Je dis « Stop aux consignes de vote ! » - par Bonapartine.

Publié le 24 Mars 2011

Je dis « Stop aux consignes de vote ! » imposées d’en haut aux électeurs.

 

Comme nombre d’entre nous, j’ai suivi la soirée électorale du premier tour des élections cantonales. Soirée électorale proposée, il est vrai, en version extrêmement réduite car, en dehors de la troisième chaîne, les électeurs étaient priés, pour ceux qui ont accès aux chaînes de la TNT, de bien vouloir se rendre sur LCP ou sur BFM-TV !

 

Au-delà des résultats électoraux qui étaient parfaitement prévisibles et ne semblaient représenter un coup de massue que pour notre classe politique soit complètement déconnectée des réalités sociales de la France, soit qui feint de ne pas voir et refuse d’affronter les conséquences de ces réalités sociales en face, à quoi avons-nous assisté dès le dimanche 20.03.11 ?

 

Dès dimanche soir, Madame Aubry s’est érigée en petit caporal à qui il ne manquait plus que le martinet pour dresser tous ces millions de concitoyens décidément trop légers à son goût quand ils avaient fait le choix de ne pas remplir leur devoir de citoyen ou voté "de travers", reconnaissant d’emblée qu’elle comprenait que le vote Front National pouvait être l’expression d’un vote  de désespoir mais jugeant, dans le même temps, que le vote Front National "ne réglerait rien". Personnellement, je n’ai jamais voté pour le Front National mais si j’étais une élue de la République, ma première réaction aurait été de m’interroger en ces termes : « Le Parti socialiste a-t-il une part de responsabilité dans l’explosion du vote Front National ? » Comment ne pas s’interroger, en effet, quand on voit que dans une commune socialiste depuis plus de trente ans comme celle où je vis, le Front National recueille plus de 20% des voix ? J’invite donc Madame Aubry à faire preuve de décence, à l’avenir, dans ses analyses et à se poser des questions pertinentes avant de porter des jugements qui, eux, c’est une certitude aussi, n’ont jamais non plus réglé aucun problème ! Mais une fois passée la phase de distribution  de mauvaises notes, Madame Aubry assène alors ensuite, amplement accompagnée et reléguée par l’inénarrable Cécile Duflot, qu’il faut privilégier le vote républicain et faire barrage au Front National, n’hésitant pas, au passage, à stigmatiser les consignes de vote de Jean-François Copé.

 

Personne n’ignore que j’ai parfois eu l’occasion d’être sévère à l’endroit de Jean-François Copé et si c’était à refaire, j’exprimerai de nouveau ma colère de la semaine dernière. Mais là, très honnêtement, c’est se moquer du monde comme s’y est employé le Premier secrétaire du Parti socialiste qui, décidément, perd la mémoire quand çà l’arrange, que de laisser entendre, même indirectement, que les consignes de vote exprimées, dès dimanche soir, par Jean-François Copé n’auraient pas un caractère républicain. Alors, certes, j’en conviens aisément,             Madame Aubry ne représente pas, à elle seule, toutes les sensibilités du Parti socialiste et je suis à peu près certaine que tous les représentants du Parti socialiste n’ont pas, fort heureusement, autant de certitudes que        Madame Aubry.

 

En attendant, le coup du « Front républicain », on nous l’a déjà fait en 2002 et que s’est-il passé ? Nous avons élu, moi y compris et j’en prends toute ma part de responsabilité, un Président de la République qui a été, de mon point de vue mais c’est un point de vue qui n’engage que moi, un des pires présidents qu’ait connue la Vème République. La "fracture sociale" ? Jacques Chirac ne l’a jamais réduite, bien au contraire ! Sa politique pro-arabe nous a engagés dans la voie d’un refroidissement sans précédent de nos relations diplomatiques avec Israël dont on peut critiquer la politique intérieure mais dont il serait pour le moins franchement malhonnête de contester le fait que cet Etat est la seule démocratie en place au Moyen et Proche-Orient, non ? Quant au Front National dont Jacques Chirac s’est toujours targué d’être l’ennemi juré, qu’a-t-il donc fait pour en réduire la portée si ce n’est se débiner pour échapper au débat télévisé devant des millions de Français, entre les deux tours de la présidentielle de 2002, tant il redoutait de devoir répondre aux questions d’un certain Jean-Marie Le Pen ?

 

Dans ces circonstances, je n’ai qu’une seule chose à dire à              Madame Aubry : cessez de vous ériger en directeur de conscience permanent ! Cessez d’infantiliser les électeurs en général et vos électeurs  en particulier, en leur dictant ce que devraient être leurs choix électoraux ! Ils sauront faire les choix utiles, en leur âme et conscience, sans que vous ayez besoin de leur parler comme vous parleriez à des moutons de Panurge. Leur imposer de voter "républicain" comme vous l’avez fait dès dimanche soir, c’était déjà laisser entendre que vous doutiez même de l’idée qu’un certain nombre d’entre eux hésiterait à voter pour un candidat de droite en cas de duel UMP/FN. Je suis affligée de constater que vous ayez pu, à ce point, Madame Aubry, douter un seul instant de l’esprit profondément républicain de tant de Français, qu’ils soient socialistes ou non !

 

Quant à la droite républicaine, stop à la cacophonie qui ne contribuera qu’à améliorer les scores du Front National ! Stop, stop et stop encore ! Organisez des débats, affrontez le Front National sur le terrain mais arrêtez de vous comporter comme des gosses trop gâtés ou trop aveugles pour être encore un tant soit peu capables de saisir l’extrême gravité des crises qui traversent depuis si longtemps la France.

 

Bonapartine.

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Nancy VERDIER 25/03/2011 09:53



Comme d'autres, j'avais moi aussi succombé au "Front Républicain". Il me plaisait même d'appeler Sarkozy "mon petit frère" car nous avons les mêmes origines austro-hongroises. Quelle
déception...!!! Ce que je trouve surtout navrant c'est que lui et ses conseillers à l' UMP n'ont pas compris qu'il y avait une "vraie " belle place à prendre  à la
fois dans le coeur des Français - qui se sentant mal à l'aise depuis 20 ans l'exprimaient par des votes FN, une vraie belle place à prendre dans la réalité sociale. Mais aucun changement
véritable n'a été apporté et tout se dégrade, la sécurité des citoyens, les injustices sociales (retraites payées à des gens n'ayant pas travaillé en France), Où sont les nouveaux
marchés et nouvelles industries, des actions contre les délocalisations ?? Le tout politique, communication, BlaBlas et petites phrases ne marchent plus. Bref, Trop de fiascos. ON VEUT du
CONCRET et VITE.



Bonapartine 24/03/2011 09:56



Monsieur,


Vous êtes, de toute évidence, un lecteur observateur et vous savez donc que j'écoute avec attention les opinions différentes des miennes. Aussi, je ne suis pas d'accord avec votre point de vue
sur Jean-Marie Le Pen. Mais comme j'ai pour habitude de respecter la différence d'opinion de mes interlocuteurs et donc le débat démocratique, ce serait incorrect de ma part, à votre égard,
d'argumenter mon point de vue en "catimini", c'est-à-dire en quelques lignes ici. Je vais donc rédiger (comme je l'avais fait sur un tout autre sujet pour Monsieur Valette) un article qui
répondra précisément à votre réflexion et Gérard le publiera.


Cordialement,


Bonapartine.



raymond 24/03/2011 09:31



Chere Bonapartine,bien que j'approuve souvent vos idees,depuis la creation du front national,meme si je n'approuve pas tousles discours de j.m Le Pen ,lui aime notre France et nos compatriotes
.la droite aller sur son terrain ,tres bien ,mais la suite n'est qu'electoral  mais sans acte.Gauche ,droite meme combat le pouvoir,mais on ne peut pas negliger les quelques millions
d'electeurs du fn,ou est la democratie dans tout cela.les electeurs FN  ne seraient pas aussi respectables que les autres.J'ose esperer que vous ne pensez pas ca.Depuis 40ans notre nation
est vendue,salie,par tous ces politiques vereux,qui une fois elus ne pensent ,tout partis confondus gauche ,droite,qu'a leurs acquis.