Jacquier a été selon toute vraisemblance tué par les insurgés islamistes soutenus par les atlantistes

Publié le 13 Janvier 2012

Gilles Jacquier : embarras politico-médiatique français

Lu sur Info-Syrie (extrait) :

Par Guy Delorme

"La mort tragique du reporter de France 2 Gilles Jacquier, mercredi 11 janvier, à Homs, victime de toute évidence de tirs de RPG actionnés par des rebelles (cette arme est utilisée prioritairement contre les chars de l'armée syrienne), fait évidemment pas mal de « vagues » en France. Mais les réactions témoignent, par leur prudence ou leur relative neutralité, de l’embarras d’une classe politico-médiatique confrontée de plein fouet à l’inanité, ou du moins au simplisme, de son discours sur la Syrie.

Hypocrisie et sournoiserie au sommet de l’Etat français

Au sommet de l’Etat on fait dans le flou bien pensant et un rien sournois : dans son hommage à Gilles Jacquier, Nicolas Sarkozy a une brève et perfide allusion au régime syrien « qui est ce qu’il est« . Plus exposé sur ce front-là, Alain Juppé exige « toute la lumière » sur cet acte « odieux« , et un de ses porte-micros a répété que le pouvoir syrien avait le devoir de protéger les journalistes présents sur son territoire.(...)

En ce qui concerne les collègues du malheureux Gille Jacquier, l’embarras se mesure évidemment aux commentaires qui se sont succédés, et parfois contredits, en moins de 24 heures. A France 2, premier média concerné par le drame de Homs, la première réaction, au 20 heures du 11 janvier, est empreinte de malhonnêteté intellectuelle : on dit ne pas savoir d’où sont partis les projectiles meurtriers, mais on parle du « pilonnage » de Homs par les forces bacharistes, alors que tout le monde sait que le gros de l’armée syrienne s’est retirée du coeur de la ville, et qu’il est impensable qu’elle tire sur les quartiers que sont en train de visiter les observateurs arabes. Et on ne dit pas ce qu’a dit, notamment dans Le Figaro, un journaliste de la BBC présent au moment du drame : à savoir que Jacquier et d’autres journalistes se trouvaient dans un cortège encadré par des officiels syriens, et même par des manifestants pro-Bachar (voir notre article « Un journaliste de France 2 tué à Homs par des rebelles« , mis en ligne le 11 janvier). Et la commentatrice, avec une malhonnêteté qui est comme une profanation du cadavre du journaliste de France 2, ose relier la mort de Jacquier au tout dernier discours de Bachar al-Assad, où celui-ci se serait montré "menaçant" . Envers qui ? Les bandes armées ou les journalistes français ?

La nuit ayant peut-être porté conseil, et la responsabilité directe des guérilléros ASL et/ou djihadistes, au vu des faits et des témoignages, étant plus que probable, l’édition de 8 heures du jeudi 12 janvier est nettement plus « neutre » : on dit que pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité, et l’on ne s’étend pas plus que ça sur les circonstances du drame. On est même bien obligé de dire que la visite des journalistes à Homs se faisait avec l’accord, et sous la responsabilité des autorités, qui donc n’ont pas pu organiser le traquenard."Lire la suite

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Claude Germain V 13/01/2012 20:03


Dommage que cela ne soit pas arrivé a Juppé plutot qu'a ce brave type .Je dis cela sans remord aucun .

Marie-Claire Muller 13/01/2012 16:58


Sur le site syrien:


Mort de Gilles Jacquier : Juppé s’enfonce résolument



Par Louis Denghien, le 13 janvier 2012 




 






Des Homsis montrent à la caméra de la chaîne syrienne Addounia les ailettes de la roquette - tirée par un RPG-7 - ayant tué Gilles Jacquier (document emprunté au site du Réseau Voltaire)



C’était à prévoir : le Quai d’Orsay s’efforce d’exploiter autant qu’il peut la mort du journaliste Gilles Jacquier à Homs, dont la dépouille a été rapatriée en urgence en France, histoire de ne
pas laisser trop longtemps ce corps aux médecins légistes syriens, susceptibles de confirmer la nature du projectile qui l’a tué. Du coup, la Syrie et la France auront chacune leur commission
d’enquête. On remarquera au passage que Nicolas Sarkozy avait demandé aux autorités syriennes de faire « toute la lumière » sur ce drame : rapatrier le corps de Gille Jacquier en catastrophe, est-ce un moyen d’aider ces autorités à « faire toute la lumière » ?


L’air de la calomnie, version Quai d’Orsay


Fidèle à sa vocation « structurelle » – qui est de relayer les mots d’ordre de l’Elysée – et conjoncturelle – qui est de charger le régime syrien de tous les « péchés d’Israël« , Le Figaro dans son édition du vendredi 13 janvier cite une « source proche du président français« selon
laquelle Paris soupçonnerait « une manipulation » des autorités syriennes autour de la mort tragique du journaliste. Toutefois, la source reconnait – la mort dans
l’âme ? – qu’il n’existe pas de « preuve » à l’appui de cette thèse.


A défaut de preuves, rapporte Le Figaro, la « source »  propose une thèse, autour du vieil adage latin « Hic fecit cui
prodest » (à qui profite le crime ?) en observant que la mort de Jacquier « tombe plutôt bien pour un régime qui cherche à décourager les journalistes étrangers et
à diaboliser la rébellion« . Et « Mlle Source« , un rien fielleuse, d’expliquer que « les responsables syriens étaient seuls à savoir
qu’un groupe de journalistes occidentaux visitait Homs ce jour-là, et dans quel quartier il se trouvait« .


Donc, si l’on suit bien cette « source » qui dit (anonymement) tout haut ce que Juppé aimerait bien penser tout bas, le régime de Bachar a
commandé à ses chabihas de cibler un groupe de journalistes ET de ses partisans – huit d’entre eux ont quand même été tués avec Gilles Jacquier – pour décourager les journalistes qu’il avait
néanmoins autorisés à venir, le tout pour plomber la mission de la Ligue arabe, laquelle mission est en train de valider les thèses du régime de Damas sur la violence des groupes
d’opposition. Comme eut dit Sherlock Holmes : « Elémentaire mon cher Watson ! »


Tout ça ne tient évidemment pas la route, et l’on peut dire qu’Alain Juppé poursuit avec talent son patient travail de décrédibilisation – au moins en terre arabe – de la diplomatie française.
La source figaresque dit encore : « On peut croire à un malheureux accident« . Parce que si le régime n’est pas coupable, c’est donc que Gilles Jacquier a été
victime d’un regrettable accident. Nous qui croyions qu’il avait, et huit Syriens avec lui, été victime d’une roquette RPG tirée par un de ces groupes qui terrorisent Homs ! A
moins que la « source » - et le Quai d’Orsay avec elle – considère que toutes les exactions de l’ASL et des djihadistes soutenus par la Turquie, le Qatar et la
CIA sont autant de « malheureux accidents« . Décidément, le Quai d’Orsay, avec la Syrie, est en train de réinventer la « novlangue » de George Orwell, une langue où les mots n’ont plus leur sens habituel.


A noter que la chaîne d’information continue I-Télé – associée à Canal+ – a dans son journal de 8 heures du 13 janvier diffusé les témoignages de deux
victimes de l’attentat de Homs : deux Syriennes blessées qui ont clairement incriminé les terroristes. Sans doute des faux-témoins partie prenante de la
« manipulation » des autorités syriennes pour les calomniateurs de l’Elysée et du Quai d’Orsay…


La « source » a dit que la France n’avait pas les preuves de ses noirs soupçons. On ose espérer qu’on n’en fabriquera pas…




Le trou visible en haut de l'image est le point d'impact de la roquette qui a tué le reporter français. Comme le souligne le Réseau Voltaire, ce type d'impact est caractéristique d'une
roquette (utilisée fréquemment par les activistes ASL à Homs) : peu de dégâts, contrairement à ceux que produirait un obus de mortier à trajectoire parabolique (utilisé par l'armée régulière)


Gérard Brazon 13/01/2012 20:58



Merci Marie-Claire pour ce complément d'information. Merci aussi pour l'info sur le projet de loi (désormais passé sous silence..??.) concernant les parrainages. Je vais essayer de creuser cette
question, et passer un article à ce sujet. Bien à vous. Nancy VERDIER