Jack-Alain Léger, grand écrivain maudit, s'est donné la mort...

Publié le 20 Juillet 2013

Un grand islamophobe nous quitte. Jack-Alain Léger a mis fin à ses jours, à l'âge de 66 ans. Ses deux ouvrages "Tartuffe fait Ramadan" (admirez le jeu de mot sur le double sens de Ramadan) et "A contre-Coran" sont des références pour tout islamophobe.

Deux souvenirs me viennent à l'esprit.

Dans "Tartuffe fait Ramadan", quand Jack-Alain Léger explique pourquoi il se revendique islamophobe, il dit : "Comment faire autrement si l'islam se montre athéophobe, éleuthéiophobe, apostasiophobe, gynophobe, homophobe, judéophobe, hétérophobe, exogamophobe, érotophobe, eidolophobe, oenophobe, et j'en passe ?" J'ai usé et abusé de cette citation dans mes articles...

Et puis un autre truc que je me plaisais à répéter. Je me cite : Dalil Boubakeur était harcelé par Jack-Alain Léger sur un plateau de télévision. L'écrivain citait au recteur le fameux verset permettant au musulman de battre son épouse sans aucune raison fondée. Boubakeur répond en traitant Léger de « raciste ». (...) Le libre penseur Jack-Alain Léger persiste et dit que c'est bien ce qui est écrit dans le Coran, ce qu'il se tue à répéter. Excédé, Boubakeur répond : « Je me fous de ce qu'il y a dans le Coran ».

 Roger Heurtebise
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Bien entendu dans le Figaro, pas un mot de cette facette de sa personnalité.

L'écrivain Jack-Alain Léger, génie englué dans une mélancolie de plus en plus envahissante, s'est suicidé mercredi, à 66 ans, en se jetant du huitième étage de son appartement parisien. Ce petit homme rond comme un troll qui fulminait contre son temps, se brouillait avec tous ses éditeurs, gémissait sans cesse d'être maltraité par la critique, était l'un des plus brillants esprits qui soient et un styliste éblouissant. Pour échapper à lui-même, à la balourdise de sa nature et à ce qu'il désignait lui-même comme sa maladie mentale, mais aussi pour prendre à revers la critique littéraire qu'il vomissait, il changea souvent de pseudonyme. Le plus récent et le plus célèbre fut sans doute celui de Paul Smaïl sous lequel il avait signé puis Ali le Magnifique , chef-d'œuvre pour les uns, «nul, insupportable, nauséabond» pour d'autres. N'empêche, tout le monde s'interrogeait: qui était ce jeune Beur si talentueux?

Jack-Alain Léger a fini ses jours ruiné, plus aucun éditeur ne voulait se risquer à le publier. «Ingérable», avait déclaré Françoise Verny qui s'y frotta et s'y piqua plusieurs fois. En fait, «tout ce que Jack-Alain ne ressent pas comme de l'amour, il le ressent comme de la haine», déclarait l'un de ses amis qui lui resta fidèle. Et pourtant, il avait connu son heure de gloire.

Aucun clan, aucun parti

De son vrai nom Daniel-Louis Théron, il avait commencé en littérature sous le pseudonyme de Melmoth puis de Dashiell Hedayat qui fut aussi pop star et auteur underground. Il enregistra deux albums, le premier reçut le grand prix de l'Académie Charles Cros, distinction prestigieuse. Puis il adopta le nom de Jack-Alain Léger et signa au moins vingt-cinq livres. Il savait tout faire de sa plume: roman expérimental, feuilleton populaire, polar, essai, journal, biographie, chronique. En 1976, il connut un succès international avec Monsignore, pochade et polar virtuose, adapté par Hollywood. À 25 ans, il était millionnaire.

Il pourfend le dogme du droit à la différence, raille l'antiracisme raciste... Il ne ménageait personne.

En 1982, la parution d'Autoportrait au loup, passionnante introspection freudienne et littéraire où il tentait de remonter à la source de sa maladie mentale, de sa mythomanie, de sa mélancolie congénitale, choque les belles âmes. Il y décrivait son père critique littéraire étriqué qui le méprisait, sa mère adorée qui se suicida. Il avouait son homosexualité malheureuse, l'analysant sans complaisance, à la lumière de Proust et de Mishima. Sa liberté absolue de ton faisait qu'il n'était assignable à aucun clan, aucun parti. Au fil de son œuvre, il pourfend le dogme du droit à la différence, le communautarisme gay notamment ; raille l'antiracisme raciste de gauche et l'indignité de la posture humanitaire ; met islam et islamisme dans le même panier ; vomit le consumérisme culturel. Il ne ménageait personne. Aucune considération tactique ne le muselait.

Dans sa bibliographie profuse, citons quelques chefs-d'œuvre: Ma vie (titre provisoire) Le Siècle des Ténèbrespar exemple. «Léger puisait à une veine tour à tour burlesque, grotesque, picaresque, mais aussi élégiaque et romantique tout autant que satirique et pamphlétaire», écrivait Cécile Guilbert dans la préface à l'un de ses derniers livres. Entre autres talents, il avait été aussi traducteur de Tolkien et de Bob Dylan.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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L'EN SAIGNANT 21/07/2013 11:35


Pas étonnant dans les monde BOBO actuel que ce non conformiste et non dhimi ne soit pas devenu aussi populaire qu'il le justifie.