. Or vous avez déclaré : « Les Israéliens ne veulent pas la paix ». Veuillez me pardonner, mais il s’agit véritablement là d’une erreur de diagnostic. L’impact de cette erreur ne sera pas préjudiciable à un malade, mais à tout un peuple debout, petit état démocratique en lutte permanente dans un environnement inexorablement hostile.

 

Auriez-vous écrit « le Gouvernement d’Israël ne veut pas la paix » que je n’eusse pas réagi. Il s’agit de politique qui varie au fil des intérêts des états. Mais en généralisant cette affirmation péremptoire à l’ensemble du peuple israélien vous rejoignez, bien involontairement j’en suis certain, le concert international d’incantations destinées à jeter l’opprobre sur un état et un peuple dont les réalisations dans tous les domaines et la fermeté éthique rencontrent encore l’amitié et l’admiration d’une grande partie de l’humanité.
C’est pourquoi permettez-moi, Monsieur le Ministre, de m’inscrire en faux contre cette déclaration. Observateur de la scène de la vie israélienne depuis onze ans, plongé de par ma profession au cœur des populations de toutes origines, juives et arabes, je puis vous affirmer que les Israéliens ont un profond désir de paix, que le mot antique de « Chalom » est toujours usité. Le Peuple d’Israël désire la paix, prie pour la paix qui nous rapprochera de nos voisins et cousins arabes. Mais pas pour n’importe quelle paix. Pas pour la paix de Munich, celle de Chamberlain. Pas pour une paix d’abdication et de renoncement suicidaire devant la terreur financée et organisée par des états qui ont fait du terrorisme un moyen de gouvernement et de relation internationale. Le Prophète d’Israël disait déjà il y a des millénaires : « Ils disent Chalom, ils disent Chalom, mais il n’y a pas de Chalom ! » L’on nous offrait à l’époque une fausse paix. Il en est de même aujourd’hui. Nous voulons une paix qui tout en reconnaissant les droits légitimes des populations palestiniennes ne soit pas un tremplin pour d’autres attaques, d’autres guerres comme nous l’avons vu à Gaza, mais au contraire nous reconnaisse pour ce que nous sommes, une population juive de bientôt six millions d’habitants, le chiffre de la Shoah, ayant acquis durement le droit de vivre au Proche Orient, sur notre terre ancestrale. C’est en cette reconnaissance mutuelle et fraternelle encore à ce jour impossible à assumer non pas par les peuples, qui en majorité la désirent, mais par les dirigeants palestiniens actuels que réside le secret de l’ouverture et de la paix véritable.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre et cher confrère, l’expression de ma considération distinguée.

Docteur Claude Salama

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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mutuelle jeune 02/12/2009 18:36


merci pour cette article
bonne continuation
et a bientot


evelyne rougemont 23/11/2009 21:56


Bravo Gérard de publier cette lettre, elle dit tout haut que les israeliens ne veulent qu'une seule chose c'est la paix durable et loyale. La guerre doit cesser et les palestiens doivent comprendre
que la paix ne passera que par une prise de conscience commune , la paix n'est que la seule issue, mais durable elle doit être et exister.
BISES Evelyne